Une dissertation qui ne passe pas au Mali/ An essay that’s a no-go in Mali

(link in french/ lien en français)

A teacher in Bamako, Mali decided to give his students a subject for an essay they had to write. It quickly became controversial and cost him two months in prison because it was about the relation between a young prostitute and an anonymous President of an African Republic. It seems the President of Mali didn’t like it, when an essay from one of the students was published in the local newspaper.  See it in Courrier International (in french).

Voici la situation d’un professeur dans un lycée de Bamako qui ne s’attendait pas à ce que son sujet de dissertation lui vaut la prison:

Courrier International:

En donnant comme thème de composition française un sujet sur la maîtresse d’un président imaginaire, Bassirou Kassim Minta, enseignant au lycée Nanaïssa Santara de Bamako, était sûrement loin de s’imaginer qu’il déclencherait une véritable affaire d’Etat. Et pourtant. Depuis la semaine dernière, en plus de l’enseignant, cinq journalistes ont été emprisonnés à cause de ce sujet. Les marches de protestation des différents syndicats et organisations internationaux de défense des journalistes, dont Reporters sans frontières, n’y ont rien changé.

Lundi 25 juin, la semaine a commencé par une journée de grève générale de la presse malienne, qui estime que la situation est intolérable. Aucun titre n’était donc présent dans les kiosques, à l’exception du quotidien gouvernemental L’Essor, dont l’ancien directeur est le ministre de la Communication du Mali.

Tout commence au début de ce mois de juin. Le journaliste malien Seydina Oumar Diarra, du quotidien Info Matin, publie un article intitulé “La maîtresse du président de la République”. Cet écrit est inspiré d’un texte de fiction proposé à ses élèves par un professeur de français : il leur était demandé de “de résumer puis de commenter un texte qui parle d’une étudiante, prostituée économique [qui] se retrouve entre les griffes du président de la République jusqu’à ce que grossesse s’ensuive et se bat pour que l’enfant à naître soit reconnu”, relate le quotidien camerounais Le Messager.

Le Messager précise encore que, si la fille est désignée dans le texte sous le nom de “Dily”, le président de la République, lui, n’est jamais nommé, si ce n’est comme “Don Juan”. Mais il n’en faut pas plus pour que, le 14 juin, le journaliste et l’enseignant soient mis aux arrêts pour “offense au chef de l’Etat”, rapporte le journal sénégalais Sud Quotidien. Depuis, “la situation n’a cessé de s’aggraver”, indique-t-il. Des quotidiens maliens qui avaient repris le texte par solidarité ont vu leurs directeurs de publication arrêtés.

Plusieurs manifestations de protestation ont été organisées, en vain. Le pouvoir de Bamako fait la sourde oreille. Pourtant, cette affaire fait une mauvaise publicité au président malien Amadou Toumani Touré, “deux semaines après son investiture qui a succédé à une brillante réélection dès le premier tour”, estime le journal burkinabé Le Pays. A sa suite, Le Messager conclut que “l’affaire de ‘la maîtresse du président de la République’ fait craindre une amorce de recul de la démocratie au Mali, pays qui a pourtant souvent été cité en exemple en Afrique, dans ce domaine”.

Les journalistes et le professeur de français devaient être jugés ce 26 juin. Ils encourent des peines de six mois à cinq ans de prison, et/ou une amende de 50 000 à 600 000 francs CFA [76 à 900 euros].

Selon Mali.fr, Mr Minta a été condamné à deux mois de prison ferme.

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