Côte d’Ivoire: Soro, 1er ministre/ Ivory Coast: Soro is Prime Minister

Guilaume Soro est nommé Premier ministre de Côte d’Ivoire. Il cohabitera donc avec le président Gbagbo. Les accords de Ouagadougou auront, jusqu’à présent, porté fruit puisque la paix et la tranquillité en Côte d’Ivoire sont en vue. Le journal ivoirien, Le Nouveau Réveil, révèle toutefois que:

le débat reste encore ouvert sur la mouture du futur gouvernement, précisément sur la clé de répartition des portefeuilles ministériels.

Gbagbo doit signer le décret confirmant cette nomination (Courrier International):

Les choses se précisent de plus en plus. Sauf “tsunami” de dernière minute, Guillaume Soro, le secrétaire général des Forces nouvelles, occupera le poste très envié de Premier ministre de la Côte-d’Ivoire. [Le secrétaire général de la rébellion a été désigné Premier ministre par le camp présidentiel et les Forces nouvelles, mais le décret présidentiel n’a pas encore été signé]. La grande question est de savoir si l’attelage Laurent Gbagbo-Guillaume Soro tiendra la route.

Autrement dit, à l’image de Seydou Elimane Diarra et de Charles Konan Banny [l’actuel chef du gouvernement], Guillaume Soro se cramera-t-il lui aussi les ailes au contact étroit du boulanger d’Abidjan [surnom du président Gbagbo en raison de son aptitude à rouler ses adversaires politiques dans la farine] ? A la différence de ses prédécesseurs, le leader des ex-rebelles a l’avantage de connaître suffisamment l’actuel locataire du palais d’Abidjan pour l’avoir longtemps pratiqué et avoir été issu de son moule. Diarra et à Banny traînaient un autre handicap : être plus techniciens que politiciens. De fait, qui pourrait dire que Guillaume Soro n’a pas fait ses classes en politique, au point de ne pouvoir flairer les entourloupes du “boulanger” ?

Evidemment, cela n’enlève rien au fait que le poste de Premier ministre qui reviendra au dur à cuire de Bouaké [“capitale” des rebelles], peut s’avérer un cadeau empoisonné. Parviendra-t-il à déjouer les pièges que pourrait lui tendre le président ivoirien ? A ce propos, on peut d’ores et déjà s’interroger sur les pouvoirs qu’il pourra arracher de Gbagbo. Aussi, quelle garantie de sécurité pour Guillaume Soro ? Il a longtemps été dans le collimateur du camp Gbagbo.

Les Forces nouvelles semblent bien parties pour tirer un grand profit du nouveau processus de réconciliation et de paix enclenché. Non seulement à travers la consécration annoncée de leur leader, mais aussi le positionnement de leur organisation sur l’échiquier politique ivoirien. En outre, il est rassurant que la feuille de route élaborée à Ouagadougou [accord de paix signé début mars entre le clan présidentiel et les forces rebelles qui contrôlent le nord de la Côte-d’Ivoire] connaisse un début d’exécution.

Ce bon départ s’explique par l’assurance qu’à Laurent Ggagbo d’être en meilleure posture – aujourd’hui plus qu’hier – pour aller aux élections. Il a eu le temps de se constituer un important trésor de guerre et de tisser suffisamment sa toile. Le dirigeant ivoirien semble dorénavant prêt à faire face à n’importe quel candidat.

Guillaume Soro is named Prime Minister of Ivory Coast. He will cohabit with President Gbagbo. The accords of Ouagadougou, until today, bear their fruit and peace an tranquillity in Ivory Coast are in sight. The local newspaper, Le Nouveau Réveil, says however that a full government still has to be formed. (News in french, in Courrier International)

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