Que devient la rébellion en Côte d’Ivoire?/ What’s left of the rebellion in Ivory Coast?

(All links in french/ tous les liens en français)

Guillaume Soro est maintenant premier ministre de Côte d’Ivoire et cohabite avec le président Laurent Gbagbo. Mais qu’advient-il des compagnons d’armes de Soro? Il semble que beaucoup d’entre eux se sont joint à Soro et ont quitté Bouaké, ville château-fort de la rébellion, pour rejoindre leur chef. Ce mouvement semble indiquer que la lutte armée est définitivement du passé:

C’est donc toute la crème de l’intelligentsia qui constitue l’aile politique des Forces nouvelles qui s’est laissée emporter par les sirènes de la République. Aujourd’hui, plus qu’un éléphant sans défenses, la rébellion se présente comme une coquille totalement vide, voire un serpent sans tête qui est dans les murs des cabinets ministériels, à Abidjan. Après avoir “ joué ” avec application et prudence pendant cinq bonnes années, sans donner prise au président Gbagbo, la rébellion vient de se laisser décapiter sur l’autel de la “ mandibule ”. Tous les ténors ont abandonné les armes à Bouaké pour les moquettes moelleux des cabinets ministériels, sans toutefois dissoudre, officiellement, le mouvement. Mais au fond, que reste-t-il des Forces nouvelles sur le terrain ? Apparemment pas grand chose, si ce n’est, un “ tigre en papier ” qui ne fait plus peur à personne. Les dirigeants en sont d’autant plus conscients qu’ils sont venus à la soupe sans calcul. Et dans son nouveau rôle, des observateurs soutiennent que Soro Guillaume ( Premier ministre) n’est ni plus ni moins qu’une “ marionnette ” aux mains du président Gbagbo qui reste le véritable maître du jeu. Mort-vivant.

Selon Soir Info, il semble que Gbagbo a bien manoeuvré pour amener Soro sous son giron et étouffer du même coup le mouvement des Forces Rebelles:

Grand manœuvrier, le chef de l’Etat a mis toutes les chances de son côté pour reprendre la main, après qu’il eût été délesté de ses pouvoirs constitutionnels au profit de Banny dans le cadre de la résolution 1721. La reprise en main des leviers de l’Etat par Gbagbo est d’autant plus totale que l’ex-rebellion semble avoir été mal servie dans la distribution des portefeuilles ministériels, recueillant un menu fretin. Dans cet Accord de Ouagadougou, signé avec Gbagbo “ pour le meilleur et pour le pire ”, sans l’aval d’une résolution onusienne, Soro Guillaume était bien placé pour savoir qu’il venait de mettre son mouvement sur la rampe d’extinction. La rébellion, c’est donc fini et elle devrait être enterrée dans les prochains jours. Une fois la zone de confiance levée… Et c’est d’ailleurs à juste raison que Gbagbo déclarait, dimanche dernier 8 avril, à Bocanda, qu’il ira brûler les armes des Forces nouvelles dans les prochains jours. “ A partir du 16 avril, à minuit, vous aurez la liberté de circuler sur toute l’étendue du territoire. Nous avançons vers la paix. Quand on aura levé la zone de confiance, moi-même, j’irai brûler les fusils qu’on a ramassés. J’irai brûler les fusils à Korhogo, à Bouaké, à Man. Et puis, je vais faire une tournée à travers la Côte d’Ivoire pour vous montrer, physiquement, je suis à Korhogo, à Katiola, à Ferkessedougou, à Man, à Danané, à Gagnoa, Daloa. Je suis partout. Donc, si vous voulez vous promener, suivez-moi. On avance vers la paix ” avait-il laissé entendre.

Mais selon Albert Tévoédjrè, il ne faut pas croire que Soro est une personnes influençable. Car comment expliquer qu’il ait pu tenir le nord de la Côte d’Ivoire pendant 4 ans sans perdre de terrain? Pour Tévoédjrè, Soro et Gbagbo se comprennent et si Soro a accepté le poste de Premier ministre, c’est parce qu’il le voulait bien, et non parce qu’il se serait fait manipuler par Gbagbo:

Albert Tévoédjrè dans Afriqu’Échos Magazine:

“Oh, il y a tous les calculs politiques possibles mais je pense que Guillaume Soro n’est pas un homme qu’on manipule. C’est quelqu’un qui a dit oui en toute connaissance de cause. Si Guillaume Soro a pu gérer la moitié du territoire pendant 4 ans sans qu’on lui arrache un seul pouce de terrain, c’est quelqu’un avec qui on peut compter dans une discussion politique forte et Laurent Gbagbo le sait. En revanche, Guillaume Soro sait aussi que Laurent Gbagbo, non plus, n’est pas quelqu’un de qui on peut faire une bouchée parce qu’il n’a pas réussi à le déloger du pouvoir par la rébellion .Je pense que les autres forces politiques peuvent faire confiance à Guillaume Soro pour ne pas oublier les raisons de leur entente, de leur lutte pendant tant d’années. Il est clair que ce sera une discussion âpre, les audiences foraines devront se tenir. Il va bien falloir avoir ses cartes d’identité, ses cartes d’électeurs. Il va falloir bien aller aux élections .Il y aura des compromis sans doute mais je crois qu’il faut donner une chance à Guillaume Soro pour arriver à faire plus que ses prédécesseurs parce que venant de la partie contestatrice”.

Guillaume Soro is now the Prime minister of Ivory Coast, but what is happening with the other members of the rebellion? It seems most of them have decided to follow their leader and left the city of Bouaké, their stronghold, to join him. This move seems to indicate that the rebellion is dead (link in french). We might think that, the president Laurent Gbagbo, manipulated Soro to do this move, anticipating the dismemberment of the rebellion and winning his battle. But, according to Albert Tévoédjrè (link in french), Soro is too strong and wise to be manipulated that way. He kept the northern part of the country for 4 years without loosing ground to the government. It’s a proof of his strength. It seems Soro and Gbagbo know each other better, and Soro accepted an offer without being pressured.

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