Le paradoxe mauritanien/ The Mauritanian paradox

Des élections auront lieu ce dimanche en Mauritanie (lien anglais). Leur tenue est grandement due au désir du colonel Ely Ould Mohamed Vall (voir photo plus bas) qui les a promises. Or Mohammed Vall est celui qui a orchestré un coup d’État contre son prédécesseur, Maaoya Sid’Ahmed Ould Taya, le 3 août 2005. Taya avait lui-même accédé au pouvoir par un coup d’État en 1984. Quelques heures après son coup, Mohammed Vall avait promis d’apporter la démocratie en Mauritanie et qu’il ne se présenterait pas aux élections. Deux ans plus tard, la promesse est à la veille d’être tenue. Surprenant!Mohammed Vall
Il est vrai que Vall, en deux ans, a permis la liberté de presse et a rendu le système judiciaire indépendant du pouvoir politique.

Donc, le putchisme serait la voie vers la démocratie mauritanienne. Quel paradoxe…

Selon le Quotidien d’Oran (Algérie), ce processus fait rire certains voisins arabes, dont M. Khadafi, président de Libye:

Les railleries de M. Kadhafi à l’égard du processus démocratique en
Mauritanie, dont le peuple est qualifié de «bédouins et tribus» ne
connaissant rien aux «partis et aux élections», sont symptomatiques.Elles ont choqué, à juste titre, les Mauritaniens qui ont, de manière
officielle, protesté contre ces déclarations « choquantes ». Elles le
sont effectivement. Car en matière de démocratie, on ne sera jamais
prêts, selon les visions étriquées de nombreux leaders arabes. Si les
Mauritaniens ne connaissent pas les partis et les élections, ils sont
en train d’apprendre. Ils sont même, dans une région marquée par la
stagnation, voire la régression politique, en train de constituer un
modèle rare où un coup d’Etat militaire a servi à débloquer un statu
quo et à entamer une transition politique qui restitue le pouvoir aux
civils. Cette transition s’achève, dimanche prochain, avec la tenue
d’élections présidentielles pluralistes.

Les militaires mauritaniens qui ont renversé Ould Tayaa n’ont pas à
avoir honte de ce qu’ils ont fait. Ils se sont engagés à remettre en
place des institutions civiles en deux ans; ils le font en 19 mois.
Cette petite Mauritanie, que l’on croit pouvoir mépriser à bon compte,
est observée avec intérêt sur l’ensemble du continent et certains
politologues parlent déjà de « modèle mauritanien » de transition
politique. Les remontrances de Kadhafi montrent aussi que pour des
raisons diamétralement opposées, ce modèle mauritanien est dérangeant.

Bonne analyse. Khadafi devrait regarder dans sa cours avant de rire de celle des autres.

Elections will take place in Mauritania this Sunday. This is a promise the Colonel Ely Ould Mohamed Vall made. Col. Vall is the man who did a “Coup d’État” against his predecessor, Maaoya Sid’Ahmed Ould Taya, on August 3rd 2005. Taya himself gained power through a “Coup d’État” in 1984. For Vall, hours after he was in power, he promised that democratic elections would be held and that he would not be a candidate himself. Two years later, the promise is about to be kept. Surprising!

According to the Boston Globe:

[Vall] promised to free the press, restore basic rights and hold elections within two years in which neither he nor anyone belonging to the 17-member junta would be allowed to run.Nineteen months later, a record 1.1 million out of a population of 3.2 million are registered to vote for one of 19 candidates in what is widely seen as Mauritanians’ first chance to freely elect their president.

The press is no longer muzzled, the judiciary appears to be independent and a new
referendum-approved constitution has enshrined basic liberties, as well as term limits meant to prevent dictatorships.

Therefore, in the case of Mauritania, a military putsch leads to democracy. What a paradox…

That original process attracted critics from neighboring arab countries. Especially from M. Khadafi, president of Libya. Le Quotidien d’Oran (link in french – Algeria) tells that Khadafi almost insulted the Mauritanians by calling them “bedouin and tribesmen” that knew nothing about political parties and elections. But the algerian paper already talks about a “mauritanian democratic transition model” because, in two years, the putschists put back on track the country’s civic institutions and prepared free elections. Tiny Mauritania shouldn’t be looked down upon and Khadafi should take a look at his own backyard before laughing at what’s going on in his neighbor’s.

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