Le libre-échange en Afrique (2e partie)

Interview du Coordinateur de la coalition Non Aux APE au Sénégal, portant sur les Accords de Partenariat Economique (APE) entre l’Union européenne et l’Afrique, et sur la Zone de Libre-Echange Continentale (ZLEC), négociée au sein de l’Union africaine.

Molly Kane on the new book: Canada and the third world

Molly Kane talks to Gwen Schulman about the new book entitled “Canada and the third world: overlapping histories”, presented by the publisher as “a long overdue introduction to Canada’s historical relationship with the Third World. The book critically explores this relationship by asking four central questions: how can we understand the historical roots of Canada’s relations with the Third World? How have Canadians, individuals and institutions alike, practiced and imagined development? How can we integrate Canada into global histories of empire, decolonization, and development? And how should we understand the relationship between issues such as poverty, racism, gender equality, and community development in the First and Third World alike?”

R.I.P. Canadian International Development Agency 1968-2013

In the light of the recent budget which effectively closed CIDA and folded it into a generic extension of a trade based foreign affairs department, Gerald Caplan offers his views on how the Conservative party under Stephen Harper has reshaped and repositioned Canada internationally as well as effectively shutting down internal critics and even discussion which runs counter to government wishes.

Regard sur l’aide publique au développement

Lydia Atrouche est politologue. Elle est responsable du comité scientifique du Centre internationaliste Stanley-Ryerson, et de sa fondation Aubin. Elle a, entre autre, mené une étude sur l’aide publique au développement dans le champ de la coopération internationale. Plus particulièrement, Atrouche a interrogé les enjeux que soulève la notion d’efficacité à laquelle souscrit l’APD via la Déclaration de Paris (2005), notament ceux relatifs aux conditions de l’«aide», cet instrument hautement politique qui assure la reproduction néolibérale à travers ce qui est désormais dénommé l’«État efficace».

Regard sur l’oeuvre d’un penseur oublié: Walter Rodney

 Moulour Idir et Amzat Boukari

Mouloud Idir s’entretient avec l’historien Amzat Boukari-Yabara autour de l’oeuvre de Walter Rodney (1942-1980), historien d’origine guyanaise et grande figure du panafricanisme, de l’antiracisme et de l’anticolonialisme qui a notamment rédigé l’ouvrage « Comment l’Europe sous-développa l’Afrique ».

Amandla: Patrick Alleyn sur les enjeux environnementaux concernant le bassin du Nil/ Polémique en Algérie autour d’un “sondage” d’Al Jazeera.

Voici les thèmes qui ont été abordés pendant l’émission Amandla du 26 décembre 2007 sur les ondes de CKUT 90.3FM (Montréal). Vous pouvez la télécharger ici (lien valide pour deux mois seulement).

L’émission du 26 décembre est un spécial en français… ou presque.

Le photo-journaliste Patrick Alleyn parle des enjeux sociaux-politiques entourant l’exploitation du Nil. Patrick Alleyn et Benoit Aquin reviennent de Chine et d’Afrique et présentent, par le médium de la photographie, les défis environnementaux des sociétés chinoises et est-africaines.

Souk de Khan el-Khalili au CaireM. Alleyn nous entretient sur les défis de la gestion régionale du Nil, surtout en Égypte et en Éthiopie.

Cliquez ici pour pour entendre l’entrevue (avec M. Alleyn, Roberto et Moussa).

Une trentaine de photos sont affichées à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal au 465, av. Mont-Royal Est, Montréal, (Face au métro Mont-Royal; 514-872-2266) dans le cadre d’une exposition qui s’intitule: “Territoires sous pression“. Cette exposition se tient jusqu’au 20 janvier 2008. L’entrée est libre. PHOTO : © 2007 Benoit Aquin (tous droits réservés)

 

Entrevue avec Gwen qui nous entretient sur les raisons de son voyage en Afrique du Sud et au Malawi ainsi que son intention de faire des reportages qui seront présentés à notre émission Amandla (En anglais!).

Cliquez ici pour entendre l’entrevue (avec Gwen, Roberto et Moussa).

 

 

Commentaires sur le tolé provoqué en Algérie par un “sondage” d’Al Jazeera sur les attentats du 11 décembre à Alger. Un sondage sur le site de la chaîne de télévision qatari, Al Jazeera, provoque de vives réactions en Algérie. En effet, il demande: “Êtes-vous pour les deux attentats terroristes perpétrés à Alger?”. 52% de ceux qui ont daigné répondre l’ont fait en répondant “oui”. Commentaires de Moussa.

