Le Nigéria poursuit Pfizer pour 7 milliards de dollars/ Nigeria sues Pfizer for 7 billion dollars

Connaissez-le film “La constance du jardinier“? Il relate une histoire où une entreprise pharmaceutique étrangère effectue des tests illégaux sur des populations africaines. La réalité n’est pas aussi éloignée de la fiction puisque l’histoire de ce film est inspirée d’un fait réel. Celui des tests de l’entreprise Pfizer au Nigéria, pendant les années 1990 qui auraient fait des dizaines de victimes.

Selon Wikipédia:

Un rapport daté de 2001 a été rédigé par des experts du ministère fédéral de la santé du Nigeria. Il s’agit de cent pages intitulées “Commission d’enquête sur les essais cliniques de Trovan par le leader pharmaceutique mondial Pfizer à Kano en 1996”. La commission d’enquête nigériane n’aurait jamais été formée si le Washington Post n’avait, en décembre 2000, publié une enquête approfondie sur les essais cliniques que les laboratoires pharmaceutiques mènent dans les pays en développement.

[…]

Les rapporteurs établissent que Pfizer n’a jamais obtenu d’autorisation formelle des autorités de santé du Nigeria d’administrer le Trovan. Le rapport conclut que Pfizer a mené un “essai clinique illégal d’une molécule non encore homologuée”, et que cette opération, qui viole la loi du Nigeria, la Déclaration d’Helsinki sur l’éthique des essais cliniques et la Convention internationale des droits de l’enfant, “est un exemple parfait d’exploitation de l’ignorance”.

En 2001, à l’issue de cette enquête journalistique, trente familles nigérianes avaient porté plainte devant un tribunal new-yorkais contre l’utilisation de leurs enfants. Mais leurs avocats avaient toujours échoué à obtenir le rapport de la commission d’enquête.

Cinq ans durant, le rapport Nigérian est resté dans les tiroirs de l’administration locale. Il a été subtilisé et confié, début mai 2007, au Washington Post sous anonymat. Le Washington Post en fera état le 7 mai 2007.

  • Note: La trovafloxacine (Trovan®) est un antibiotique de type fluoroquinolone de quatrième génération commercialisé par Pfizer et qui est au centre de cette controverse.

Un mois plus tard, le journal La Presse de Montréal, annonce que le gouvernement du Nigéria agit contre Pfizer. La Presse de Montréal:

Le gouvernement nigérian a porté plainte contre le laboratoire américain Pfizer et lui demande de verser 7 milliards de dollars (5,2 mds euros) de dommages et intérêts. Abuja accuse le premier groupe pharmaceutique mondial d’avoir testé un médicament qui a tué ou laissé handicapé des enfants en 1996, selon des documents judiciaires.

La plainte au civil déposée dans la capitale est distincte des poursuites judiciaires lancées par un État du nord du Nigeria, qui demande dans une plainte déposée à Kano le paiement de 2 milliards de dollars (1,5 md) de dommages et intirjts pour des faits ressortant de la même étude médicale réalisée au milieu des années 1990.

Pfizer a rejeté les accusations portées contre lui à Kano, qui sont similaires à celles émanant de la plainte d’Abuja.

Dans la plainte déposée à Kano, les autorités affirment que Pfizer a mené une expérience illégale sur 200 enfants lors d’une épidémie de méningite survenue dans la principale ville de l’État, Kano, en 1996. Cette expérience se serait soldée par la mort de jusqu’à onze enfants et aurait provoqué des dommages cérébraux, paralysies et affections du langage chez d’autres.

Pfizer aurait administré à 100 de ces enfants un nouvel antibiotique, le Trovan. Il aurait donné aux autres enfants de faibles doses d’un médicament équivalent produit par Hoffmann-La Roche.

Cette procédure a provoqué la mort de 11 enfants alors que d’autres souffrent de handicaps (surdité, paralysie, atteinte au cerveau), selon les autorités nigérianes.

Pfizer a toujours affirmé que ces décès n’étaient pas liés au Trovan ni à un autre médicament administré à une dose inappropriée. Ce procès et une autre action connexe intentée contre Pfizer ont été reportés lundi, les avocats de la partie civile ne s’étant pas présentés devant le tribunal chargé de statuer sur le dossier.

Un tribunal fédéral de Manhattan a rejeté en 2001 une poursuite entamée contre Pfizer par des Nigérians handicapés qui disaient avoir participé à l’étude, mais les plaignants ont fait appel.

Les autorités de l’État de Kano imputent à l’affaire Pfizer la méfiance d’une bonne partie de l’opinion publique à l’encontre des programmes de santé du gouvernement, et particulièrement la campagne de vaccination des enfants contre la polio, qui rencontre une forte résistance dans le nord du pays.

Les dirigeants musulmans de l’État de Kano à grande majorité musulmane ont présenté l’affaire Pfizer comme la preuve d’une conspiration menée par les États-Unis. Des rumeurs selon lesquelles le vaccin contre la polio sert à inoculer le virus du SIDÀ ou rendre infertile accompagnent le boycott de la campagne publique dans le Kano et un autre État à majorité musulmane, celui de Zamfara.

Les programmes de vaccination ont repris au Nigeria en 2004 après un boycott de 11 mois mais l’éradication de la polio en a été retardée et une épidémie a gagné toute l’Afrique et le Moyen-Orient.

