Molly Kane on the new book: Canada and the third world

Molly Kane talks to Gwen Schulman about the new book entitled “Canada and the third world: overlapping histories”, presented by the publisher as “a long overdue introduction to Canada’s historical relationship with the Third World. The book critically explores this relationship by asking four central questions: how can we understand the historical roots of Canada’s relations with the Third World? How have Canadians, individuals and institutions alike, practiced and imagined development? How can we integrate Canada into global histories of empire, decolonization, and development? And how should we understand the relationship between issues such as poverty, racism, gender equality, and community development in the First and Third World alike?”

R.I.P. Canadian International Development Agency 1968-2013

In the light of the recent budget which effectively closed CIDA and folded it into a generic extension of a trade based foreign affairs department, Gerald Caplan offers his views on how the Conservative party under Stephen Harper has reshaped and repositioned Canada internationally as well as effectively shutting down internal critics and even discussion which runs counter to government wishes.

Des partenariats entre des minières et des ONG : vers une nouvelle politique d’aide étrangère canadienne

Aujourd’hui, les minières sont aux quatre coins de la planète et le gouvernement conservateur est un fervent supporteur de l’industrie. Il a déjà amené plusieurs initiatives en appui aux minières : nouveaux partenariats tripartite entre l’Agence canadienne de développement international (ACDI), des Organisations de développement international et des minières, en plus d’un un nouvel institut pour les industries extractives et le développement. Le grand bonus pour l’industrie, c’est que toutes ces initiatives sont financées la population canadienne.

Des partenariats entre des minières et des ONG : vers une nouvelle politique d’aide étrangère | La veine souterraine

Amandla: Patrick Alleyn sur les enjeux environnementaux concernant le bassin du Nil/ Polémique en Algérie autour d’un “sondage” d’Al Jazeera.

Voici les thèmes qui ont été abordés pendant l’émission Amandla du 26 décembre 2007 sur les ondes de CKUT 90.3FM (Montréal). Vous pouvez la télécharger ici (lien valide pour deux mois seulement).

L’émission du 26 décembre est un spécial en français… ou presque.

Le photo-journaliste Patrick Alleyn parle des enjeux sociaux-politiques entourant l’exploitation du Nil. Patrick Alleyn et Benoit Aquin reviennent de Chine et d’Afrique et présentent, par le médium de la photographie, les défis environnementaux des sociétés chinoises et est-africaines.

Souk de Khan el-Khalili au CaireM. Alleyn nous entretient sur les défis de la gestion régionale du Nil, surtout en Égypte et en Éthiopie.

Cliquez ici pour pour entendre l’entrevue (avec M. Alleyn, Roberto et Moussa).

Une trentaine de photos sont affichées à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal au 465, av. Mont-Royal Est, Montréal, (Face au métro Mont-Royal; 514-872-2266) dans le cadre d’une exposition qui s’intitule: “Territoires sous pression“. Cette exposition se tient jusqu’au 20 janvier 2008. L’entrée est libre. PHOTO : © 2007 Benoit Aquin (tous droits réservés)

 

Entrevue avec Gwen qui nous entretient sur les raisons de son voyage en Afrique du Sud et au Malawi ainsi que son intention de faire des reportages qui seront présentés à notre émission Amandla (En anglais!).

Cliquez ici pour entendre l’entrevue (avec Gwen, Roberto et Moussa).

 

 

Commentaires sur le tolé provoqué en Algérie par un “sondage” d’Al Jazeera sur les attentats du 11 décembre à Alger. Un sondage sur le site de la chaîne de télévision qatari, Al Jazeera, provoque de vives réactions en Algérie. En effet, il demande: “Êtes-vous pour les deux attentats terroristes perpétrés à Alger?”. 52% de ceux qui ont daigné répondre l’ont fait en répondant “oui”. Commentaires de Moussa.

Des journaux, comme la Tribune d’Alger, critiquent fortement ce manque d’éthique de la part de la chaine du Qatar, et certains vont jusqu’à l’accuser de servir les vils desseins de la nébuleuse terroriste Al Qaïda:

Ghada Hamrouche de la Tribune d’Alger:

Unanime. C’est le moins qu’on puisse dire de la réaction de la presse algérienne à propos du scandaleux sondage de la chaîne qatarie El Djazira. Ainsi, les quotidiens parus hier ont vivement critiqué la formule et même la publication du résultat d’un sondage immoral. «L’attentat d’El Djazira», a écrit en grande manchette El Moudjahid, avant d’affirmer : «El Djazira est aujourd’hui un îlot fortifié du terrorisme, et sa capacité de nuisance dépasse celle de ceux qui tuent aveuglément des innocents, car elle s’applique à donner un semblant de légitimité à de vils criminels.»

