Delta du Niger contrôlé par les milices/ The Niger delta controlled by militias

(Link in french/ lien en français)

À la vieille des élections au Nigéria voici un article de Libération qui traite du contrôle du delta du Niger, riche en pétrole,  par des milices. On peut parier que le grand gangant des élections n’aura pas eu les faveurs des miliciens du Delta:

On the eve of the presidential elections in Nigeria, here is an article by french paper, Libération, who addresses the issue of the control of the oil rich Niger delta by militias. We can bet that the winner of the elections won’t be the one the militias hope for. 

Libération:

Ateke est le chef des Forces vigilantes du delta du Niger. Ce groupe a été créé et armé en 2003 par le gouverneur de la région pour voler les urnes, influencer les résultats du scrutin et s’assurer de la victoire. Cette pratique est courante dans une région où le pouvoir politique est synonyme d’accès aux ressources du pays.

[…]

Dans le delta, l’or noir coule à flot. Il représente 75 % des ressources du pays et ramène 45 milliards de dollars par an dans les caisses de l’Etat. Le groupe d’Ateke devait aussi servir à contrer l’influence montante d’autres chefs armés de la région, qui réclament une part du gâteau pétrolier. Mais Tom Ateke estime que le gouvernement n’a pas respecté les termes du contrat : il a bien reçu 15 millions de nairas (150 000 euros) pour son mariage en 2005, mais n’a pas obtenu les contrats de travail promis à sa jeune milice d’un peu plus d’un millier d’hommes. C’est la condition sine qua non pour qu’ils arrêtent de se battre. Désormais, il est l’ennemi numéro un des autorités. Le week-end dernier, son groupe a mis le feu à deux commissariats et tué sept policiers à Port Harcourt.
Par terre, à côté du chef, reposent une mitrailleuse et des dizaines de munitions. Deux gardes équipés de kalachnikovs le protègent. Sous de grands arbres, 300 «boys» vivent depuis un ou deux ans. Ils y ont construit des cabanes en bois recouvertes de bâches en plastique. Les femmes ne sont pas admises. Il y a beaucoup d’armes, du poisson et des conserves, des bières et du haschich en quantité. «Tout ce que nous voulons, c’est qu’ils nous donnent du travail. Tant que je n’ai rien dans la vie, je suis prêt à tout : tuer ou kidnapper des gens», explique Uche, 25 ans, kalachnikov en bandoulière , le visage mal dissimulé par un foulard. Les assassinats sont rares, mais les enlèvements sont devenus monnaie courante. Plus de 60 expatriés, la plupart liés au pétrole, ont été kidnappés dans la région depuis le début de l’année. Certains, sans doute par ces «boys». De moyen de pression politique, ce mode opératoire est devenu un business extrêmement lucratif. «Le gouvernement nous vole nos ressources. C’est pour ça que nous sommes ici et que nous avons pris les armes. Il n’y a pas d’autre choix», explique Bensin Eyo, 32 ans, pieds nus. Seuls ses grands yeux apparaissent dans les trous du sac plastique noir qui lui couvre la tête.

[…]

Corrompues, les autorités locales et fédérales ont échoué pendant des années à assurer les services publics de base. Selon Bensin, il y a deux ou trois autres camps un peu plus loin, invisibles dans la mangrove. Dans la même zone se trouvent les bases du Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (Mend), le groupe le mieux organisé de la région qui a fait des enlèvements sa spécialité. «Nous travaillons. Les attaques sont le résultat de semaines de planification secrète», explique Jomo, porte-parole officiel du groupe, dans un message électronique.

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