Émission Amandla du 16 mai 2007/ Amandla show from May 16th 2007

L’émission Amandla du 16 mai dernier a abordé un seul thème qui concerne un événement qui touche tous les membres de l’équipes (et de ce blog aussi). Il s’agit de menaces de mort visant un des collaborateurs à l’émission.

Amandla est une émission de CKUT 90.3FM (Montréal). Vous pouvez la télécharger ici (lien valide pour deux mois seulement).

Voici un communiqué touchant l’événement et qui a été lu en onde:

UN DÉFENSEUR MONTRÉALAIS DES DROITS DE LA PERSONNE

A REÇU DES MENACES DE MORT

Montréal, le 16 mai 2007 – Le coordinateur de la victorieuse campagne Justice pour Sankara a reçu 4 menaces de mort au cours des 6 derniers mois. La plus récente – reçue par téléphone à son domicile la semaine dernière – a retenu l’attention de collègues activistes et de la communauté plus large, et a incité une enquête de la police et de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC).

Aziz Fall est le coordinateur d’une campagne visant à exercer une pression sur le Gouvernement du Burkina Faso pour que celui-ci enquête sur l’assassinat de son ancien président, Thomas Sankara, qui a dirigé la nation ouest-africaine de 1984 à 1987. Reconnue de part le monde ainsi qu’à travers l’Afrique comme le partisan d’un changement profond et audacieux au Burkina Faso, la présidence brève mais remarquablement efficace de Sankara s’est terminée soudainement par une balle assassine le 15 octobre 1987. Une douzaine de membres de son Gouvernement ont été tués à ses côtés.

Leur mort a donné lieu à un tollé international, mais n’a jamais fait l’objet d’enquêtes. La veuve de Sankara, Mariam Sankara et ses deux fils n’ont jamais abandonné leur appel auprès de la communauté internationale afin que des mesures soient prises pour amener ses assassins devant la justice. Il y a dix ans, le Groupe de Recherche et Initiative pour la libération de l’Afrique (GRILA) a répondu à cet appel en créant une équipe internationale, composée de 22 avocats sous la coordination de M. Fall , chargée d’assembler un dossier pour une enquête complète sur le meurtre. La recherche juridique finale ainsi que la rédaction ont été menées par des avocats du Québec.

Le Gouvernement actuel du Burkina Faso, sous la présidence de Blaise Compaoré, ainsi qu’un système judiciaire hautement compromis, ont bloqué tous les efforts de la Campagne visant à amener l’affaire en Cour. Après avoir épuisé tous les recours légaux nationaux possibles, la Campagne a introduit le dossier devant le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies.

Il y a tout juste un peu plus d’un an, le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies a décidé en faveur de la Campagne Internationale Justice pour Sankara, et a demandé au Gouvernement du Burkina Faso d’agir pour que la lumière soit faites sur les circonstances de la mort de Sankara

(voir :<http://www.unhchr.ch/tbs/doc.nsf/385c2add1632f4a8c12565a9004dc311/bb2b61607233d7a1c125716100503f93?OpenDocument&Highlight=0,CCPR%2FC%2F86%2FD%2F1159%2F2003>).

Tout en devant répondre aux questions des Nations Unies sur la mort de Sankara, le Gouvernement du Burkina Faso a également réagi promptement pour museler ses détracteurs. Pendant des années il a recouru à plusieurs reprises au harcèlement, à l’intimidation, à l’emprisonnement, à la disparition et au meurtre pour maintenir dans le silence les opposants au Gouvernement.

Le 28 avril dernier Sama K, un animateur de radio très connu et populaire au Burkina Faso a reçu des menaces de mort pour sa célébration de l’héritage de Sankara, à la veille de la décision finale des Nations Unies et du 20e anniversaire de la mort du leader (voir <http://www.thomassankara.net/article.php3?id_article=0318>). Il devrait être noté que tant Aziz Fall que Sama K sont sur la liste des personnes invitées à assister aux évènements internationaux commémorant le 20e anniversaire cet automne.

En décembre 2006, M. Fall a reçu la première de trois lettres lui ordonnant de cesser ses activités ; il en a ensuite reçu deux autres en janvier et mars. Plus sinistrement, mardi 8 mai 2007, M. Fall – père de trois enfants – a reçu un appel téléphonique le visant lui ainsi que sa famille. Quelqu’un a également essayé de rentrer chez lui par effraction.