De son côté, le Jour d’Algérie, en qualifiant la chaîne tout bonnement de «porte-parole officiel d’Al Qaïda», estime que ce sondage est «un véritable encouragement au crime». «La chaîne absout le GSPC de tous les crimes qu’il a commis et ceux qu’il envisage de commettre en Algérie», ajoute-t-il. Quant au quotidien El Watan, le sondage ne peut être qu’un «sondage de la honte». «Le sondage d’El Djazira n’est pas un simple dérapage. C’est tout simplement le summum du mépris de la vie humaine. Une insulte à l’éthique professionnelle, à la morale et aux valeurs universelles reconnues par toutes les religions», peut-on y lire.

Rémi Yacine, d’El Watan, se tourne vers une autre cause de cette tourmente, le désert médiatique audiovisuel algérien:

Tout le monde s’y met. Tous contre Al Jazeera ! Pour les autorités algériennes, le dérapage de la jeune chaîne qatarie est une aubaine. Il sert à masquer les lacunes sécuritaires, les limites de la politique de réconciliation et tout simplement l’incurie du système.

Parce qu’en Algérie, les islamistes sont aussi au pouvoir. Les barbéfèlenes sont solidement installés du côté du Palais du gouvernement. La presse indépendante a eu raison de s’émouvoir contre ce sondage indécent (Pour ou contre les attentats d’Alger ? Plutôt une bêtise du service marketing). Une fois l’indignation passée, il convient d’analyser cette colère juste, mais indéniablement instrumentalisée. Le vrai problème n’est pas Al Jazeera. Le problème réside dans l’Etat. Le problème est dans la dictature audiovisuelle. Il est offensant pour les Algériens de n’avoir qu’une chaîne de télévision ! L’Unique, la mal-nommée. L’ENTV n’est pas une chaîne publique, elle est une extension du pouvoir.
Elle est à l’image des dictatures arabes, obsolète, incongrue et définitivement non fiable. La voix de son maître. C’est donc la faute aux responsables politiques au pouvoir, au directeur de l’ENTV (passé par tous les rouages du système, qui a appris à dire très tôt anaâm sidi, choukrane (« oui monsieur, merci »), si les Algériens se ruent sur Al Jazeera et les chaînes de télévision française pour savoir ce qui se passe chez eux. Un tel sondage serait passé inaperçu si l’Algérie était dotée de télévisions libres, indépendantes. Si la liberté d’expression avait droit d’entrée à la télévision. Il ne faut pas se leurrer, l’actuel directeur de l’ENTV dirige une télévision brejnévienne, digne de Kim Il Sung. Aucun opposant, aucun artiste engagé, aucun journaliste indépendant, aucun militant des droits de l’homme n’a le visa nécessaire (estampillé FLN, RND ou ex-Hamas, islamo-conservateur) pour pouvoir s’exprimer sur l’Unique. Ce sont toujours les mêmes qui « habitent » la télévision algérienne, ni démocratique ni populaire depuis l’indépendance (confisquée). Le premier procès à faire n’est pas contre Al Jazeera (qui n’a pas à nous aimer ou détester, contrairement à ce qui est écrit ces derniers jours), mais contre nos responsables médiocres qui maintiennent nos concitoyens dans l’ignorance en imposant une dictature propre aux potentats arabes. La liberté de la presse doit entrer dans la Bastille de l’ENTV. Qu’ils le veuillent ou pas. Il appartient aussi aux journalistes de refuser cette censure, de faire exploser ce système pour créer des télévisions dignes de l’Algérie, des Algériens. Gageons qu’on saura faire autant, sinon mieux qu’Al Jazeera.

 

Here are the subjects that were addressed in the December 26th 2007 Amandla radio show on CKUT 90.3 FM (Montreal). You can download the show here (link valid for two months only).

The December 26th is totally in French… almost.

Interview with Patrick Alleyn who talks about the socio-political issues regarding the management of the Nile river by the States occupying its basin. Patrick Alleyn and Benoît Paquin came back from China and Africa, Ethiopia and Egypt more precisely. They present us, through the photography medium, the environmental challenges of the Chinese and East-African societies.

Click here to hear the interview (Mr. Alleyn, Roberto and Moussa).

You can see the photos (there are thirty of them) displayed at the “Maison de la culture du Plateau Mont-Royal”, 465, av. Mont-Royal Est, Montreal, (in front of the Mont-Royal metro station; 514-872-2266). The exposition is called : “Territoires sous pression”and lasts until January 20th 2008. Admission is free.

Interview with Gwen who tells us about the reasons for her trip to South Africa and Malawi as well as her plans for doing reportages that will be presented on the Amandla show. (In english!).

Click here to hear the interview (with Gwen, Roberto and Moussa).