Des journaux, comme la Tribune d’Alger, critiquent fortement ce manque d’éthique de la part de la chaine du Qatar, et certains vont jusqu’à l’accuser de servir les vils desseins de la nébuleuse terroriste Al Qaïda:

Ghada Hamrouche de la Tribune d’Alger:

Unanime. C’est le moins qu’on puisse dire de la réaction de la presse algérienne à propos du scandaleux sondage de la chaîne qatarie El Djazira. Ainsi, les quotidiens parus hier ont vivement critiqué la formule et même la publication du résultat d’un sondage immoral. «L’attentat d’El Djazira», a écrit en grande manchette El Moudjahid, avant d’affirmer : «El Djazira est aujourd’hui un îlot fortifié du terrorisme, et sa capacité de nuisance dépasse celle de ceux qui tuent aveuglément des innocents, car elle s’applique à donner un semblant de légitimité à de vils criminels.»

De son côté, le Jour d’Algérie, en qualifiant la chaîne tout bonnement de «porte-parole officiel d’Al Qaïda», estime que ce sondage est «un véritable encouragement au crime». «La chaîne absout le GSPC de tous les crimes qu’il a commis et ceux qu’il envisage de commettre en Algérie», ajoute-t-il. Quant au quotidien El Watan, le sondage ne peut être qu’un «sondage de la honte». «Le sondage d’El Djazira n’est pas un simple dérapage. C’est tout simplement le summum du mépris de la vie humaine. Une insulte à l’éthique professionnelle, à la morale et aux valeurs universelles reconnues par toutes les religions», peut-on y lire.

Rémi Yacine, d’El Watan, se tourne vers une autre cause de cette tourmente, le désert médiatique audiovisuel algérien:

Tout le monde s’y met. Tous contre Al Jazeera ! Pour les autorités algériennes, le dérapage de la jeune chaîne qatarie est une aubaine. Il sert à masquer les lacunes sécuritaires, les limites de la politique de réconciliation et tout simplement l’incurie du système.

Parce qu’en Algérie, les islamistes sont aussi au pouvoir. Les barbéfèlenes sont solidement installés du côté du Palais du gouvernement. La presse indépendante a eu raison de s’émouvoir contre ce sondage indécent (Pour ou contre les attentats d’Alger ? Plutôt une bêtise du service marketing). Une fois l’indignation passée, il convient d’analyser cette colère juste, mais indéniablement instrumentalisée. Le vrai problème n’est pas Al Jazeera. Le problème réside dans l’Etat. Le problème est dans la dictature audiovisuelle. Il est offensant pour les Algériens de n’avoir qu’une chaîne de télévision ! L’Unique, la mal-nommée. L’ENTV n’est pas une chaîne publique, elle est une extension du pouvoir.
Elle est à l’image des dictatures arabes, obsolète, incongrue et définitivement non fiable. La voix de son maître. C’est donc la faute aux responsables politiques au pouvoir, au directeur de l’ENTV (passé par tous les rouages du système, qui a appris à dire très tôt anaâm sidi, choukrane (« oui monsieur, merci »), si les Algériens se ruent sur Al Jazeera et les chaînes de télévision française pour savoir ce qui se passe chez eux. Un tel sondage serait passé inaperçu si l’Algérie était dotée de télévisions libres, indépendantes. Si la liberté d’expression avait droit d’entrée à la télévision. Il ne faut pas se leurrer, l’actuel directeur de l’ENTV dirige une télévision brejnévienne, digne de Kim Il Sung. Aucun opposant, aucun artiste engagé, aucun journaliste indépendant, aucun militant des droits de l’homme n’a le visa nécessaire (estampillé FLN, RND ou ex-Hamas, islamo-conservateur) pour pouvoir s’exprimer sur l’Unique. Ce sont toujours les mêmes qui « habitent » la télévision algérienne, ni démocratique ni populaire depuis l’indépendance (confisquée). Le premier procès à faire n’est pas contre Al Jazeera (qui n’a pas à nous aimer ou détester, contrairement à ce qui est écrit ces derniers jours), mais contre nos responsables médiocres qui maintiennent nos concitoyens dans l’ignorance en imposant une dictature propre aux potentats arabes. La liberté de la presse doit entrer dans la Bastille de l’ENTV. Qu’ils le veuillent ou pas. Il appartient aussi aux journalistes de refuser cette censure, de faire exploser ce système pour créer des télévisions dignes de l’Algérie, des Algériens. Gageons qu’on saura faire autant, sinon mieux qu’Al Jazeera.

