Le Sommet Afrique-Union Européenne de Lisbonne/ Lisbon’s European Union-Africa Summit

(In english and french; en anglais et français)

Voici une dépêche de l’AFP concernant le sommet de Lisbonne. Nous pouvons immédiatement dire que l’élément clef qui caratérise ce sommet, outre les rodomontades et remontrances concernant les respects des droits de l’homme en Afrique, est la volonté affichée de l’Europe de reprendre une position en Afrique qu’elle perd progressivement au profit de la Chine, l’Inde et les États-Unis…

Cela explique les négocations remises de l’avant dans le cadre de ce sommet, et qui sont décrites dans cette dépêche:

Agence France-Presse (tiré de Cyberpresse.ca)

Lisbonne

Européens et Africains ont adopté dimanche à Lisbonne les principes d’un partenariat «d’égal à égal», censé ouvrir une nouvelle page de leurs relations, au terme d’un sommet où l’Afrique a fait entendre ses exigences, parfois avec véhémence, sur cet avenir commun.Des désaccords ont été publiquement exprimés sur les négociations commerciales en cours entre les deux continents, sur le passif colonial, ou encore sur le Zimbabwe, dont le président Robert Mugabe s’est livré à une violente diatribe contre l’Union européenne qui l’avait critiqué la veille.

Le deuxième sommet UE-Afrique «a véritablement tourné une page dans l’histoire», a déclaré le premier ministre portugais José Socrates dans son discours de clôture. «C’est vrai que l’histoire de nos continents est une histoire avec des souffrances», a-t-il reconnu, mais «cette nouvelle page qui s’ouvre est une page vierge sur laquelle nous serons appelés à écrire».

Le président ghanéen John Kufuor, président en exercice de l’Union africaine, a également jugé qu’il s’agissait d’un «événement historique dans les relations UE-Afrique», tout en réclamant que le partenariat adopté soient «sérieusement mis à l’oeuvre».

La «stratégie conjointe», adoptée par 27 pays européens et 53 pays africains (52 de l’Union africaine et le Maroc) et résumée dans une Déclaration de Lisbonne, est accompagnée d’un plan d’action pour les trois prochaines années, avant un prochain sommet prévu en Afrique et que la Libye souhaite organiser.

Pour le président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré, ce «partenariat» a vocation à aider l’Afrique à sortir de son «rapport inégalitaire avec le reste du monde».

Alors que l’Europe reste le premier partenaire commercial de l’Afrique, elle subit de plein fouet la concurrence de puissances émergentes, la Chine en tête.

Près d’un demi-siècle après les indépendances, les relations entre l’Afrique et l’Europe sont bien plus complexes, voire sensibles, que celles nouées avec ces nouveaux partenaires, et les contentieux n’ont pas manqué d’éclater au grand jour.

Au terme de débats riches même si souvent discordants entre les deux parties, le sommet s’est achevé sur un discours véhément de Robert Mugabe, dont la présence avait entraîné le boycott de la réunion par le premier ministre britannique Gordon Brown.

En session plénière, il a dénoncé «l’arrogance» et le «complexe de supériorité» de l’UE et de quatre pays en particulier (Allemagne, Suède, Danemark, Pays-Bas) qui ont critiqué la situation des droits de l’homme dans son pays.

«Le Zimbabwe ne sera plus jamais une colonie», a lancé M. Mugabe, soumis à des sanctions européennes depuis 2002.

La veille, la chancelière allemande Angela Merkel avait déclaré que «la situation actuelle du Zimbabwe nuit à l’image de la nouvelle Afrique», s’attirant les critiques de plusieurs dirigeants africains, qui avaient fait de la présence de M. Mugabe au sommet une question de principe.

Le passif colonial a été un autre sujet sensible. Dans une intervention très remarquée à l’ouverture du sommet, M. Konaré a exigé un «devoir de mémoire vis-à-vis de la traite négrière, de la colonisation, de l’apartheid, du génocide rwandais».

De son côté, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi appelait les Européens à rembourser les ressources «volées» lors de la colonisation ou alors à se tenir prêts à accueillir les migrants africains chez eux.

La question épineuse des accords de partenariat économique a également occupé une grande place lors de ce sommet, M. Konaré dénonçant le «forcing» des Européens dans les négociations avec les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique).

La Commission européenne a fait un geste dimanche en acceptant de discuter début 2008 des inquiétudes de ces pays, qui craignent notamment que l’abaissement progressif des tarifs douaniers sur les importations de produits européens ne fragilise encore leurs économies.

Concernant le Darfour, les Européens ont enfin demandé au président soudanais Omar el-Béchir qu’il facilite le déploiement de la force de paix ONU-UA dont il refuse la composition proposée par les Nations unies.

This is a BBC newsfeed about the Lisbon’s EU-Africa summit confirms the idea that this event took place for the purpose of gaining back a position the EU countries lost on the African continent to the benefit of China (and also India and USA) :

BBC.

EU and African leaders have signed a declaration promoting free trade and democracy at a summit in Lisbon beset by rows over trade deals and Zimbabwe.

As the Portuguese hosts hailed a “new chapter” in relations, Senegal’s president railed against new EU-African trade deals proposed by the EU.

And Zimbabwe’s President Robert Mugabe reportedly accused Europe of arrogance in criticising his human rights record.

The hosts have lauded the summit as heralding a new relationship of equals.

The 67 leaders gathered at the summit agreed to work together to forge a new partnership on issues including security, development, trade and good governance.

The BBC’s Mark Doyle, in Lisbon, says the joint declaration is hugely ambitious in scope, and that clear differences remain on several issues.

Fragile economies

Angry words flew over trade deals – known as Economic Partnership Agreements – proposed to replace existing agreements due to expire at the end of the year.”We are not talking any more about EPAs, we’ve rejected them,” said President Abdoulaye Wade of Senegal.

Although some east African nations have already agreed to the deals, many other countries argue that they will damage their fragile economies.

The deals – to replace historical agreements which gave former European colonies preferential trade terms – demand that African countries open their markets to European goods in order to keep tariff-free EU access for their own exports.

The summit was seen as an EU attempt regain lost ground in Africa and combat growing Chinese influence in the continent.

But President Wade said that “Europe is close to losing the battle of competition in Africa”.

Our correspondent says that while China has massively increased its investments in Africa, it does not tend to comment on issues such as democracy and human rights.

‘Arrogance’

The point was evidenced by tensions over the presence of Mr Mugabe, widely criticised for human rights abuses and economic mismanagement in Zimbabwe.Although he is banned from the EU, African leaders demanded he be invited to attend. UK Prime Minister Gordon Brown boycotted the meeting in protest.

On Sunday Mr Mugabe was reported to have lambasted four EU countries for “arrogance” in their criticisms, according to a copy of a speech at a closed meeting obtained by French news agency AFP.

His comments came in response to German Chancellor Angela Merkel’s earlier assertion that his policies had “damaged Africa”.

“It is important that people keep in mind that Africans fought for human rights from oppressive rule,” said Mr Mugabe, who is regarded by many African leaders as the heroic liberator of Zimbabwe.

The meeting was the first EU-African summit for seven years. Previous attempts had collapsed over the question of Mr Mugabe’s attendance.

Portuguese PM Jose Socrates, who earlier lauded the gathering as a “summit of equals”, said it was an achievement in itself that the meeting had taken place.

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