Comments on the turmoil created in Algeria by an Al-Jazeera ‘survey’ asking if people agreed with the December 11th bombings in Algiers. The newspapers in Algeria are furious and accuse Al Jazeera to be an ‘Al Qaida puppet’. Some papers (El Watan [link in french]) indicates that if Algeria had a free televised media environment (no State control) the turmoil wouldn’t have happened since Algerians would’ve listened to local TV instead of Al-Jazeera.

This issue still shows a serious lack of ethics from the Qatari TV station. Comments by Moussa.

Un holding de Dubaï investit au Rwanda/ A Dubai holding company invests in Rwanda

Selon La Presse de Montréal, un holding des Émirats Arabes Unis investira 230 millions de dollars en tourisme au Rwanda. Il s’agit de Istithmar Real Estate.

Avant de lire l’article il faut savoir que Istithmar Real Estate est une entreprise qui vaut environ 6 milliards de dollars US et qui privilégie les investissements dans les secteurs industriels, de détails, les banques et l’immobilier. L’entreprise possède plusieurs gratte-ciels de New-York (dont le 230 Park Avenue et le 280 Park Avenue), des bâtiments prestigieux comme le “One Trafalgar Square” de Londres. Elle possède aussi une entreprise aérienne (la compagnie indienne Spice jet), et des commerces de détail comme Barneys de New-York. Ses actifs s’étendent à travers toute la planète, mais une bonne partie se concentre en Asie (Moyen-Orient), en Amérique du Nord et en Europe. On pourrait dire que l’investissement au Rwanda demeure appréciable aux yeux de l’entreprise, même si, compte tenu des actifs dispendieux qu’elle détient ailleurs (dans le cas du 280 Park Avenue, c’est 1.2 milliards de dollars US que lui a coûté son acquisition en juin 2006), cette somme ne représente pas une ponction trop douloureuse.

Nous savons que des holdings du Golfe Persique sont intéressés au marché africain. Non seulement dans les secteur industriels (comme au Soudan) mais aussi dans l’immobilier. Ces holdings ont l’habitude des investissements risqués.

Inutile de dire que, pour le Rwanda, il s’agit d’une manne. Mais espérons, que le pays ne tombera pas dans la spirale de l’économie basée sur le tourisme. Car immobilier rime avec tourisme. Ce type d’économie n’apporte pas beaucoup de richesse à la population en général et peut attirer son lot de problèmes comme la criminalité et la prostitution etc.

 

According to La Presse de Montréal, a holding from the United Arab Emirates will invest 230 millions US in the tourist industry of Rwanda. The company is Istithmar Real Estate.

IstithmarBefore reading the article (in french), you must know that Istithmar Real Estate is worth 6 billions de dollars US. The company invests in four sectors: industrial, retail, banks and real estate. The company has several skyscrapers in New-York (including the 230 Park Avenue and the 280 Park Avenue), prestigious buildings like the “One Trafalgar Square” in London. Istithmar Real Estate also has an air transport company (the indian company Spice jet), and retail stores like Barneys in New-York. Its assets are spread all over the planet, but a good part is pooled in Asia (Middle East), North America and Europe. We could say that the investment in Rwanda is important for the enterprise, even if, taking into account several expensive acquisitions of the company (like 1.2 billions USD to acquire the 280 Park Avenue in June 2006), that amount won’t represent a huge hole in their “wallet”.

We know that holdings from the Persian Gulf are interested in Africa. Not only in the industrial sector (like in Sudan) but also in real estate. These holdings are used to risky investments.

Needless to say that, for Rwanda, it’s the jackpot. But lets hope the economy of the country won’t turn into a “tourism-only-economy”. That kind of economy, focused only on one sector, doesn’t make a difference in the life of the general population in the end, and it has chances to bring problems like criminality and prostitution.

 

La Presse de Montréal:

Dubaï investira 230 millions $ dans le tourisme au Rwanda

Agence France-Presse

Nairobi

Un holding de Dubaï s’apprête à investir 230 millions de dollars dans le tourisme au Rwanda, un secteur-clé pour la relance de l’économie dans ce petit état africain touché par un génocide en 1994.

La société Dubaï World, à travers sa branche investissements Istithmar Real Estate, prévoit de construire huit sites touristiques comprenant hôtels de luxe et autres hébergements dans des parcsnationaux, ainsi que des terrains de golf et des villas.

Le parc national d’Akarega, à l’est de Kigali, accueillera un gîte de 60 chambres et le parc national des volcans un camp de tentes cinq étoiles.

Le groupe émirati construira également un hôtel cinq étoiles de 150 chambres et rénovera un terrain de golf à Kigali.