 

Here are the subjects that were addressed in the December 26th 2007 Amandla radio show on CKUT 90.3 FM (Montreal). You can download the show here (link valid for two months only).

The December 26th is totally in French… almost.

Interview with Patrick Alleyn who talks about the socio-political issues regarding the management of the Nile river by the States occupying its basin. Patrick Alleyn and Benoît Paquin came back from China and Africa, Ethiopia and Egypt more precisely. They present us, through the photography medium, the environmental challenges of the Chinese and East-African societies.

Click here to hear the interview (Mr. Alleyn, Roberto and Moussa).

You can see the photos (there are thirty of them) displayed at the “Maison de la culture du Plateau Mont-Royal”, 465, av. Mont-Royal Est, Montreal, (in front of the Mont-Royal metro station; 514-872-2266). The exposition is called : “Territoires sous pression”and lasts until January 20th 2008. Admission is free.

Interview with Gwen who tells us about the reasons for her trip to South Africa and Malawi as well as her plans for doing reportages that will be presented on the Amandla show. (In english!).

Click here to hear the interview (with Gwen, Roberto and Moussa).

Comments on the turmoil created in Algeria by an Al-Jazeera ‘survey’ asking if people agreed with the December 11th bombings in Algiers. The newspapers in Algeria are furious and accuse Al Jazeera to be an ‘Al Qaida puppet’. Some papers (El Watan [link in french]) indicates that if Algeria had a free televised media environment (no State control) the turmoil wouldn’t have happened since Algerians would’ve listened to local TV instead of Al-Jazeera.

This issue still shows a serious lack of ethics from the Qatari TV station. Comments by Moussa.

Doug au Malawi/ Doug in Malawi

(Link in english/ lien en anglais)

Our dear contributor to the Amandla radio show and to this blog (read his analysis on Malawi), Doug Miller, is actually in Malawi (or about to arrive there) with some students from Montreal’s Vanier College. They will spent time in Makupo, Malawi, where they will meet Malawians and share cultures.

Doug:

In August 2007, the people to people support of friends in Canada led to the sinking of a well and the burden of village labour has shifted dramatically. Now Makupo can host a visit from 9 Canadians representing all the glorious mix that makes up Canada.
The Malawians in the village share a long history with a common place, while the Canadians have histories that involve new homes and building new links. It is an interesting stew and I am looking forward to seeing how it cooks into a tasty dish.

This is from Doug’s blog. Yes, Doug started a blog related to this Malawian odyssey and we invite you to take a look: http://makupo.blogspot.com/

Notre cher ami et collaborateur à l’émission de radio Amandla ainsi qu’à ce blog (lire son analyse sur le Malawi ici), Doug Miller, est présentement au Malawi (ou à la veille d’y mettre le pied) avec des étudiants du Collège Vanier de Montréal. Ensemble, ils vont passer du temps à Makupo, Malawi, où ils vivront une expérience de partage des cultures. Visitez son blog: http://makupo.blogspot.com/

Le Forum Social Mondial, selon son fondateur/ The World Social Forum, according to its founder

 (Lien en français, link in french)

Chico WhitakerChico Whitaker (voir photo), syndicaliste et homme politique brésilien, nous explique l’essence du Forum Social Mondial et pourquoi les médias et l’opinion publique du monde “développé” le considèrent miné par les divisions et l’inaction à cause d’une trop grande diversité des groupes qui y participent. Ce qui n’est pas le cas, selon Whitaker. Cette faiblesse est plutôt une force puisque le rôle du FSM est de servir d’espace pour partager toutes les idées afin de les diffuser. Car, le renouveau espéré par l’altermondialisme doit passer par une diffusion de la compréhension et de l’action individuelle qui à terme, provoquera les changements politiques trop longtemps attendus.

