Calme passager en Somalie/ It calmed down in Somalia

Le quotidien Libération indique que les troupes éthiopiennes et le gouvernement de transition somalien qu’elles appuient ont pris le contrôle de Mogadiscio et incitent les habitants qui fuit la ville de revenir. La BBC (voir plus bas) rajoute que le nouveau maire de la ville pousse ses habitants à remettre leurs armes aux autorités. En effet, il a rendu les armes illégales à Mogadiscio. Le calme va-t-il rester?

The french paper Libération tells us that the Ethiopian troops and the transitional government of Somalia have secured Mogadishu and calls for the return of the inhabitants who fled the city. The BBC (see further below) adds that the new city mayor asks the residents to give their weapons to the authorities. In fact, he declared guns illegal in Mogadishu. Will the present calm remain?

Libération:

Une femme marche, en tenant son bébé dans les bras. Derrière elle, un homme pousse péniblement une charrette de laquelle dépassent un matelas usé et des nattes. Le long de la «route industrielle» ( «industrial road», comme on l’appelle à Mogadiscio), des tanks rouillés de l’ancienne armée de Siyad Barré (déposé en 1991) jonchent le sol. Des murs de sable se sont effondrés, vestiges des barrages édifiés dans les quartiers sud de Mogadiscio par ceux que l’on appelle «les insurgés» et qui ont lutté contre les troupes éthiopiennes pendant plusieurs semaines lors de combats extrêmement violents.
Dans la capitale somalienne à moitié vide, les habitants commencent lentement à revenir. Certains, qui s’étaient réfugiés à plusieurs dizaines de kilomètres de là, dans la brousse, utilisent les camions taxis. Une Toyota défoncée dont le toit croule sous les bagages s’aventure dans un chemin de terre, bordé de maisons détruites, criblées de balles ou de tirs d’obus. Les commerces sont fermés, les portes de nombreuses maisons verrouillées, signalant que le quartier a été presque entièrement déserté.
Revanche. Près du stade de Mogadiscio, dans la partie nord-ouest de la ville, les affrontements ont été les plus intenses. «Vous voyez ces anciens bâtiments officiels ? interroge un habitant. Ils servaient de base aux insurgés, qui tiraient depuis les étages sur le stade, un des quartiers généraux éthiopiens. Je me souviens d’un jour où, pris entre deux feux, nous courions pour chercher un abri. Les blessés tombaient, et nous ne pouvions prendre le risque de les aider. Ils sont sans doute morts maintenant.» Le gouvernement de transition (TFG), soutenu par Addis-Abeba et les Occidentaux, tient à montrer que la paix est revenue, et que les troupes éthiopiennes ont définitivement nettoyé la capitale. Une cérémonie a été organisée hier au siège de la police nationale, près de la Villa Somalia, où siège la présidence. Encadré par des soldats ougandais de l’Union africaine, qui a déployé 1 200 militaires à Mogadiscio, le chef de la police, nommé il y a quelques jours, prend note. Abdi Hassan Hawale dit «Qeydiid» («celui qui ne fait pas de compromis») savoure sa revanche. Cet ancien chef de guerre était membre de l’Alliance pour la restauration de la paix et la lutte contre le terrorisme, financée par les Etats-Unis, qui a été défaite par les Tribunaux islamiques, en juin dernier. Sur un bout de papier, il inscrit le nombre de RPG, AK47, de roquettes antichars et de lance-grenades qui s’amoncellent sur le sol. Quelques hommes d’affaires du clan Hawiye, majoritaire dans la capitale, ont accepté de rendre leurs armes et de se mettre sous la protection du TFG et des Ethiopiens.
A plusieurs reprises, un haut responsable éthiopien s’approche avec autorité de Qeydiid, l’enjoignant à accélérer le rythme. Depuis le coffre d’un 4X4 rouge tout neuf, la garde rapprochée du directeur de Telcom, une des sociétés de téléphonie mobile somalienne, remet l’attirail aux soldats de l’Union africaine. «Nous n’avons pas été impliqués dans cette guerre, souligne Abdulkadir Mohamed Halani, le directeur de Telcom, en boubou blanc et la barbe peinte au henné. Nous avions rendu de la même façon nos armes aux Tribunaux islamiques. L’Union africaine doit assurer notre sécurité désormais.»
Les insurgés ne vont-ils pas reprendre leur offensive ? «Seul Allah sait», répond-il en souriant. En réalité, la plupart de ces grands commerçants ont subi une intense pression du gouvernement pour rendre leurs armes. En attendant des équipements lourds ? «C’est une goutte d’eau dans la mer, mais cela doit servir d’exemple», explique le porte-parole de l’armée ougandaise, Paddy Ankunda.
Les troupes de l’UA ont commencé depuis le début de la semaine à patrouiller durant la journée dans les rues de la ville, embarquant quelques journalistes, pour qu’ils constatent à quel point le calme est revenu. «Nous sommes en nombre insuffisant, mais c’est à la communauté internationale de remplir sa promesse et d’envoyer des hommes, pour permettre aux Ethiopiens de quitter le pays», précise le porte-parole.
«Gâteau». Certains observateurs se montrent pessimistes pour l’avenir. «C’est une affaire de jours ou de semaines, estime un Somalien. Les insurgés ont fui ou n’ont plus de munitions, mais ils sont déjà en train de se réorganiser.» Ce retour au calme, plus que précaire, dépend aussi de l’attitude du président Abdullahi Yusuf : acceptera-t-il, comme le demandent certains, d’inclure dans les négociations les ex-responsables des Tribunaux islamiques, ainsi que les partisans de l’ancien président du Parlement, démis de ses fonctions au début de l’année, pour «partager le gâteau» ? Nombreux sont ceux qui reprochent au chef de l’Etat d’avoir fait venir les miliciens de son clan, les Majerteen, de les avoir nommés à des postes importants tout en refusant de tendre la main à certains clans liés aux Hawiye, notamment les Ayr. Selon le porte-parole du gouvernement, une conférence de réconciliation nationale, prévue à l’origine en avril, mais reporté en raison des combats, devrait se tenir à la mi-juin.

BBC:

The new mayor of the Somali capital, Mogadishu, has banned people from carrying weapons on the streets.

Former warlord Mohamed Dheere announced the ban at his inauguration ceremony, following his appointment last week.

The move is seen as a big step forward in the process of restoring stability to Somalia, which has not had a working government in 16 years.

The government last week ended a six-week operation against Islamist and clan fighters in the city.

Some 1,600 people were killed in the clashes, local aid groups say.

Tinted windows

Mr Dheere announced that those who flouted the ban would be punished but did not give details.

Only government security forces would be allowed to carry weapons, he said.

New police chief Abdi Hassan “Qaybdiid” Awale – also a former warlord – announced a ban on tinted windows in the city.

“Anyone who fails to abide by these rules will be brought before the court,” he said.

The new measures come a day after prominent companies handed their weapons over to African Union peacekeepers and said they would trust the government to look after their security.

The business community had set up its own security teams to protect their operations from rogue militiamen during Somalia’s years of lawlessness.

Until last week, when the government announced victory against the Islamists, weapons were openly on sale in the Mogadishu market.

But the BBC’s Mohammed Olad Hassan in the city says the Ethiopian-backed government troops closed down the arms bazaar.

However, he says the dealers were allowed to keep their weapons.

Somalia is awash with guns after 16 years of civil war.

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