Le secrétaire d’État rwandais chargé de l’Industrie et de la Promotion des Investissements, Vincent Karega, a déclaré que le pays a choisi de miser sur son important potentiel touristique pour amorcer la croissance.

«Notre choix politique pour le tourisme est de devenir une destination haut de gamme en nous appuyant sur la beauté naturelle unique du pays, la sécurité, le droit de propriété et la tolérance zéro pour la corruption», a-t-il indiqué dans un communiqué.

«Le secteur privé est la base de la renaissance actuelle du Rwanda», a-t-il ajouté.

Sultan Ahmed Ben Soulayem, président de Dubaï World, une holding qui gère les sociétés appartenant au gouvernement de l’État émirati, a assuré que les travaux de construction commenceront à la fin de l’année.

Le Rwanda a été le théâtre d’un génocide qui a fait selon l’ONU environ 800 000 morts entre avril et juillet 1994.

Le pays espère tripler son revenu touristique d’ici à 2010.

Doug au Malawi/ Doug in Malawi

(Link in english/ lien en anglais)

Our dear contributor to the Amandla radio show and to this blog (read his analysis on Malawi), Doug Miller, is actually in Malawi (or about to arrive there) with some students from Montreal’s Vanier College. They will spent time in Makupo, Malawi, where they will meet Malawians and share cultures.

Doug:

In August 2007, the people to people support of friends in Canada led to the sinking of a well and the burden of village labour has shifted dramatically. Now Makupo can host a visit from 9 Canadians representing all the glorious mix that makes up Canada.
The Malawians in the village share a long history with a common place, while the Canadians have histories that involve new homes and building new links. It is an interesting stew and I am looking forward to seeing how it cooks into a tasty dish.

This is from Doug’s blog. Yes, Doug started a blog related to this Malawian odyssey and we invite you to take a look: http://makupo.blogspot.com/

Notre cher ami et collaborateur à l’émission de radio Amandla ainsi qu’à ce blog (lire son analyse sur le Malawi ici), Doug Miller, est présentement au Malawi (ou à la veille d’y mettre le pied) avec des étudiants du Collège Vanier de Montréal. Ensemble, ils vont passer du temps à Makupo, Malawi, où ils vivront une expérience de partage des cultures. Visitez son blog: http://makupo.blogspot.com/

Le Forum Social Mondial, selon son fondateur/ The World Social Forum, according to its founder

 (Lien en français, link in french)

Chico WhitakerChico Whitaker (voir photo), syndicaliste et homme politique brésilien, nous explique l’essence du Forum Social Mondial et pourquoi les médias et l’opinion publique du monde “développé” le considèrent miné par les divisions et l’inaction à cause d’une trop grande diversité des groupes qui y participent. Ce qui n’est pas le cas, selon Whitaker. Cette faiblesse est plutôt une force puisque le rôle du FSM est de servir d’espace pour partager toutes les idées afin de les diffuser. Car, le renouveau espéré par l’altermondialisme doit passer par une diffusion de la compréhension et de l’action individuelle qui à terme, provoquera les changements politiques trop longtemps attendus.

Chico Whitaker (picture above), a trade-unionist and a Brazilian politician, explains the essence of the World Social Forum and why medias and the Western public opinion consider it to be plagued by internal divisions and inaction because of the diverse origins of the groups participating. For Whitaker, it isn’t the case. This “weakness” is instead a strength because the WSF’s role is to become a space where all ideas are shared and be diffused afterwards. The new globalization hoped by the WSF will occur after each individual understands the stakes and takes action. It will ultimately provoke the long waited political changes:

Alternatives:

FORUM SOCIAL MONDIAL
Le meilleur des deux mondes

dimanche 9 décembre 2007 par Alexandre Shields
Le cofondateur du Forum social mondial, Chico Whitaker, garde l’espoir de voir émerger une conscience sociale planétaire. Peut-on imaginer un monde plus fraternel, plus solidaire, respectueux de l’environnement et dans lequel l’économie serait au service de l’humanité et non l’inverse ? Si l’idée paraît tout simplement utopique aux yeux de plusieurs, Chico Whitaker, cofondateur du Forum social mondial, y croit dur comme fer. Et le Brésilien a beau concéder qu’un tel changement prendra du temps, il insiste sur l’absolue nécessité de créer cet « autre monde ». Le regard que jette Chico Whitaker sur la société actuelle est sans équivoque : la mondialisation, quoi qu’en disent nos dirigeants, « impose actuellement à l’humanité son oeuvre mortifère en toute liberté ». Rien de moins.