Chico Whitaker (picture above), a trade-unionist and a Brazilian politician, explains the essence of the World Social Forum and why medias and the Western public opinion consider it to be plagued by internal divisions and inaction because of the diverse origins of the groups participating. For Whitaker, it isn’t the case. This “weakness” is instead a strength because the WSF’s role is to become a space where all ideas are shared and be diffused afterwards. The new globalization hoped by the WSF will occur after each individual understands the stakes and takes action. It will ultimately provoke the long waited political changes:

Alternatives:

FORUM SOCIAL MONDIAL
Le meilleur des deux mondes

dimanche 9 décembre 2007 par Alexandre Shields
Le cofondateur du Forum social mondial, Chico Whitaker, garde l’espoir de voir émerger une conscience sociale planétaire. Peut-on imaginer un monde plus fraternel, plus solidaire, respectueux de l’environnement et dans lequel l’économie serait au service de l’humanité et non l’inverse ? Si l’idée paraît tout simplement utopique aux yeux de plusieurs, Chico Whitaker, cofondateur du Forum social mondial, y croit dur comme fer. Et le Brésilien a beau concéder qu’un tel changement prendra du temps, il insiste sur l’absolue nécessité de créer cet « autre monde ». Le regard que jette Chico Whitaker sur la société actuelle est sans équivoque : la mondialisation, quoi qu’en disent nos dirigeants, « impose actuellement à l’humanité son oeuvre mortifère en toute liberté ». Rien de moins.

Le Forum social mondial (FSM), ce rendez-vous annuel de ce que certains appellent la mouvance altermondialiste, est justement né de la nécessité de réunir ceux qui luttent contre cette façon de concevoir le monde. « L’idée, c’était de dépasser le stade de la contestation qui marquait les grandes rencontres économiques. Il ne faut pas manifester contre la mondialisation mais se demander ce que l’on veut. Bref, aller vers une recherche de propositions », résume Chico Whitaker pour expliquer la volonté des fondateurs.

L’initiative a eu un écho inespéré, dit-il, enthousiaste, puisque le premier Forum organisé en janvier 2001 à Porto Alegre a attiré environ 15 000 personnes venues d’horizons très différents. Ce nombre de participants a par la suite grimpé en flèche, passant de 50 000, en 2002, à plus de 150 000 en 2004, alors que la rencontre se tenait pour la première fois hors du Brésil, à Mumbai, en Inde. Des participants originaires de 132 pays et de 2660 associations ou mouvements s’y étaient rendus. Sans compter les dizaines de forums régionaux qui ont essaimé dans le monde entier. Le Forum fera relâche en 2008, mais simplement pour réfléchir à la suite des choses, assure M. Whitaker.

Le septuagénaire est justement heureux de voir que le FSM ait réussi, dans une certaine mesure, à « dépasser les barrières » qui existaient entre les mouvements sociaux. Ancien membre actif du Parti des travailleurs (PT), formation de gauche du président Lula da Silva au pouvoir au Brésil, Chico Whitaker est justement convaincu qu’au sein de la gauche, « le problème a toujours été celui de la division ».

Immédiatement, il prend soin de préciser que, même si le Forum a été qualifié de « rendez-vous de la gauche », il n’en est rien. Selon lui, il s’agit d’un espace de rencontre et de réseautage pour des personnes déjà engagées dans diverses actions, mais qui ne cherche pas à leur imposer un mot d’ordre, quel qu’il soit. C’est d’ailleurs là « le grand résultat du Forum, soit de permettre que ces actions soient menées. Et ce qui est incroyable, c’est que l’on avance. Ça fonctionne. »

Le FSM tient aussi à préserver sa règle du « consensus ». Chico Whitaker considère que cette façon de faire permet de se distancier des « vieilles pratiques » auxquelles les gens sont habitués. « On fonctionne trop souvent sur un système pyramidal et hiérarchique, pour des questions de rapidité ou d’efficacité », soutient-il.

Selon lui, les partis politiques sont les meilleurs exemples de ce mode d’organisation. Or « le FSM est tout à fait autre chose. Il ne s’agit pas d’un mouvement ou d’un parti politique. C’est un espace dans lequel on peut et on doit travailler avec des gens différents, sans vouloir réduire au silence ceux qui ne pensent pas comme vous. C’est pour cela que nous choisissons le réseau plutôt que la pyramide, la non-violence plutôt que l’affrontement, les échanges d’expériences et non le document final ».

