Des Guantanamo africains/ African Guantanamos

 

En Décembre 2006, l’Éthiopie, avec l’aide des États-Unis entre en Somalie pour y appuyer le gouvernement de transition de Baidoa. En janvier 2007, plusieurs membres des tribunaux islamiques contre lesquels les Éthiopiens luttaient se sont réfugiés au Kenya.
Mais voilà, plusieurs de ses islamistes seraient réellement dangeureux et seraient liés à Al-Qaida. Certains seraient même d’origine moyen-orientale. Selon le journal Le Monde, le Kénya a établi un dispositif pour arrêter ces combattants islamistes. Il semble être un peu trop “efficace”:

Le filet s’est refermé aussi bien sur des hommes que sur des femmes et des enfants qui tentaient d’échapper aux combats. Le nombre exact des personnes placées en détention dans des postes de police, surtout à Nairobi, ne peut être établi avec exactitude, la plupart des détenus n’ayant pas pu entrer en contact avec l’extérieur. En février, la Commission nationale des droits de l’homme du Kenya (KNCHR) a dénoncé “l’arrestation arbitraire et la détention, hors de tout cadre légal, de plus de soixante-dix Kényans et non-Kényans”. Njonjo Mue, conseiller de la KNCHR, se désole encore : “Nous avons demandé à avoir accès aux détenus. Cela nous a été refusé, sans explication.”

Depuis plusieurs semaines, le Forum pour les droits de l’homme des musulmans (MHRF) s’efforce de dresser des listes de ces détenus, incomplètes par définition. Leur dernière évaluation, vendredi 9 mars, estime à présent à 155 le nombre des détenus qui ont finalement été transférés en Somalie.

Mis au courant des inquiétudes du MHRF et du KNHCR. Le Kénya a vidé ses prisons de ces détenus dérangeants pour les envoyer à Mogadiscio (Somalie), ou même à Godé (Ogaden éthiopien) ou au Djibouti. Ces deux dernières destinations sont connues pour leur forte présence de soldats américains.
Des personnes sont donc détenues pour terrorisme sans avoir accès à une défense légale. Des “Guantanamo” se créent en Afrique de l’Est…

In December 2006, ethiopian troops entered Somalia with the help of the United States in order to help the transitional government in Baidoa against the Islamic Courts. In January 2007, several members of the Islamic Courts fled to Kenya. Some of the islamists are considered dangerous and linked to Al Qaida. Some are believed to come from the Middle East. According to Le Monde (link in french), Kenya set up a plan to catch them. But the Kenyan National Commission on Human Rights warned that more than 170 persons were detained in Kenya following the implementation of the plan; and some of them were women and children. They didn’t have links with any extremist-islamist networks.

Hearing the plea, the kenyan authorities simply emptied their jails and sent the prisoners to Mogadishu (Somalia) and even to Gode (ethiopian Ogaden) or Djibouti. These two last places are known to harbor the presence of american soldiers.

Therefore, people are detained in prisons without any access to legal help. Other “Guantanamos” are being created in East Africa.

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