Le Forum social mondial (FSM), ce rendez-vous annuel de ce que certains appellent la mouvance altermondialiste, est justement né de la nécessité de réunir ceux qui luttent contre cette façon de concevoir le monde. « L’idée, c’était de dépasser le stade de la contestation qui marquait les grandes rencontres économiques. Il ne faut pas manifester contre la mondialisation mais se demander ce que l’on veut. Bref, aller vers une recherche de propositions », résume Chico Whitaker pour expliquer la volonté des fondateurs.

L’initiative a eu un écho inespéré, dit-il, enthousiaste, puisque le premier Forum organisé en janvier 2001 à Porto Alegre a attiré environ 15 000 personnes venues d’horizons très différents. Ce nombre de participants a par la suite grimpé en flèche, passant de 50 000, en 2002, à plus de 150 000 en 2004, alors que la rencontre se tenait pour la première fois hors du Brésil, à Mumbai, en Inde. Des participants originaires de 132 pays et de 2660 associations ou mouvements s’y étaient rendus. Sans compter les dizaines de forums régionaux qui ont essaimé dans le monde entier. Le Forum fera relâche en 2008, mais simplement pour réfléchir à la suite des choses, assure M. Whitaker.

Le septuagénaire est justement heureux de voir que le FSM ait réussi, dans une certaine mesure, à « dépasser les barrières » qui existaient entre les mouvements sociaux. Ancien membre actif du Parti des travailleurs (PT), formation de gauche du président Lula da Silva au pouvoir au Brésil, Chico Whitaker est justement convaincu qu’au sein de la gauche, « le problème a toujours été celui de la division ».

Immédiatement, il prend soin de préciser que, même si le Forum a été qualifié de « rendez-vous de la gauche », il n’en est rien. Selon lui, il s’agit d’un espace de rencontre et de réseautage pour des personnes déjà engagées dans diverses actions, mais qui ne cherche pas à leur imposer un mot d’ordre, quel qu’il soit. C’est d’ailleurs là « le grand résultat du Forum, soit de permettre que ces actions soient menées. Et ce qui est incroyable, c’est que l’on avance. Ça fonctionne. »

Le FSM tient aussi à préserver sa règle du « consensus ». Chico Whitaker considère que cette façon de faire permet de se distancier des « vieilles pratiques » auxquelles les gens sont habitués. « On fonctionne trop souvent sur un système pyramidal et hiérarchique, pour des questions de rapidité ou d’efficacité », soutient-il.

Selon lui, les partis politiques sont les meilleurs exemples de ce mode d’organisation. Or « le FSM est tout à fait autre chose. Il ne s’agit pas d’un mouvement ou d’un parti politique. C’est un espace dans lequel on peut et on doit travailler avec des gens différents, sans vouloir réduire au silence ceux qui ne pensent pas comme vous. C’est pour cela que nous choisissons le réseau plutôt que la pyramide, la non-violence plutôt que l’affrontement, les échanges d’expériences et non le document final ».

Cela ne veut pas dire que certains participants ne souhaiteraient pas mettre sur pied un mouvement politique doté d’un programme précis. « C’est une bataille permanente chez nous, admet M. Whitaker. Au Forum de 2005, par exemple, des intellectuels ont essayé de faire adopter un Manifeste de Porto Alegre pour résumer ce que les gens pensaient. Ça n’a pas fonctionné, mais c’est toujours présent. »

Les tentatives de récupération politique sont d’ailleurs bien réelles. Ce fut le cas lors du Forum tenu à Caracas, au Venezuela, en 2006. Le président Hugo Chavez, véritable vedette de la gauche internationale, a utilisé le FSM comme vitrine pour sa révolution bolivarienne, déplore le cofondateur de l’événement. Or la Charte des principes du Forum social mondial stipule clairement que les partis politiques n’y sont pas les bienvenus.

Définir l’indéfinissable

La relation avec les médias n’est pas toujours harmonieuse. Difficile, en effet, d’imaginer qu’une telle rencontre n’accouche pas de revendications claires. « C’est la chose la plus typique des médias. Ils nous demandent toujours qui est le chef et quelle est la position finale. Sinon, ils nous disent : “Mais où allez-vous avec ça ?” Les gens demandent souvent, après sept ans, “qu’est-ce que ça donne”. C’est aux mouvements sociaux de répondre à cette question », laisse tomber l’auteur d’un livre sur l’expérience des Forums intitulé Changer le monde, (nouveau) mode d’emploi.

