L’esclavage devient un déli criminel en Mauritanie/ Slavery criminalized in Mauritania

According to Afrol News:

9 August – Mauritanian lawmakers yesterday outlawed slavery in the desert country. With effect, those found promoting slavery or practising the century old culture will face between five and 10 years in prison.

Ould MessaoudThe leader of the anti-slavery group, SOS-Esclaves, Boubacar Ould Messaoud [see picture and see an interview in french here], expressed satisfaction about the development, describing it as “a great victory for the democrats and the people of Mauritania.”

He also praised the government and president of Mauritania for ensuring that slavery is finally outlawed in the country, after years of struggles and appeals.

The culture was first abolished by a presidential decree in 1981. However, the decree is not supported by any criminal act, prompting human rights bodies to mount pressures on the Mauritanian government to criminalise the act.

Some anti-slave activists believe that over 500,000 slaves exist in Mauritania, enough reasons for offenders to carry harsh penalties.

For some activists, the passed law should have been more strict and emcompass forced marriage and debt labour.

Selon le Courrier International:

MAURITANIE • Une loi contre l’esclavage
Les députés mauritaniens ont approuvé, le 8 août 2007, une loi criminalisant l’esclavage. Les “maîtres” qui n’abandonneront pas cette tradition risquent désormais jusqu’à dix ans de prison. Le texte s’appuie notamment sur une condamnation de la pratique par l’islam. Pour le quotidien burkinabé Le Pays, “l’Assemblée nationale mauritanienne vient, incontestablement, d’écrire une page mémorable de l’histoire de ce pays” en adoptant cette loi contre l’esclavage.

Une pratique “dont certains avaient toujours nié l’existence malgré les dénonciations persistantes des organismes de défense des droits de l’homme”. Selon ces groupes de défense des droits de l’homme, des centaines de milliers de Mauritaniens vivent toujours en esclavage malgré son abolition officielle en 1981. Le pays espère que “cette loi sera appliquée dans toute sa plénitude, pour que soient à jamais proscrites des pratiques dégradantes et barbares qui ne font guère honneur à l’humanité”.

Pour le journal, les autorités mauritaniennes devraient accompagner cette loi d’une sensibilisation si elles veulent un aboutissement heureux de cette lutte contre un mal qui semble avoir la peau dure. Car, dans un contexte culturel où certains esclaves se complaisent dans leur situation et finissent par se convaincre que leur salut réside dans leur exploitation, il est certain qu’une simple loi ne peut venir à bout de pareilles pesanteurs.

Afrik. com aborde le sujet en demandant directement à un descendant d’esclave comment une loi criminalisant l’esclavage peut réellement contribuer à l’élimination d’un problème qui est tabou en Mauritanie. (Vous pouvez lire toute l’entrevue ici):

Afin de faciliter le changement des mentalités, les rédacteurs ont basé la condamnation de l’esclavage sur le respect de la charia. Boubacar Ould Messaoud, président de SOS-Esclaves Mauritanie [voir photo ci-haut], a activement participé au réaménagement de l’avant projet, qu’il jugeait insuffisant. Ce pionnier de la défense des droits de l’homme, lui-même descendant d’esclave, salue une grande victoire pour le peuple mauritanien et revient sur ce tabou. « Un problème que même les Français ont préféré ignorer du temps des colonies », précise t-il.

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