Battue dans le métro et agonie à l’hôpital/ Beaten in the subway and agonizing in the hospital

Une histoire incroyable est relatée par La Presse de Montréal. L’événement se passe dans un hôpital de Los Angeles. Une personnes est malade dans la salle d’attente, on appelle le 911, mais personne dans l’hôpital, ni les employés du 911, ne réagissent.

Cela rappelle étrangement un événement qui s’est produit dans le métro de Montréal où un homme a battu sa femme sous les yeux des agents de sécurité qui n’ont rien fait! Pourquoi? Parce que la journée où cette agression s’est produite était celle ou la police de Montréal devait prendre en charge la sécurité du métro à la place du service de sécurité du métro. Ce blogue en parle.

Les problèmes de l’individualisme mais surtout du syndrome de “ce-n’est-pas-ma-juridiction” de la part des services publics doivent être posés.

La Presse:

L’appel fait au 911 est arrivé peu avant 2h du matin. L’enregistrement n’est pas de la meilleure qualité, mais la conversation est claire.

«Ma femme est par terre en train de mourir et les infirmières l’ignorent!» dit un homme, pris de panique.

Après avoir compris que le couple se trouve dans un hôpital, le préposé du 911 lui répond de contacter un docteur ou une infirmière.

«Je ne peux pas envoyer les ambulanciers pour la chercher. Votre femme est déjà à l’hôpital», dit le préposé.

Au bout d’un moment, l’homme raccroche.

Huit minutes plus tard, une femme non identifiée appelle au 911.

«Il y a une femme qui gémit par terre, les infirmières ne font rien.»

«Madame, vous devez contacter la direction de l’hôpital si vous avez une plainte. Le 911 est réservé aux appels d’urgence.»

«Non, vous ne comprenez pas. C’est une urgence.»

«Non, madame, ce n’est pas une urgence.»

«Oui, c’est une urgence.»

«Non, ce n’est pas une urgence.»

«Que dieu vous condamne pour avoir agi comme vous venez d’agir», dit la femme, avant de raccrocher.

«Non, négatif madame. C’est à vous que ça devrait arriver», lui répond le préposé du 911.

Edith Isabel Rodriguez, 43 ans, est morte 30 minutes plus tard, seule, sur le plancher de la salle d’attente du Martin Luther King Jr.-Harbor Hospital, à Los Angeles. Elle laisse dans le deuil trois enfants, un mari estomaqué, et des millions de concitoyens incrédules, qui se demandent aujourd’hui comment pareille absurdité a pu se produire en 2007, en plein coeur d’une métropole américaine.

Edith Isabel Rodriguez a visité l’hôpital plusieurs fois durant les jours précédant sa mort, dans la nuit du 9 mai.

À chaque visite, elle se plaignait de maux de ventre difficiles à supporter. Le 8 mai, un médecin a diagnostiqué des pierres aux reins, lui prescrivant des antidouleurs et du repos. Elle était rentrée à la maison, mais la douleur est devenue si insupportable que Mme Rodriguez est retournée aux urgences en pleine nuit. Elle s’est effondrée devant l’entrée de l’hôpital.

Ce sont des policiers qui l’ont trouvée là. Ils l’ont assise dans un fauteuil roulant et l’ont amenée à l’intérieur. Selon le rapport des policiers, une infirmière a dit à la patiente: «Vous avez déjà été vue par un médecin. Il n’y a rien d’autre que l’on puisse faire pour vous.»

Dans l’esprit du personnel ce soir-là, Mme Rodriguez était une patiente qui se plaint pour rien. Elle est donc restée dans son fauteuil roulant, ignorée de tous. Au bout de 15 minutes, elle s’est couchée par terre en position foetale, hurlant de douleur, et s’est mise à vomir du sang.

Une caméra de surveillance a filmé Mme Rodriguez au sol. La vidéo montre un concierge en train de passer la serpillière autour d’elle, nettoyant le plancher avant de quitter la salle.

Son conjoint, Jose Prado, est arrivé et l’a vue par terre. Il a tenté d’aller chercher une infirmière et d’alerter le 911. Sans succès.

Edith Isabel Rodriguez est morte quelques minutes plus tard. Une autopsie a révélé qu’elle avait succombé à une perforation de l’intestin. Elle avait passé 45 minutes par terre sans que personne n’intervienne.

Enquête du L.A.Times

Situé dans le quartier Watts, Martin Luther King Jr.-Harbor Hospital est surtout fréquenté par des Noirs et les latinos. Les rues du secteur ne sont pas sûres, de jour comme de soir. D’innombrables patients arrivent avec des blessures de balles, résultats des fusillades entre gangs, qui sont monnaie courante dans le secteur.

La mort de Mme Rodriguez a péniblement rappelé aux résidants de Los Angeles à quel point leur ville est divisée par des frontières raciales et socio-économiques. Un tel drame n’aurait pu se produire dans un quartier habité par des riches, ou par des gens de la classe moyenne.

«Je suis estomaqué, a dit le superviseur du comté, Zev Yaroslavsky, en conférence de presse. La vidéo montre que personne n’a fait son travail correctement. Cette femme était vraisemblablement en douleur. Pourquoi personne n’a rien fait? C’est scandaleux.»

C’est une enquête du Los Angeles Times qui a permis de rendre publics les détails de l’histoire et les bandes sonores du 911 la semaine dernière. Depuis, l’infirmière responsable du triage qui était de garde ce soir-là a donné sa démission. Le directeur de l’établissement a été «réassigné à d’autres tâches», selon un communiqué émis par l’hôpital.

Le frère de la victime, Eddie Sanchez, est encore sous le choc. «C’est incroyable de faire ça à quelqu’un. C’est inhumain» a-t-il dit à La Presse.

M. Sanchez s’est rendu devant le Martin Luther King Jr.-Harbor Hospital lundi pour donner des entrevues aux médias. Selon lui, le centre hospitalier a perdu toute crédibilité dans cette affaire. «Ils ont traité ma soeur comme une moins que rien. On ne laisse pas les gens se tordre de douleur par terre comme ça. Il va falloir qu’il y ait des changements dans cet hôpital.»

Pour Najee Ali, organisateur communautaire dans le quartier Watts, l’hôpital devrait être fermé temporairement, le temps d’entraîner le personnel et de changer d’administration. «Quand on voit un degré d’incompétence pareil, c’est la seule chose qui puisse être faite pour regagner la confiance des gens.»

La direction de l’hôpital, qui n’accorde pas d’entrevues aux médias, a 30 jours pour faire des changements, sans quoi les fonds fédéraux seront suprimés et l’établissement devra fermer ses portes.

La Presse de Montral picks up the story of the L.A. Times about a lady who died in a hospital waiting room where nobody helped her. The 911 service was called but nobody helped there either. It bears a ressemblanc with what happened in the Montreal metro recently where a man beat his wife under the eyes of the metro security who did nothing. That’s what happens when jurisdiction problems becomes more important than saving and helping persons in distress (the metro security was supposed to be replaced by the city police that day). See the story on CBC:

Montreal subway security guards had no choice but to stand by and watch a woman being beaten up by her partner at a downtown station because police now oversee the transit system, says the president of the guards’ union.

The incident occurred at the Berri-UQAM metro stop on Monday, the same day Montreal police announced they were taking over patrolling the public system.

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