Retour sur la victoire de Wade/ Looking back at Wade’s victory

Selon Souleymane Jules Diop, la victoire d’Abdoulaye Wade aux élections du 25 février dernier traduit la soumission des sénégalais. Il rajoute que Wade et Idrissa Seck, deux politiciens qu’il considère corrompus, ont réussi à obtenir 70% des votes. Un triste résultat qui signifie que les questions d’éthique n’ont pas fait partie des enjeux de ces élections:

[…] donner 70 % de nos voix aux signataires du « protocole de Rebeuss » [Wade et Seck] est tout de même inquiétant, pour l’avenir de ce pays. Ca veut dire que n’importe qui pourra détourner impunément, voler, tuer, et être récompensé généreusement. C’est en cela que le choix du 25 février est tragique pour notre cher pays. Partout dans le monde, la même question revient, « mais comment ont-ils pu faire ça ? » Attendons-nous d’en subir les conséquences, et assumons, en bons boétiens, notre servitude volontaire. La défaite du 25 février n’est pas électorale, elle est morale. C’est la victoire du vice sur la vertu. Abdoulaye Wade a toujours contesté les résultats des élections avant sa victoire en 2000. C’est un droit électoral. Il a même publié ses propres résultats, quand il était dans l’opposition. Mais sa première décision a été de menacer de prison tous ceux qui seraient tentés de contester sa victoire. Un bon signal pour tous les objecteurs de conscience, ils peuvent commencer à faire leurs valises.

La victoire de Wade est contestée par deux candidats de l’opposition:

Ousmane Tanor Dieng, le candidat arrivé troisième avec 13,4% des voix, a déposé un recours en annulation devant la Cour suprême du pays, a précisé son directeur de campagne Mbaye Thiam.

Quant au candidat marxiste Abdoulaye Bathily, arrivé sixième avec 2% des voix, il a déposé un recours devant un tribunal local, à Fatick.

SudOnline présente aussi les protestations d’Abdoulaye Bathily:

« La Coalition Jubbanti Sénégal rejette ces résultats qui, d’après elle, sont de toute évidence le produit d’une fraude massive entreprise à dessein de bout en bout du processus électoral par Abdoulaye Wade et son Ministre de l’Intérieur, avec la complicité manifeste de la Commission électorale nationale autonome (Cena) », lit-on dans le texte liminaire de la conférence de presse animée par le candidat de la coalition Jubbanti Sénégal, de la présidentielle du 25 février dernier, le Pr Abdoulaye Bathily, leader de la Ligue démocratique/Mouvement pour le parti du travail (Ld/Mpt).

Ces recours légaux contre les résultats de l’élections sont-ils une critique du manque d’éthique du candidat gagnant? Où cache-t-ils, malheureusement pour la critique de Diop, un désir de devenir calife à la place du calife?

According to Souleymane Jules Diop (link in french), Abdoulaye Wade’s victory on the February 25th elections shows the submissiveness of the senegalese. He says that Wade and Idrissa Seck, two politicians he considers corrupted, managed to gain 70% of the votes. A sad result meaning that ethics weren’t part of the issues concerning the elections.

Wade’s victory is contested by opposition leaders like Ousmane Tanor Dieng and Abdoulaye Bathily. For the International Herald Tribune:

Marxist candidate Abdoulaye Bathily, who finished sixth with 2 percent of the vote, filed a lawsuit on Monday in Fatick, a rural center, said his attorney Wagane Faye. He charged, among other complaints, that some ballots were not properly signed by election officials as required by law and that voting continued for five hours after the polls officially closed on the night of Feb. 25.

Ousmane Tanor Dieng, who finished third with 13.4 percent of the total, filed a lawsuit in Senegal’s supreme court seeking annulment of the vote, said his campaign director Serigne Mbaye Thiam. He did not outline complaints.

Do these legal appeals against the election results represent a critic of Wade’s lack of ethics? Or do they hide, sadly for Diop, a simple desire to replace him in the driver’s seat?

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