Des enfants-soldats de l’armée tchadienne libérés/ Child soldier from Chadian army are set free

(lien en français, link in french)

Voici un nouvelle provenant de La Presse de Montréal qui traite des enfants soldats tchadiens:

Here is an article form the Montral paper “La Presse” talking about the situation of child soldiers in Chad.

La Presse:

Après l’avoir fermement nié, le gouvernement tchadien vient finalement de reconnaître que des mineurs servaient dans les rangs de son armée, comme la presse et les ONG témoins des combats contre la rébellion dans l’est du pays l’affirmaient depuis des mois.

Cette reconnaissance par les autorités de N’Djamena est intervenue mercredi, à la faveur de la signature d’un accord avec le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) prévoyant la protection et la démobilisation des enfants enrôlés dans l’armée nationale tchadienne (ANT).

«Le gouvernement s’est engagé à oeuvrer pour le bien-être des enfants. Dans cette logique, nous avons signé cet accord pour matérialiser notre bonne volonté (…) et libérer ces enfants des conflits armés», a déclaré à l’AFP le secrétaire d’État tchadien aux Relations extérieures, Moussa Djida Outman.

«Il y a quelques jours, des actions concrètes ont été posées en démobilisant plus de 300 enfants de l’armée nationale», a poursuivi M. Djida.

Ces enfants fréquentaient le centre de formation militaire de Mongo, dans le centre du pays. En l’inspectant la semaine dernière, une mission conjointe de l’Unicef et du gouvernement a recensé 400 enfants. «Une centaine» n’avait pas plus de 8 à 12 ans, selon un officier tchadien.

Depuis plusieurs mois, des ONG comme Human Rights Watch faisaient état de la présence d’enfants en tenues militaires et armés dans l’est du Tchad, aussi bien dans les rangs de l’armée gouvernementale que dans ceux des rebelles, tchadiens ou soudanais, et des milices locales.

La presse indépendante tchadienne a elle aussi dénoncé, photos à l’appui, le recrutement forcé de mineurs au sein de l’ANT. En octobre 2006, l’un de ces articles a valu quatre jours de garde à vue à un journaliste de l’hebdomadaire Notre Temps et suscité une riposte cinglante du ministre de la Défense, le général Bichara Issa Djadallah, contre ceux qui «salissent l’armée» sans preuve.

Jusqu’à la convention signée mercredi avec l’Unicef, les autorités avaient catégoriquement nié la présence de mineurs dans leurs troupes.

Le 17 janvier, le ministre des Affaires étrangères Ahmat Allami avait même demandé à l’agence onusienne de ne pas «prolonger la propagande menée sur la question par les milieux hostiles au gouvernement tchadien».

Mais, sous la pression, les autorités de N’Djamena ont finalement revu leur position. «Le gouvernement tchadien a dû changer de position car il lui était de plus en plus difficile de nier l’évidence», explique un diplomate.

«Le ministre français de la Défense Michèle Alliot-Marie avait écrit l’automne dernier une lettre à ce sujet au président (Idriss) Deby», poursuit ce diplomate. «Elle avait même menacé de retirer la base française» du Tchad.

«Le Tchad a officiellement reconnu il y a quelques mois la Cour pénale internationale (CPI), qui considère le recrutement d’enfants soldats comme un crime de guerre», précise un militant des droits de l’Homme. «Il était obligé de montrer de la bonne volonté sur ce dossier».

Malgré le pas en avant des autorités de N’Djamena, la question des enfants soldats est toutefois loin d’être réglée au Tchad. D’abord parce qu’ils sont dispersés aussi bien dans l’armée que dans la rébellion et les milices et qu’il n’en existe aucun recensement précis.

Mais aussi et surtout «à cause des efforts qui seront nécessaires pour leur faire regagner leur communauté», estime le représentant de l’Unicef au Tchad, Stephen Adkisson. «Cela va constituer un gros problème».

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