Émission Amandla du 28 février 2007/ Amandla show of February 28th 2007

Voici quelques sujets qui ont été abordés dans l’émission du 28 février dernier d’Amandla.

– La court pénale internationale identifie les premiers suspects responsables des atrocités du Darfour – en anglais. La CPI appelle le ministre soudanais Ahmed Haroun et le chef “janjawid”Ali Mohammed Ali à comparaître – en anglais.

-Survol de la situation du SIDA au Malawi – en anglais.

– L’héritage de Maurice Papon durant la guerre d’Algérie – en français. Maurice Papon est décédé le 17 février 2007 à 96 ans. Il est connu pour son passé de collaborateur avec les nazis lorsque ceux-ci occupaient la France durant la deuxième Guerre Mondiale. Mais, il a joué un rôle en tant que préfet de police de Paris étant responsable d’une sanglante répression le 17 octobre 1961. Selon Françoise Thull et Marianne Arens du World Socialist Web Site:

Un référendum sur l’autodétermination de l’Algérie a lieu en France en janvier 1961 qui se solde par 75,2 % de oui. En février l’OAS (Organisation de l’Armée secrète) est fondée – une organisation secrète qui lutte par le terrorisme pour une Algérie française. Elle est constituée par des pieds-noirs (colons français d’Algérie) et des membres de l’armée et organisera des attentats jusqu’à fin 1962. Le FLN riposte en organisant également des attentats en France.

En octobre 1961 la situation s’aggrave et l’atmosphère est chauffée parmi les policiers. Les paroles de Papon, prononcées le 2 octobre 1961 sont reproduites comme suit: «Pour un coup reçu, nous en rendrons dix.» Il encourage les policiers à tirer les premiers: «… on vous couvrira, vous serez en état de légitime défense.»

Dès l’après-midi du 17 octobre, Papon rassemble les forces de police bien équipées et les rafles au faciès commencent systématiquement avec l’arrivée des Algériens dans le centre de Paris. Dans la soirée, les bruits circulent parmi les policiers disant que des Algériens avaient tiré sur des policiers – ce sont de fausses nouvelles. Il s’ensuit un massacre sanglant d’une extrême brutalité. Des groupes d’Algériens sont refoulés sans cesse entre l’Opéra et la Place de la République. Au Pont de Neuilly des coups de feu éclatent et des témoins observent comment des policiers jettent des blessés dans la Seine – certains criant même qu’ils ne savent pas nager.

Près des bouches de métro les Algériens sont arrêtés par les policiers et embarqués dans les cars de police et les bus de la RATP pour les conduire au Palais des Sports à la Porte de Versailles, au stade de Coubertin voire au tristement célèbre Vél’-d’Hiv’ où, en 1942, des milliers de juifs avaient été rassemblés avant leur déportation. Des «comités d’accueil» de la police se livrent à des brutalités meurtrières sur les Algériens.

Dans la cour de la préfecture de la police sur l’Ile de la Cité de plus en plus d’Algériens sont amenés et tabassés en présence de Papon, certains même étranglés. Un policier délégué du syndicat de la police est tellement écoeuré qu’il intervient auprès du contrôleur général de Paris pour faire cesser ce massacre. Vers minuit, plusieurs policiers sous le choc vont voir le journaliste Claude Bourdet du journal France Observateur, et lui rapportent que 50 Algériens viennent d’être tués dans la cour de la préfecture de la police, avant d’être jetés dans la Seine.

Dans le courant de cette nuit, d’après les chiffres actuels, 11730 Algériens seront interpellés et transportés à différents endroits, dont le camp d’internement du Bois de Vincennes. Des semaines durant, des cadavres seront repêchés dans la Seine. Quand Claude Bourdet, lors d’une session au conseil de Paris le 27 octobre interroge Papon directement sur les événements, celui-ci garde le silence.

Le bilan officiel fait état de trois morts – il s’agirait de règlements de compte entre factions rivales d’Algériens. L’action de la police s’était réduite à faire monter des Nord-Africains dans des autobus pour leur propre sécurité et ceux-ci ne se seraient pas fait prier. Voilà la version qui a prédominé durant plus de trente ans dans l’opinion publique.

– Situation précaire des Twas de l’Ouganda et des Masaï du Kenya expulsés de leurs terres pour faire place à des parcs nationaux – en français. Les BINGO (Big International Non-Governmental Organizations) comme le WWF (World Wildlife Fund) ou Conservation International forcent l’expulsion des Twas et des Masaïs de leurs terres . En fait, 14 millions d’Africains sont ainsi déplacés, non pas à cause de la guerre ou de la présence d’entreprises étrangères mais au nom de la sauvegarde de la nature. La protection de l’environnement est en soit une bonne initiative mais elle soulève des questions légitimes quand des milliers de km2 s’ajoutent chaque années sous forme de parcs forçant la relocalisation de populations et qui ne refermeront que 10% de la biodiversité du continent!

Here are the subjects that we talked about during the last Amandla show (February 28th 2007).

– The International CriminalCourt identifies the first suspects responsible of the atrocities done in Darfur, Sudan – in english. The ICC asks the sudanese minister Ahmed Haroun and the ‘janjawid’ leader ali Muhammed ali to appear in court.

– Overview of the AIDS situation in Malawi – in english.

– The legacy of Maurice Papon during the Algeria war – in french. Maurice Papon died on February 17th 2007 at 96 (link in french). He is known to have collaborated with the nazis while they occupied France during the Second World War. But, he is also known as the prefect of police of Paris who’s responsible of a bloody crackdown in October 17th 1961. According to Françoise Thull et Marianne Arens of the World Socialist Web Site, Papon orderer the police to violently repress protesters of algerian decsent, following a serie of terrorists act from the algerian FLN (Front de Libération National) in France and the result of a referendum giving a 75.2% of “Yes” to the autodetermination of Algeria.

– The Situation of the Twas and Masai populations in Uganda and Kenya threatened by the expansion of National parks – in french. The BINGOs (Big International Non-Governmental Organizations) like WWF (World Wildlife Fund) and Conservation International are evicting the Twas and Masai from their land. In fact, 14 millions africans are displaced that way, not because of wars or foreign companies activitie, but in the name of environmental protection. Now, protecting the environment is a good initiative, but it raises legitimate questions when thousands of square kilometers of lands are turned into parks, and evict people, but will hold only 10% of the biodiversity of the continent!

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