Pfizer s’est toujours défendu de causer la mort en effectuant des test illégaux. Pour l’entreprise:

Au moment de l’épidémie – la plus importante de l’histoire du pays selon lesPfizer représentants du domaine de la santé -, Pfizer croyait que Trovan constituerait un traitement contre la méningococcie qui permettrait de sauver des vies chez les dizaines de milliers de Nigérians qui étaient touchés par la maladie. Le but de l’étude était simple : trouver un traitement efficace contre une maladie qui avait des effets dévastateurs chez les Africains du sud du Sahara. [provenant du site canadien de la compagnie].

Il demeure que la Food and Drug Administration américaine a émis de sérieuses mises en garde quant à l’utilisation du médicament trois ans après que les tests au Nigéria aient été fait comme le déclare son site internet (en anglais). La FDA demande aux médecins de sérieusement jauger les risques de l’utilisation de ce médicament et de l’administrer seulement en cas extrême de besoin. En effet, ses effets secondaires peuvent sérieusement affecter le foie. On peut s’interroger sur les conditions d’administration du Trovan à des enfants pendant une période de tests où un contrôle équivalent à celui de la FDA était absent. (Même CNN en a parlé).

Une autre question qu’on peut se poser. Pourquoi a-t-il fallu que le rapport de la Commission soit subtilisé et dévoilé par le Wahington Post pour que le gouvernement du Nigéria lance sa poursuite contre Pfizer? N’est-ce pas ce même gouvernement qui a initié l’enquête initiale?

Do you know the movie “The constant gardener“? It is about a foreign pharmaceutical company doing illegal tests on an African population causing deaths. Reality isn’t really far from fiction since the movie drew its content from a story involving the tests done by Pfizer in Nigeria during the nineties.

Right now, Nigeria sues Pfizer for the tests it did:

ABUJA, Nigeria (AP) – The Nigerian government filed a lawsuit Monday against Pfizer Inc., asking for US$7 billion in damages over allegations the pharmaceutical giant conducted a drug experiment that led to deaths and disabilities among children more than a decade ago, court papers showed.

The civil case filed in the capital, Abuja,
is separate from a legal challenge launched in the northern state of Kano that seeks US$2 billion from Pfizer, although all the cases stem from the same mid-1990s drug study.

Pfizer has denied the charges in the Kano case, which are substantively similar to those in the Abuja-based suit.

In the civil suit filed in Kano, authorities allege Pfizer illegally conducted a drug experiment on 200 children during a meningitis epidemic in the state’s main city, also called Kano, in 1996, resulting in deaths, brain damage, paralysis and slurred speech in many of the children.

Pfizer treated 100 meningitis-infected children with an experimental antibiotic, Trovan. Another 100 children, who were control patients in the study, received an approved antibiotic, ceftriaxone _ but the dose was lower than recommended, the families’ lawyers alleged.

Up to 11 children in the study died, while others suffered physical disabilities and brain damage. But Pfizer always insisted its records show none of the deaths was linked to Trovan or substandard treatment. That civil suit is asking the judge to award Kano state US$2 billion. Both that case and a related criminal action against Pfizer officers were both postponed Monday after the plaintiff’s counsel failed to show up for the initial court hearing.

The judge hearing the case said criminal proceedings lodged against company officers would now begin July 4, while a related civil case seeking the monetary damages was to begin July 9.

State and company officials were not immediately available for comment. Nigeria’s government is in disarray after the May 29 inauguration of new governors, state assemblies and elected federal officers, including a new president.

In the Abuja civil case, the government is asking for US$500 million for treatment, compensation and support for the victims of the drug test and their families. Another US$450 million is earmarked for damages related to money spent to overcome societal misgivings related to the test, and US$1 billion is sought to pay for health programs. The federal government is also seeking US$5 billion as general damages.

New York-based Pfizer, the world’s largest drug maker, has denied any wrongdoing. A federal court in Manhattan dismissed a 2001 lawsuit by disabled Nigerians who allegedly took part in the study, but the case is under appeal.

Authorities in Kano state are blaming the Pfizer controversy for widespread suspicion of government public health policies, particularly the global effort to vaccinate children against polio, which has met strong resistance in northern Nigeria.

Islamic leaders in largely Muslim Kano had seized on the Pfizer controversy as evidence of a U.S.-led conspiracy. Rumors that polio vaccines spread AIDS or infertility spurred Kano and another heavily Muslim state, Zamfara, to boycott a long-term campaign to vaccinate millions.

Vaccination programs restarted in Nigeria in 2004, after an 11-month boycott. But the delay set back global eradication _ the boycott was blamed for causing an outbreak that spread the disease across Africa and into the Middle East.

The american Food and Drug Administration gave a warning about the drug three years after the test where done in Nigeria:

[The FDA] advised doctors to limit the prescription of Trovan after it had been found “strongly associated” with 14 cases of acute liver failure and six deaths. The FDA had received over 100 reports of liver problems in people taking Trovan, which was at that time being prescribed at a rate of 300,000 patients per month in the United States. Two days later the Committee for Proprietary Medicinal Products recommended to the European Commission that marketing approval of Trovan be suspended for a year.[From Wikipedia. You can also read a warning on the FDA’s website, even CNN also talked about it].

Now, we can wonder what were the conditions of Trovan tests performed on children when no controls from an agency such as the FDA were present…

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