Si la chose est effectivement ardue à cerner, Chico Whitaker ne s’en formalise pas outre mesure. L’essentiel, selon lui, c’est de « démontrer aux gens que cet autre monde est en train de se construire » et qu’il est plus que jamais nécessaire. La tâche est toutefois loin d’être aisée. « Si vous prenez la plupart des individus qui vivent dans des pays riches, qui ont des conditions de vie raisonnables, ils se demandent pourquoi il faudrait un autre monde. Il est difficile de dire aux gens qu’il faut plus d’austérité, parce que tout le système est basé sur la consommation. Le système s’arrête si on ne consomme pas. Ce ne sont plus les ouvriers qui ont le pouvoir d’arrêter les machines, mais les consommateurs. »

Chico Whitaker est d’ailleurs convaincu que l’on ne peut pas changer le monde à travers la seule sphère politique. « Plusieurs mouvements pensent à prendre le pouvoir, explique-t-il. Ils ont le droit, et s’ils prennent le pouvoir, qu’ils soient capables de faire ce qu’ils disent. Mais ce n’est pas par là qu’on va changer le monde. Par exemple, si on ne change pas nos comportements personnels, nos habitudes de consommation, le problème du climat ne sera pas résolu.

« Ça ne peut pas venir d’un décret du gouvernement, personne ne va accepter ça. Il faut que les gens soient convaincus qu’il faut le faire. C’est un apprentissage et un exercice permanent qui font partie d’une sorte de “changement intérieur”. Il ne faut pas tenter de discipliner des militants. Les régimes totalitaires font ça. Ils réduisent tout le monde à des pièces réglées, des machines. Les gens ne veulent pas être des pièces de machines. »

Il ne faut pas non plus s’en remettre à un « sauveur ». C’est ce que les Brésiliens ont fait, selon lui, en élisant Lula. « Nous sommes tombés dans l’illusion que, si on élisait un président, tous les problèmes seraient résolus. Chez nous, les gens font de la politique comme ils font des affaires, pour s’enrichir, et le gouvernement Lula a adopté les mêmes règles du système corrompu qui existe au Brésil. Tout ce monde-là a été victime d’un pragmatisme à outrance pour être élu. Ç’a été un pas en arrière », juge-t-il.

Chacun de nous

Exaspéré, l’ancien conseiller municipal de São Paulo a lui-même démissionné du PT avec fracas en janvier 2006. « Au lieu de perdre les deux tiers de mon temps dans des bagarres internes, je préfère me consacrer à un travail dans la société civile, qui a besoin d’organisation », poursuit cet homme optimiste qui a vécu 15 ans en exil avec sa femme et ses quatre enfants, tandis qu’une dictature régnait avec une poigne de fer sur le Brésil.

Il garde d’ailleurs espoir de voir émerger une « conscience sociale » qui se répercutera à grande échelle, mais sans naïveté. « Je ne suis pas catastrophiste, mais je suis très préoccupé. Si les changements climatiques continuent de s’intensifier, le problème de l’eau va devenir très sérieux, tout comme celui de la faim. Et le “débalancement” de l’ensemble de cet équilibre interne de la planète, qui a pris des milliards d’années à se former, est dû à la recherche du profit à tout prix. Moi, je ne vais pas voir les plus graves conséquences de tout ça, mais je suis très inquiet pour mes enfants, mes petits-enfants et mes arrière-petits-enfants. Ils vont vivre dans un monde où la guerre pour le contrôle de l’eau sera bien réelle. »

La solution passe selon lui « par chacun de nous ». « Les personnes politiques devraient agir contre cela, mais ne le font pas. C’est pour ça que la société civile est un acteur fondamental. Si la société prend conscience de cela et commence à agir, on va obliger les politiques à agir, à faire ce qu’ils doivent faire. »

Microfinance à Madagascar/ Microcredit in Madagascar

(Liens en français/ links in french)

The Malagasy authorities have attracted the favors money-lenders like the International Monetary Fund. It enables the country to carry on with its microcredit campaign because some parts of the funds required come from lenders like France, Germany or organizations like the World Bank or FAO. See L’Express de Madagsacar (in french).

For Madagascar, the development of its rural population goes through microfinance and its Finance ministry manages a website for the national coordination of microfinance: Madamicrofinance.mg (in french).

Les autorités malgaches sont tombées dans les bonnes grâces des bailleurs de fonds internationaux, notamment le Fonds monétaire international (FMI), comme l’indique cet article du Madagascar Tribune:

Un haut responsable attendu en septembre
Les relations entre Madagascar et le Fonds Monétaire International sont au beau fixe. A preuve, un haut responsable de cette institution est attendu à Madagascar au mois de septembre. Telle a été la déclaration du ministre des Finances et du Budget, Andriamparany Radavidson Benjamin, hier au cours d’un point de presse. L’objet de sa venue étant de discuter de la loi de finances 2008, un sujet important dans la mesure où la décentralisation budgétaire entrera prochainement en vigueur.

