Grève générale au Nigéria/ General strike in Nigeria

Selon La Presse de Montréal:

Les deux grandes centrales syndicales du Nigeria ont reconduit à vendredi, pour la troisième journée, la grève générale qui a déjà paralysé le pays jeudi et ont menacé de durcir le mouvement pour contraindre le gouvernement à annuler une hausse du prix de l’essence.

Le Nigeria Labour Congress (NLC, ouvriers) et le Trade Union Congress (TUC, cadres) ont annoncé que la grève se poursuivait vendredi «d’une manière pacifique» et que «tous les bureaux, stations-service, écoles, entreprises devraient rester fermés».

Les deux organisations ont averti, dans leur communiqué commun, que des «services sensibles tels que l’eau et l’électricité pourraient être totalement interrompus».

Face au refus du président Umaru Yar’adua de revenir sur l’augmentation de 15% du prix de l’essence décidée par son prédécesseur, le NLC et le TUC avaient déclenché le mouvement mercredi.

Immédiatement après l’annonce de la reconduction, l’AFP a pu constater que des discussions avaient lieu entre le gouvernement et les centrales syndicales.

Pour l’instant l’industrie pétrolière, vitale pour le Nigeria, 6ème exportateur mondial de brut, ne semblait pas trop touchée par la grève.

Mais le mouvement, qui commence à toucher l’économie, pourrait se durcir car les syndicats ont demandé à leurs membres de constituer des équipes de surveillance dans tout le territoire pour faire respecter la grève et paralyser l’ensemble du pays.

Jeudi, la police a dispersé avec des gaz lacrymogènes des manifestants rassemblés autour d’une barricade dans un quartier nord de Lagos. Des barrages ont été érigés dans d’autres secteurs de la capitale économique du pays.

«Nous érigeons des barricades dans la rue pour renforcer le suivi de la grève», a expliqué Idris Aloma du Syndicat national des transporteurs routiers, ajoutant que les barricades seraient généralisées sur les principaux carrefours de la mégapole.

De source proche de la présidence, le gouvernement n’était pas prêt jeudi à lâcher du lest sur les prix de l’essence, à l’issue d’une réunion à huis clos.

Côte gouvernemental, on juge en effet la grève «politique» et l’on estime qu’il est irresponsable de paralyser un pays entier… pour 5 naira.

Le 28 mai, dernier jour de sa présidence, Olusegun Obasanjo avait fait passer le litre à la pompe de 65 à 75 naira (1 USD = 128 naira).

Aux dernières heures de l’ultimatum, le représentant du président Yar’Adua avait proposé de réduire de moitié cette augmentation et de ramener le prix du litre à 70 naira.

Pour faire céder les syndicats, il avait mis sur la table une série de mesures: annulation d’un doublement de la TVA, entrée en vigueur fin mai, et augmentation générale des salaires de 15%, avec effet rétroactif jusqu’au 1er janvier. Cette dernière mesure avait été décidée par la précédente administration mais jamais appliquée.

Mais les deux centrales se sont bloquées sur le prix de l’essence et ont maintenu la grève.
Le spectacle était le même jeudi dans tout le pays: dès l’aube, des centaines de voitures de motos-taxi bardées de bidons de plastique vides devant des stations-service fermées ou ne servant qu’au compte-goutte.

La majorité ne sont pas approvisionnées. Au marché noir, le prix du carburant a atteint des prix trois à quatre fois supérieurs à la normale.

Le grand port de Lagos, Apapa, a fonctionné au ralenti, a indiqué un opérateur selon qui les employés de la Nigerian Port Authority sont en grève, de même que les agents des douanes.
À l’aéroport Murtala Mohamed de Lagos, les vols internationaux en partance n’ont pu programmer de trajets directs, car contraints de faire une escale pour faire le plein de kérosène.

Les banques, écoles et commerces étaient fermés dans de nombreuses régions du pays, même si la grève était moins suivie dans certaines villes du Nord.

Cependant à ce stade, aucune des grandes compagnies pétrolières n’a fait état de perturbations à la production ou à l’exportation. «Il n’y a aucun effet que je puisse confirmer», a dit un porte-parole de Royal Dutch Shell, Precious Okolobo.

A general strike paralyses Nigeria. See the news on the BBC and also there.

Advertisements