La police de Montréal et la GRC ont ouvert une enquête sur l’affaire. Cependant, M. Fall et sa famille attendent toujours une réponse claire des autorités fédérales et provinciales sur qui prendra la responsabilité de leur protection ainsi que de l’enquête. Espérons que les vies de ces citoyens canadiens -indépendamment de leur couleur ou de leur origine nationale- recevront la protection entière qu’il leur est dûe dans ce pays.

Faire taire les défenseurs des droits de la personne par le biais de l’intimidation ne peut être toléré. Toutes les ressources nécessaires doivent être mobilisées pour assurer que les Fall soient protégés et que le coupable soit arrêté.

 

There was only one subject addressed in the May 16th Amandla radio show on CKUT 90.3 FM (Montreal). You can download the show here (link valid for two months only).

It is related to an event that affects all the members of the radio show as well as this blog. This events is a series of death threats aimed at one of the collaborator of the Amandla show.

 

Here is a statement commenting this event that was read on the air:

 

MONTREAL HUMAN RIGHTS ACTIVIST

RECEIVES DEATH THREATS

Montréal, May 16, 2007 – The Coordinator of the highly successful International Justice for Sankara Campaign has received 4 death threats in the last 6 months. The most recent one—phoned in to his home last week—has grabbed the attention of fellow activists and the wider community, and has prompted police action.

Aziz Fall is the coordinator of a campaign to pressure the government of Burkina Faso to investigate the assassination of its former president, Thomas Sankara, who ruled the West African nation from 1984 to 1987. Heralded around the world as a proponent of daring and profound change in Burkina Faso, and across Africa, Sankara’s brief but remarkably effective presidency was brought to an abrupt end by an assassin’s bullet on October 15, 1987. A dozen members of his government were killed by his side.

Their deaths prompted an international outcry, but were never investigated. Sankara’s widow, Mariam Sankara, and his two sons never abandoned their call to the international community to take action to bring his assassins to justice. Ten years ago, the Group for Research and Initiative for the Liberation of Africa (GRILA) answered that call by creating an international team of 22 lawyers to put together a case for a full investigation of the murder. Much of the legal research and drafting were spearheaded by Québec lawyers, under Mr. Fall’s coordination.

The current government of Burkina Faso, under the presidency of Blaise Compaoré, along with a highly compromised judicial system, blocked all efforts by the Campaign to bring the case to court. After exhausting all possible legal recourse within the country, the Campaign brought the case before United Nations Human Rights Committee.

Just over one year ago, the UN Human Rights Committee ruled in favour of the International Justice for Sankara Campaign, and demanded that the government of Burkina Faso take action to shed light on the circumstances of Sankara’s death.

(See http://www.unhchr.ch/tbs/doc.nsf/0/8d3fe6b44a5f39bdc1257172005150ec?OpenDocument)

While the government of Burkina Faso has been required to respond to UN queries about Sankara’s death, it has also moved swiftly to muzzle its critics through intimidation.

On April 28, 2007, Sama K, a well-known and popular radio host in Burkina Faso, received death threats for his celebration of Sankara’s legacy, on the eve of the UN’s final decision and of the 20th anniversary of the leader’s death. (See http://www.thomassankara.net/article.php3?id_article=0318.) It should be noted that both Aziz Fall and Sama K are on the guest list to attend international 20th anniversary proceedings.

In December 2006, Mr. Fall received the first of three letters (the others were received in January and March 2007), ordering him to cease his activities. More ominously, on Tuesday, May 8th, 2007, Mr. Fall—a father of three—received a phone call targeting both him and his family. Someone has also attempted to force entry into his home.

Montréal police and the RCMP have been apprised of the situation. However, Mr. Fall and his family are still awaiting a clear answer from federal and provincial authorities as to who will take responsibility for their protection and the investigation. Hopefully the lives of these Canadian citizens—regardless of their colour or national origin—will receive the full protection that is their due in this country.

Silencing human rights activists by intimidation cannot be tolerated. All necessary resources must be mobilized to ensure that the Falls are protected and that the culprit is caught.

 

 

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