[…]

Cela permet à l’État malgache de poursuivre une campagne de sensibilisation sur le microcrédit. En effet, certaine sommes de projets de microcrédit proviennent de bailleurs de fonds internationaux comme la France, l’Allemagne, la Banque mondiale ou la FAO. Voir L’Express de Madagsacar:

L’épargne et le crédit au menu des paysans

La microfinance soulève un intérêt palpable de la part du monde rural. Une situation qui devra encore s’accentuer avec la nouvelle campagne de communication. Le microcrédit est un outil de développement. La vulgarisation de la microfinance devra accroître l’épargne et le crédit dans le milieu rural. Dans cette optique, le microcrédit joueraMicrofinance pleinement son rôle de créateur de richesse.
“La microfinance sera désormais associée à la création de richesse”, souligne Blaise Rajoelina, coordonateur national de la microfinance lors de la présentation de la stratégie de communication. La stratégie de communication en vue du développement du secteur de la microfinance à Madagascar focalise une partie de ses interventions sur cet aspect.
Changement de perception
“Le changement de la perception de la microfinance se trouve être la clef de l’amélioration du taux de pénétration du microcrédit en milieu rural”, explique Bakoly Rafanoharana, responsable du volet microfinance au sein du Millénium challenge account Madagascar.
“Emprunter de l’argent doit être perçu comme une volonté d’accroître la richesse”, confirme Bakoly Rafanoharana. “L’ancienne conception considérait le crédit comme un signe de pauvreté”, continue-t-elle en précisant que cette campagne s’insère dans les interventions du Mca dans le secteur de la microfinance. En 2006, près de 300 000 personnes ont pu bénéficié de la microfinance avec un encours de crédit de 42,7 milliards ariary.
“La vulgarisation doit également passer par une simplification de la compréhension du langage de la microfinance”, explique Tsilavina Ralaindimby de l’agence Artcom, membre du consoritium qui s’est chargé de la réalisation de la stratégie de communication. “Il est aussi important de conscientiser tous les acteurs du secteur sur l’aspect gagnant-gagnant”, poursuit-il.
Doda Andrianantenaina
Date : 07-08-2007

Pour Madagascar, le développement de sa population rurale passe donc par celui de la microfinance. D’ailleurs, le ministère des Finances de l’État gère un site destiné à la coordination nationale de la microfinance: Madamicrofinance.mg.

Arrêtez d’essayer de “sauver” l’Afrique/ Stop trying to ‘Save’ Africa

Voici un article écrit par Uzodinma Iweala (voir photo) dans la Washington Post, il y a une semaine mais qui vaut la peine d’être lu. “L’Afrique est un contient qui doit être sauvé de ses innombrables calamités”. Cette déclaration de certains Occidentaux soulève des questions de fond qu’Iweala nous présente ici.

Here is an article from Uzodinma Iweala (see picture) written in the Washington post a week ago but it is worth the read. “Africa is a continent that has to be saved from  countless calamities”. This declaration from the West brings fundamental questions that are raised by Iweala:

IwealaStop Trying To ‘Save’ Africa’
By Uzodinma Iweala
Sunday, July 15, 2007
Last fall, shortly after I returned from Nigeria , I was accosted by a perky blond college student whose blue eyes seemed to match the “African” beads around her wrists.

“Save Darfur!” she shouted from behind a table covered with pamphlets urging students to TAKE ACTION NOW! STOP GENOCIDE IN DARFUR!

My aversion to college kids jumping onto fashionable social causes nearly caused me to walk on, but her next shout stopped me.

“Don’t you want to help us save Africa?” she yelled.

It seems that these days, wracked by guilt at the humanitarian crisis it has created in the Middle East, the West has turned to Africa for redemption. Idealistic college students, celebrities such as Bob Geldof and politicians such as Tony Blair have all made bringing light to the dark continent their mission. They fly in for internships and fact-finding missions or to pick out children to adopt in much the same way my friends and I in New York take the subway to the pound to adopt stray dogs.

This is the West’s new image of itself: a sexy, politically active generation whose preferred means of spreading the word are magazine spreads with celebrities pictured in the foreground, forlorn Africans in the back. Never mind that the stars sent to bring succor to the natives often are, willingly, as emaciated as those they want to help.

Perhaps most interesting is the language used to describe the Africa being saved. For example, the Keep a Child Alive /” I am African” ad campaign features portraits of primarily white, Western celebrities with painted “tribal markings” on their faces above “I AM AFRICAN” in bold letters. Below, smaller print says, “help us stop the dying.”

Such campaigns, however well intentioned, promote the stereotype of Africa as a black hole of disease and death. News reports constantly focus on the continent’s corrupt leaders, warlords, “tribal” conflicts, child laborers, and women disfigured by abuse and genital mutilation. These descriptions run under headlines like “Can Bono Save Africa?” or “Will Brangelina Save Africa?” The relationship between the West and Africa is no longer based on openly racist beliefs, but such articles are reminiscent of reports from the heyday of European colonialism, when missionaries were sent to Africa to introduce us to education, Jesus Christ and “civilization.”

