Les enfants sorciers de Kinshasa/ Kinshasa’s child sorcerers

La pauvreté, le SIDA et la situation tumultueuse de la République Démocratique du Congo et de sa capitale Kinshasa, font que beaucoup d’enfants deviennent un fardeau pour les familles les plus pauvre de cette ville de 8 millions d’habitants. Cette situation très difficile rend propice la résurgence de phénomènes d’exclusion sociale qui s’appuient sur la superstition. Ici, ont parle d’enfants, vivant souvent dans la rue, et qu’on accuse de sorcellerie. Afriqu’Écho Magazine en fait un dossier présenté ici (lisez l’intégrale, beaucoup plus volumineuse ici):

Ce qui surprend, c’est l’ampleur et les formes que la sorcellerie a prises en milieu urbain, notamment le fait qu’elle s’attaque aux enfants, une chose impensable dans la société traditionnelle, et qu’elle a perdu sa fonction « régulatrice » au profit de pratiques uniquement macabres. Son émergence et son développement s’expliquent par le bouleversement des habitudes familiales, la misère, la guerre et le Sida, qui ont multiplié le nombre de décès et d’orphelins. Autant de choses que la solidarité africaine n’arrive plus à réguler. Devant tant de difficultés, il faut trouver des boucs émissaires. D’où l’entrée en scène des enfants. « Avant 1990, à Kinshasa, seules les vieilles personnes étaient parfois qualifiées de sorcières, surtout lorsqu’elles n’étaient plus rentables. Les petits qu’on accuse actuellement de sorciers sont dans la même situation : ils deviennent encombrants et inutiles pour des parents qui ne peuvent plus les nourrir et démissionnent de leurs responsabilités. Ce sont les enfants de familles très pauvres qui sont souvent assimilés à des sorciers », précise Muyika. Des enquêtes ont mis en évidence que la majorité de ces enfants sont orphelins de père, de mère ou des deux. Ils ne vivent donc plus avec leurs parents biologiques. Ou bien ils sont le fruit d’unions « illégales ». Prises d’un soudain accès de moralité, sous la pression des pasteurs qui condamnent l’adultère, le parent remarié, encouragé par le nouveau conjoint ou la marâtre, n’a de cesse de se débarrasser de rejetons qui témoignent de leurs turpides passées. Un moyen aussi d’éliminer des bouches de nourrir.

Afriqu’Écho a aussi interviewé un travailleur social qui nous entretien sur l’emprise de ce phénomène: à lire ici. (On peut voir que la presse anglophone en a aussi parlé: Seattle Time et World Wide Relious News).

Poverty, AIDS and the tumultuous situation in the Democratic Republic of Congo and her capital city, Kinshasa have made children a burden for the poorest families living in this city of 8 millions habitants. Such a difficult situation provides room for social exclusion phenomenons based on popular superstition. Here, we talk about children, living in the streets, that are often accused of witchcraft. Afriqu’Écho Magazine as a full report on that subject, in french(You can read it here). The same magazine also interviewed a social worker who has to tackle the problem (read here – in french). English papers also talk about that subject (there are also other sources: WWRN).

The Seattle Times (it is from november 2006, but it is worth the read)

Aid workers estimate that there are 25,000 to 50,000 children living on the streets here, and their numbers are growing. As many as 70 percent have been abandoned for allegedly practicing sorcery, according to a report this year by New York-based Human Rights Watch.

In most cases, the group said, victims of witchcraft allegations had lost one or both parents. Their accusers are usually stepparents or guardians, and the children most often targeted are those with seemingly strange behaviors, such as bed-wetting, sleepwalking or aggression.

“Poverty and desperation are the basic causes,” said Mike Mwamba, the director of a center for abandoned children in Gombe, a busy commercial section of Kinshasa where hundreds of street kids prowl about the main marketplace.

“It’s a typical case: You see someone losing their job, and they look at home for an explanation. Where is this bad luck coming from? They see the child, who has certain negative characteristics: Maybe he is difficult, maybe he wets his bed.

“That becomes enough to accuse them of sorcery.”

One of the children living at the center is Kipasi Kama, a 15-year-old who’s small for his age and bites his nails incessantly. He was living with his father and stepmother when a neighbor said she’d dreamed that Kipasi came to strangle her in her sleep.

Immediately, Kipasi said, his father ordered him out of the house.

“If I am a sorcerer, I don’t know it,” Kipasi said. “They never gave me a chance to prove that I wasn’t.”

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