Désordre à Kinshasa/ Disorder in Kinshasa

Voici une dépêche de l’AFP indiquant que Kinshasa, capitale de RDC, a été sous le coup d’attaques entre le camp de Jean-Pierre Bemba (voir photo) , celui qui a perdu ses élections contre Kabila, et le gouvernement.

Vous pouvez aussi accéder au blog de Congogirl (en anglais) qui décrit la situation sur le terrain.

La BBC couvre aussi l’événement  (en anglais).

Here is a news item from AFP (link in french) saying that Kinshasa,Jean-Pierre Bemba DRC’s capital city, was the scene of attacks between the government forces and Jean-Pierre Bemba (photo – right), the man who lost his elections against Kabila.

You can also read Congogirl’s blog. She describes the situation on the field.

The BBC also covers the event.

AFP:

Au moins sept personnes ont été tuées à Kinshasa depuis le début jeudi de tirs à l’arme lourde et légère opposant l’armée de République démocratique du Congo (RDC) à la garde de l’ex-vice-président Jean-Pierre Bemba, a annoncé vendredi radio Okapi (parrainée par l’ONU).

La commune de la Gombe (nord de Kinshasa), théâtre des violences, était vendredi après-midi “sous le contrôle de l’armée congolaise. Il y a encore des tirs dans d’autres quartiers, mais la situation est à l’accalmie”, a déclaré à l’AFP le porte-parole militaire de la Mission de l’ONU en RDC (Monuc), le lieutenant-colonel Didier Rancher.

Selon la radio, un obus est tombé vendredi matin sur des habitations à Bandalungwa, quartier du nord-ouest de la capitale, tuant une femme et son enfant.

Citant des sources hospitalières, Okapi a également fait état de cinq autres morts et de plusieurs blessés enregistrés dans les différents établissements hospitaliers de Kinshasa.

“A l’hôpital général de Kinshasa, nous avons enregistré une dizaine de blessés dont cinq dans un état grave et parmi lesquels il y a trois militaires”, a déclaré à l’AFP son médecin-directeur, Dieudonné Diabeno, affirmant ne disposer d'”aucun bilan sur le nombre de morts” enregistrés à la morgue de l’hôpital.

Un responsable sécuritaire occidental a affirmé à l’AFP avoir vu “plusieurs cadavres de militaires de Bemba, peut-être quatre ou cinq” près de sa résidence officielle de la Gombe (nord).

Dans l’après-midi, le porte-parole militaire de la Monuc a déclaré à l’AFP n’avoir vu “aucun corps” dans les rues après avoir effectué un tour de plusieurs quartiers de la ville.

Les militaires de l’armée régulière comme ceux du camp Bemba ont coutume de cacher leurs morts dès qu’ils le peuvent, pour ne pas saper le moral des troupes et ne pas offrir ce spectacle à l’adversaire.

“Nous évacuons toujours des blessés, nombreux. Et il y a d’importants dégâts matériels. Il y a beaucoup d’impacts de balle sur les murs des résidences de Bemba, plusieurs bâtiments ont été touchés par des obus ou des roquettes”, a détaillé le lieutenant-colonel Rancher, ajoutant que de très nombreux commerces et habitations avaient été pillés.

Deux Français ont été blessés par balles jeudi lors des affrontements à Kinshasa, mais leur vie “n’est pas en danger”, selon le ministère français des Affaires étrangères.

Ni les autorités militaires congolaises ni le gouvernement n’étaient en mesure vendredi en milieu d’après-midi de donner le bilan des accrochages survenus dans plusieurs quartiers de Kinshasa.

“Il est difficile, à l’heure actuelle, de donner le bilan car l’armée continue à faire son travail dans certains quartiers (de l’est de Kinshasa) où certains hommes de M. Bemba sont pourchassés par l’armée”, a déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement, Toussaint Tshilombo.

La communauté internationale a condamné unanimement vendredi les affrontements à Kinshasa entre l’armée régulière et la garde rapprochée de l’ex-vice-président Jean-Pierre Bemba et appelé à un cessez-le-feu immédiat.

Le haut représentant de l’UE pour la diplomatie, Javier Solana, a lancé ” un appel solennel aux acteurs congolais afin qu’ils règlent leurs différends par le dialogue (…)”.

“La communauté internationale, et l’Union européenne en particulier, n’accepteront pas que l’expérience démocratique congolaise, succès majeur pour le continent africain, puisse être compromise”, a-t-il poursuivi, exprimant sa “grande inquiétude” au sujet de la situation à Kinshasa.

Jeudi, au premier jour des combats, le Conseil de sécurité de l’ONU avait déjà enjoint “aux deux parties de cesser immédiatement les échanges de tirs, d’agir avec responsabilité et de résoudre leurs différends par des moyens pacifiques”, par la voix de l’ambassadeur d’Afrique du sud Dumisani Kumalo, qui préside le Conseil en mars.

La Belgique, ancienne puissance coloniale, a également appelé “à la cessation immédiate des combats” et espère que la Monuc (Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo) pourra contribuer au maintien de l’ordre”, a déclaré le Premier ministre Guy Verhofstadt à l’issue d’une réunion du conseil des ministres belge restreint.

Renouvelant ses consignes de sécurité à l’égard de ses ressortissants sur place, M. Verhofstadt a indiqué avoir eu un “contact direct” avec le gouvernement congolais et avec le représentant du secrétaire général de l’ONU en RDC, William Lacy Swing, qui a “confirmé que la Monuc allait ravitailler l?école belge” de Kinshasa où 350 élèves et professeurs sont bloqués depuis jeudi.

L’Afrique du Sud, acteur central dans le processus de paix en RDC, a également “appelé toutes les forces en RDC à cesser immédiatement de se battre” et à entamer des négociations.

Le vice-ministre des Affaires étrangères Aziz Pahad a averti que si les troubles ne cessaient pas immédiatement, ils risquaient d'”ouvrir une boite de Pandore conduisant d’autres gens à utiliser la violence pour se procurer ce qu’ils pensent ne pas avoir réussi à obtenir” par l’accord négocié avec l’actuel gouvernement.

La France et la Grande-Bretagne ont également appelé vendredi à un cessez-le-feu et à la reprise des négociations.

“Rien ne peut justifier des attaques utilisant des armes lourdes dans une capitale de neuf millions d’habitants (…) Des centaines de gens sont actuellement piégés, dont de jeunes élèves”, a déclaré la ministre britannique des affaires étrangères Margaret Beckett.

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