Cela ne veut pas dire que certains participants ne souhaiteraient pas mettre sur pied un mouvement politique doté d’un programme précis. « C’est une bataille permanente chez nous, admet M. Whitaker. Au Forum de 2005, par exemple, des intellectuels ont essayé de faire adopter un Manifeste de Porto Alegre pour résumer ce que les gens pensaient. Ça n’a pas fonctionné, mais c’est toujours présent. »

Les tentatives de récupération politique sont d’ailleurs bien réelles. Ce fut le cas lors du Forum tenu à Caracas, au Venezuela, en 2006. Le président Hugo Chavez, véritable vedette de la gauche internationale, a utilisé le FSM comme vitrine pour sa révolution bolivarienne, déplore le cofondateur de l’événement. Or la Charte des principes du Forum social mondial stipule clairement que les partis politiques n’y sont pas les bienvenus.

Définir l’indéfinissable

La relation avec les médias n’est pas toujours harmonieuse. Difficile, en effet, d’imaginer qu’une telle rencontre n’accouche pas de revendications claires. « C’est la chose la plus typique des médias. Ils nous demandent toujours qui est le chef et quelle est la position finale. Sinon, ils nous disent : “Mais où allez-vous avec ça ?” Les gens demandent souvent, après sept ans, “qu’est-ce que ça donne”. C’est aux mouvements sociaux de répondre à cette question », laisse tomber l’auteur d’un livre sur l’expérience des Forums intitulé Changer le monde, (nouveau) mode d’emploi.

Si la chose est effectivement ardue à cerner, Chico Whitaker ne s’en formalise pas outre mesure. L’essentiel, selon lui, c’est de « démontrer aux gens que cet autre monde est en train de se construire » et qu’il est plus que jamais nécessaire. La tâche est toutefois loin d’être aisée. « Si vous prenez la plupart des individus qui vivent dans des pays riches, qui ont des conditions de vie raisonnables, ils se demandent pourquoi il faudrait un autre monde. Il est difficile de dire aux gens qu’il faut plus d’austérité, parce que tout le système est basé sur la consommation. Le système s’arrête si on ne consomme pas. Ce ne sont plus les ouvriers qui ont le pouvoir d’arrêter les machines, mais les consommateurs. »

Chico Whitaker est d’ailleurs convaincu que l’on ne peut pas changer le monde à travers la seule sphère politique. « Plusieurs mouvements pensent à prendre le pouvoir, explique-t-il. Ils ont le droit, et s’ils prennent le pouvoir, qu’ils soient capables de faire ce qu’ils disent. Mais ce n’est pas par là qu’on va changer le monde. Par exemple, si on ne change pas nos comportements personnels, nos habitudes de consommation, le problème du climat ne sera pas résolu.

« Ça ne peut pas venir d’un décret du gouvernement, personne ne va accepter ça. Il faut que les gens soient convaincus qu’il faut le faire. C’est un apprentissage et un exercice permanent qui font partie d’une sorte de “changement intérieur”. Il ne faut pas tenter de discipliner des militants. Les régimes totalitaires font ça. Ils réduisent tout le monde à des pièces réglées, des machines. Les gens ne veulent pas être des pièces de machines. »

Il ne faut pas non plus s’en remettre à un « sauveur ». C’est ce que les Brésiliens ont fait, selon lui, en élisant Lula. « Nous sommes tombés dans l’illusion que, si on élisait un président, tous les problèmes seraient résolus. Chez nous, les gens font de la politique comme ils font des affaires, pour s’enrichir, et le gouvernement Lula a adopté les mêmes règles du système corrompu qui existe au Brésil. Tout ce monde-là a été victime d’un pragmatisme à outrance pour être élu. Ç’a été un pas en arrière », juge-t-il.

Chacun de nous

Exaspéré, l’ancien conseiller municipal de São Paulo a lui-même démissionné du PT avec fracas en janvier 2006. « Au lieu de perdre les deux tiers de mon temps dans des bagarres internes, je préfère me consacrer à un travail dans la société civile, qui a besoin d’organisation », poursuit cet homme optimiste qui a vécu 15 ans en exil avec sa femme et ses quatre enfants, tandis qu’une dictature régnait avec une poigne de fer sur le Brésil.