There is no African, myself included, who does not appreciate the help of the wider world, but we do question whether aid is genuine or given in the spirit of affirming one’s cultural superiority. My mood is dampened every time I attend a benefit whose host runs through a litany of African disasters before presenting a (usually) wealthy, white person, who often proceeds to list the things he or she has done for the poor, starving Africans. Every time a well-meaning college student speaks of villagers dancing because they were so grateful for her help, I cringe. Every time a Hollywood director shoots a film about Africa that features a Western protagonist, I shake my head — because Africans, real people though we may be, are used as props in the West’s fantasy of itself. And not only do such depictions tend to ignore the West’s prominent role in creating many of the unfortunate situations on the continent, they also ignore the incredible work Africans have done and continue to do to fix those problems.

Why do the media frequently refer to African countries as having been “granted independence from their colonial masters,” as opposed to having fought and shed blood for their freedom? Why do Angelina Jolie and Bono receive overwhelming attention for their work in Africa while Nwankwo Kanu or Dikembe Mutombo, Africans both, are hardly ever mentioned? How is it that a former mid-level U.S. diplomat receives more attention for his cowboy antics in Sudan than do the numerous African Union countries that have sent food and troops and spent countless hours trying to negotiate a settlement among all parties in that crisis?

Two years ago I worked in a camp for internally displaced people in Nigeria, survivors of an uprising that killed about 1,000 people and displaced 200,000. True to form, the Western media reported on the violence but not on the humanitarian work the state and local governments — without much international help — did for the survivors. Social workers spent their time and in many cases their own salaries to care for their compatriots. These are the people saving Africa, and others like them across the continent get no credit for their work.

Last month the Group of Eight industrialized nations and a host of celebrities met in Germany to discuss, among other things, how to save Africa. Before the next such summit, I hope people will realize Africa doesn’t want to be saved. Africa wants the world to acknowledge that through fair partnerships with other members of the global community, we ourselves are capable of unprecedented growth.

Uzodinma Iweala is the author of “Beasts of No Nation,” a novel about child soldiers.


Émission Amandla du 18 juillet 2007/ Amandla show from July 18th 2007

Voici les thèmes qui ont été abordés pendant l’émission Amandla du 18 juillet dernier sur les ondes de CKUT 90.3FM (Montréal). Vous pouvez la télécharger ici (lien valide pour deux mois seulement).

Émission entièrement en anglais

L’artiste zimbabwéenne Stella Chiweshe (voir photo plus bas) vient à Montréal pour donner un spectacle dans le cadre du festival Nuits d’Afrique. Elle est la première femme du Zimbabwe à diriger son propre groupe et elle joue le mbira (aussi connu sous le nom de kalimba). Nous vous présentons une entrevue qu’elle a donnée à un membre de notre équipe d’Amandla. Sa présence au Festival Nuits d’Afrique à été couvert par le journal “Le Devoir“.

The Ravaging of Africa: Coporate Plunder. Rediffusion d’une émission radio en quatre parties qui traite des impacts destructeurs de l’impérialisme américain en Afrique. “Corporate Plunderdétaille les effets désastreux de la présence de Royal Dutch Shell au Nigeria et ceux de la canadienne Tiomin Resources au Kenya. On souligne aussi les façons dont les entreprises occidentales réussissent à ne payer aucunes taxes en Afrique. Avec Ifieniya Lott, Mwana Siti B. Juma, Charles Abugre and John Christensen.

Here are the subjects that were addressed in the July 18th Amandla radio show on CKUT 90.3 FM (Montreal). You can download the show here (link valid for two months only).

Show entirely in english Stella Chiweshe

The Zimbabwean artists, Stella Chiweshe (see picture), comes in Montreal to perform at the “Festival Nuits d’Afrique” . She’s the first woman in Zimbabwe to lead her own group and she plays the mbira (also known as kalimba). We air an interview she gave to one of our Amandla crew member. Her presence at the Festival Nuit d’Afrique was alos covered by “Le Devoir” (in french).

The Ravaging of Africa: Corporate Plunder. It is a four-part radio documentary series about the destructive impact of U.S. imperialism on Africa. “Corporate Plunder” details the disastrous effects of Royal Dutch Shell’s operations in Nigeria and those of Canada’s Tiomin Resources in Kenya. Also highlighted is the massive tax looting of Africa by Western corporations. With Ifieniya Lott, Mwana Siti B. Juma, Charles Abugre and John Christensen.

Voici une petite video d’un spectacle donné par Stella Chiweshe en 2006. Here is a video showing a performance by Stella Chiweshe in 2006: