Bénin: l’ascension de Boni Yayi/ Benin: The rise of Boni Yayi

Il semble que Boni Yayi connaissait les rouages de la politique béninoise pour accéder à la présidence. On peut se rappeler qu’il a gagné ses élections au deuxième tour avec 75% des voix le 19 mars 2006. Deux semaines plus tôt, au premier tour, il avait engranger 32% des votes:Yayi Boni

L’éclatant succès de l’ancien président (1994-2006) de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a traduit le rejet d’un pouvoir et d’une classe politique largement discrédités, ainsi qu’un fort désir de changement. Porté par une image d’intégrité, de compétence économique et de virginité politique, Boni Yayi a suscité autour de sa personne un engouement grandissant avant même le scrutin. Après le premier tour qu’il a dominé avec 35 % des suffrages, il a bénéficié du soutien des candidats éliminés. Son adversaire au second tour, l’ancien président de l’Assemblée nationale Adrien Houngbédji, n’a pu ainsi améliorer son score initial. (Cédric Mayrargue, État du monde 2007).

Selon Grioo.com, l’accession de Yayi Boni au pouvoir n’est peut-être pas une si grande surprise que ça:

Le journaliste béninois, Edouard Loko, vient de publier aux Editions Tundé à Cotonou, “L’Intrus qui connaissait la maison”, un essai politique qui retrace l’itinéraire suivi par Boni Yayi, l’ancien président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) pour parvenir en mars 2006 à la magistrature suprême du Bénin.

L’ouvrage révèle les tractations et différentes stratégies mises en oeuvres par les premiers “apôtres” pour faire connaître et imposer l’image de Boni Yayi.

Le livre révèle également les relations de Boni Yayi avec les quatre principaux leaders politiques du Bénin à savoir ses prédécesseurs à la présidence de la République, Mathieu Kérékou et Nicéphore Soglo ainsi que ses deux autres challengers à la magistrature suprême, Adrien Houngbédji et Bruno Amoussou, arrivés respectivement 2ème et 3ème au premier tour de l’élection présidentielle du 05 mars 2006.

Les deux premiers étant constitutionnellement hors de la course présidentielle, rien apparemment n’aurait justifié leur adversité contre la candidature de Boni Yayi.

Ses relations avec Bruno Amoussou et avec Adrien Houngbédji furent empreintes de méfiance, selon l’auteur.

La conquête des producteurs de coton (poids lourd de l’électorat du Septentrion), ses relations avec les opérateurs économiques du Sud, les milieux évangéliques, les sages, la Société civile, la presse, sont entre autres relations révélées par l’auteur comme ayant permis à cet intrus de faire d’un coup d’essai un coup de maître.

Pour l’auteur, loin d’être un ouvrage pour faire l’éloge de l’actuel chef de l’Etat béninois, “L’intrus qui connaissait la Maison” vise à révéler ce qui s’est réellement passé dans la marche de Boni Yayi pour la conquête du pouvoir.

Il permet de se rendre compte que ce technocrate avéré est bien au parfum des réalités politiques de son pays et que sa victoire n’est pas le fait d’une génération spontanée.

It seems Yayi Boni, the President of Benin, knew how politics worked in his country in order to be elected. He won his elections on March 19th 2006 with 75% of the votes. Grioo.com (link in french) presents Edouard Loko, a writer how explains how Yayi Boni managed to have his name “well known” within the political world of Benin and ease his access to the presidency.