Il garde d’ailleurs espoir de voir émerger une « conscience sociale » qui se répercutera à grande échelle, mais sans naïveté. « Je ne suis pas catastrophiste, mais je suis très préoccupé. Si les changements climatiques continuent de s’intensifier, le problème de l’eau va devenir très sérieux, tout comme celui de la faim. Et le “débalancement” de l’ensemble de cet équilibre interne de la planète, qui a pris des milliards d’années à se former, est dû à la recherche du profit à tout prix. Moi, je ne vais pas voir les plus graves conséquences de tout ça, mais je suis très inquiet pour mes enfants, mes petits-enfants et mes arrière-petits-enfants. Ils vont vivre dans un monde où la guerre pour le contrôle de l’eau sera bien réelle. »

La solution passe selon lui « par chacun de nous ». « Les personnes politiques devraient agir contre cela, mais ne le font pas. C’est pour ça que la société civile est un acteur fondamental. Si la société prend conscience de cela et commence à agir, on va obliger les politiques à agir, à faire ce qu’ils doivent faire. »

Microfinance à Madagascar/ Microcredit in Madagascar

(Liens en français/ links in french)

The Malagasy authorities have attracted the favors money-lenders like the International Monetary Fund. It enables the country to carry on with its microcredit campaign because some parts of the funds required come from lenders like France, Germany or organizations like the World Bank or FAO. See L’Express de Madagsacar (in french).

For Madagascar, the development of its rural population goes through microfinance and its Finance ministry manages a website for the national coordination of microfinance: Madamicrofinance.mg (in french).

Les autorités malgaches sont tombées dans les bonnes grâces des bailleurs de fonds internationaux, notamment le Fonds monétaire international (FMI), comme l’indique cet article du Madagascar Tribune:

Un haut responsable attendu en septembre
Les relations entre Madagascar et le Fonds Monétaire International sont au beau fixe. A preuve, un haut responsable de cette institution est attendu à Madagascar au mois de septembre. Telle a été la déclaration du ministre des Finances et du Budget, Andriamparany Radavidson Benjamin, hier au cours d’un point de presse. L’objet de sa venue étant de discuter de la loi de finances 2008, un sujet important dans la mesure où la décentralisation budgétaire entrera prochainement en vigueur.

[…]

Cela permet à l’État malgache de poursuivre une campagne de sensibilisation sur le microcrédit. En effet, certaine sommes de projets de microcrédit proviennent de bailleurs de fonds internationaux comme la France, l’Allemagne, la Banque mondiale ou la FAO. Voir L’Express de Madagsacar:

L’épargne et le crédit au menu des paysans

La microfinance soulève un intérêt palpable de la part du monde rural. Une situation qui devra encore s’accentuer avec la nouvelle campagne de communication. Le microcrédit est un outil de développement. La vulgarisation de la microfinance devra accroître l’épargne et le crédit dans le milieu rural. Dans cette optique, le microcrédit joueraMicrofinance pleinement son rôle de créateur de richesse.
“La microfinance sera désormais associée à la création de richesse”, souligne Blaise Rajoelina, coordonateur national de la microfinance lors de la présentation de la stratégie de communication. La stratégie de communication en vue du développement du secteur de la microfinance à Madagascar focalise une partie de ses interventions sur cet aspect.
Changement de perception
“Le changement de la perception de la microfinance se trouve être la clef de l’amélioration du taux de pénétration du microcrédit en milieu rural”, explique Bakoly Rafanoharana, responsable du volet microfinance au sein du Millénium challenge account Madagascar.
“Emprunter de l’argent doit être perçu comme une volonté d’accroître la richesse”, confirme Bakoly Rafanoharana. “L’ancienne conception considérait le crédit comme un signe de pauvreté”, continue-t-elle en précisant que cette campagne s’insère dans les interventions du Mca dans le secteur de la microfinance. En 2006, près de 300 000 personnes ont pu bénéficié de la microfinance avec un encours de crédit de 42,7 milliards ariary.
“La vulgarisation doit également passer par une simplification de la compréhension du langage de la microfinance”, explique Tsilavina Ralaindimby de l’agence Artcom, membre du consoritium qui s’est chargé de la réalisation de la stratégie de communication. “Il est aussi important de conscientiser tous les acteurs du secteur sur l’aspect gagnant-gagnant”, poursuit-il.
Doda Andrianantenaina
Date : 07-08-2007

Pour Madagascar, le développement de sa population rurale passe donc par celui de la microfinance. D’ailleurs, le ministère des Finances de l’État gère un site destiné à la coordination nationale de la microfinance: Madamicrofinance.mg.

“Ponte City”, une icône de Johannesburg/ ‘Ponte City’, Johannesburg’s icon

(Links in english/ lien en anglais)

Voici un article du Globe and Mail traitant de la revitalisation de Ponte City, un bâtiment résidenciel de 173 mètres et 54 étages, au coeur de Johannesburg (Afrique Du Sud) construit durant la décennie 70, en plein apartheid. Il était destiné aux riches blancs qui occupaient le centre-ville. Avec la fin de l’apartheid, ces derniers ont quitté le centre-ville et ce sont les indiens et les noirs qui occupent Ponte City aujourd’hui, dont beaucoup d’immigrants illégaux. Un groupe de promoteurs veut revigorer le centre-ville de Johannesburg et cela passe par la restauration de Ponte City. Malheureusement l’article ne met pas beaucoup d’emphase sur qu’il adviendra des résidents pauvres de cet immeuble qui devront éventuellement trouver une nouvelle demeure ailleurs…

 

Here is an article by the Globe and Mail talking about ‘Ponte City’, a 173 m. and 54 stories high building in the center of Johannesburg (South Africa). It was built in the 70s, during the apartheid era. The article mentions the presence of illegal immigrants and poors living in the building. Since Ponte City is meant to be revitalized by a group of developers, not a lot is said about the future of these unfortunate residents who will have to find a new home soon:

 

The fall and rise of a Johannesburg icon

A team of developers hope that reviving residential tower will return downtown to its glory days

July 30, 2007 at 3:50 AM EDTJOHANNESBURG — Once upon a time, there was no more desirable address in perhaps all of the southern hemisphere. Certainly, there was no taller one.

Ponte CityThey call it Ponte City: a 173-metre high, 54-storey cylindrical tower, the whim of a 1970s architect who created an iconic building that is to the Jo’burg skyline what the CN Tower is to Toronto’s. When Ponte opened, it featured shag carpet on the walls, burnt-orange linoleum on the floors, chrome-covered wet bars, built-in saunas and, from each and every apartment, staggering views of the continent’s most bustling city. People flocked to live here, just as architecture and style writers stumbled over each other to rave about its chic.

Back then, of course, only white people got to live in downtown Johannesburg. When the apartheid laws that segregated living spaces were repealed in the early 1990s, black and Indian people flooded into the city centre. And whites fled just as fast, taking their money with them. The metropolitan government largely abandoned the policing of the city centre and the provision of services.

Ponte City began a rapid decline. Within a year or two, its 11 storeys of parking garage were being used as a dimly-lit brothel, drug lords operated brazenly out of the lobby and three stories of trash built up in the hollow core of the building. Rent for the three-storey luxury penthouse fell to just $500 (Canadian) a month, as Ponte went from byword of style to epicentre of crime and urban decay.

Now, however, an unlikely pair of developers has bought the city icon, filled with dreams of restoring it to glossy urban glory; the latest, most audacious move in efforts to bring downtown Jo’burg back from the brink.

“When you get a building like this, you can have a social impact, because the private sector buying a building like this is going to bring the middle class back into the centre of the city,” said David Selvan, one of the new owners. “In one fell swoop you change the thinking. There are very few things you can do to have this kind of effect.”

He and partner Nour Addine Ayyoub plan a new Ponte, one with an on-site gym and up-market grocery store, an amphitheatre in the core that projects movies onto the building sides and coloured glass boxes popping out into the core so everyone can experience that heart-stopping look down. Flats will sell for $60,000 to $115,000.

“Look at this place! Could you afford to live here in Toronto or New York?” Mr. Selvan enthused. “No! Only in South Africa!”

Of course, the reason the flats will be affordable is that, a $14-million renovation notwithstanding, Ponte sits at the core of Hillbrow, the worst neighbourhood in the city with the world’s highest violent-crime rate. And no coloured looking-glass boxes can change that. At least not quickly.

But Neil Fraser, an expert on the redevelopment of the city, says that turning Ponte around will have a big impact on the area.

The city, through its Johannesburg Development Agency, has been hard at work in recent years to change thinking about the downtown, an area that a full 80 per cent of respondents in a 2002 survey said was too dirty and unsafe for them to set foot in. The JDA has rehabilitated derelict buildings such as a cultural centre, and created a new fashion precinct – and then provided incentives to private businesses to move into the neighbourhood.

The program has made considerable achievements: The JDA is coy with its statistics, but there is no question that business occupancy has risen dramatically in the city over the past few years, while residential occupancy is increasing as well. Housing prices are up nearly 60 per cent in two years. It’s become politically fashionable for corporations, including many of those who fled the inner city at the end of apartheid, to move their headquarters back downtown. By opening up in downtown Jo’burg, they are seen as pledging support for the new, black South Africa it represents.

The city has also had unusual success in persuading the private sector to sign on to support the regeneration efforts. Mr. Fraser noted that the private sector has in many cases put far more money than the government into projects such as street lighting and sidewalks.

Ponte’s redevelopers envision their buyers as the professionals who now commute into businesses in the city from fortified homes in the northern suburbs. Bringing that middle class into the city, Mr. Fraser said, will stimulate retail and services, and a nightlife, providing an effect of normalization, he said. “Today you don’t have a 24-hour environment, and residential leads that.”

Sammy Mafu, marketing director for the JDA, rhymed off what the inner city does have: illegal shebeens (taverns), squatters, minibus taxi ranks that take over crucial arteries, sidewalk barber shops.

“Until the middle class lives here, you’re always going to have these problems,” he said. “The poor are only going to think about the health of their family and their tummy, not the health of their urban space.”

Ponte City

(Above: “Inside” Ponte City “doughnut shaped” tower)

Johannesburg’s inner city has become a refuge, albeit a dangerous and dirty one, for people from impoverished rural parts of South Africa and for illegal immigrants from all over Africa. Thousands of them squat in the abandoned buildings, and thousands more rent cheap flats such as those now provided in Ponte City. And they, of course, will have to go, as Ponte is reborn with its Italian bistro.

“It’s very painful to have to shift, because I’m used to it here, and it’s safe,” said Norma, a young illegal immigrant from Zimbabwe. She pays $100 a month to rent half a bedroom in a top-floor penthouse for herself and her four-year-old daughter – they share the flat with 10 other Zimbabweans. “I wish I would have the money to buy a flat here. I wish I would. But I will have to find somewhere and I don’t know where I will go.”

Mr. Ayyoub said his company has hired someone to help tenants find new housing, and approached other low-cost buildings in the neighbourhood to secure space.

Mr. Selvan, 56, is a lawyer turned film producer who grew up in wealthy white South Africa but spent years living abroad. Mr. Ayyoub, on the other hand, is the 40-year-old son of Moroccans who was raised in a tough immigrant-dominated slum of Rotterdam, an area not unlike Hillbrow. He moved to South Africa a couple of weeks before the first democratic elections in 1994, drawn by the country’s sense of possibility, and made a fortune in the software business.

The new Ponte will be ready for occupancy early next year. Mr. Selvan and Mr. Ayyoub acknowledged that it will be something of a mission to persuade wary South Africans to buy back into Hillbrow. But they are believers. “The city’s reputation internationally is based on turning this [neighbourhood] around,” Mr. Ayyoub said, waving out a 53rd-storey window. Just below him was Ellis Park Stadium, where the final game of the 2010 soccer World Cup will be played.

Last year, only a quarter of people surveyed said they thought downtown was too dirty or too unsafe to visit. “It is going very firmly [in the right direction],” Mr. Fraser said. “The impetus is there, the political attraction is there, a lot of things going in its favour, but there are a lot of areas that need TLC before you can say we’re on the road again.”

Points on Ponte

Designed by architect Rodney Grosskopff and completed in 1975, it has 54 residential storeys.

The building is finished with a rough grey concrete in a style referred to as new brutalism.

On windy days, gusts coming down into the building’s core from above collide with air funnelling back up, creating huge, sudden whirlwinds almost like cyclones. The building’s windows all had to be specially sealed to counteract the winds.

Ponte is said to have the highest number of suicide-related falling deaths of any building in the world. Most jumpers have gone outward, rather than down into the building’s core.

The German writer Norman Ohler set a 2002 novel in the building, Stadt des Goldes. “Ponte sums up all the hope, all the wrong ideas of modernism, all the decay, all the craziness of the city,” he said of the tower. “It is concrete fear, the tower of Babel, and yet it is strangely beautiful.”

We showed some picture of Ponte City, you can see pictures of other Johannesburg’s buildings here.