Émissions Amandla du 20 et du 27 juin 2007/ Amandla shows from June 20th and 27th 2007

Voici les thèmes qui ont été abordés pendant les émissions Amandla du 20 et 27 juin dernier sur les ondes de CKUT 90.3FM (Montréal). Vous pouvez les télécharger ici (lien valide pour deux mois seulement).

Le 27 juin

Entrevue avec Béatrice Umutesi présentant son livre: “Fuir Umutesiou mourir au Zaïre. Le vécu d’une réfugiée rwandaise” – en français. Mme Umutesi est une ancienne réfugiée originaire du Rwanda qui s’enfuit au Zaïre suite au génocide rwandais. Elle travaillait comme coordonnatrice d’ONG avant de fuir au Zaïre. Elle découvre que le Front Patriotique Rwandais (FPR), mouvement de libération qui est aujourd’hui au pouvoir au Rwanda, aurait aussi perpétré des massacres contre les hutus pendant le génocide. La situation rwandaise a donc été plus confuse que ce qu’a bien voulu présenter la presse internationale. Paradoxalement, c’est le FPR que Mme Umutesi dut fuir. Elle quitte pour le Zaïre. Mais la guerre la rejoint avec des soldats du Rwanda qui traversent la frontière pour attaquer les camps de réfugiés. Mme Umutesi dut encore fuir marchant 2000 km dans la jungle congolaise pour trouver la paix.

Décès de Ousmane Sembène (photo plus bas) – en français et anglais. Icône du cinéma africain, né en Casamance (Sénégal). Revue de sa carrière et de sa vie. Il a écrit 5 romans, 5 recueils nouvelles et 14 films.

Les États-Unis cherchent une base pour l’AFRICOM – en anglais. Tel que présenté dans le blog, les pays d’Afrique du Nord refusent d’héberger l’AFRICOM sur leur territoire.

 

L’Union Européenne négocie une entente de libre-échange avec la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) – en anglais. Une telle entente lierait l’une des plus riches régions du monde avec l’une des plus pauvre. Les négociations ne se font donc surement pas sur une base “d’égal à égal”. L’Europe pourrait avoir un accès total au marché de la CEDEAO.

Comment le monde arabe ignore le Darfour – en anglais. Analyse d’un article paru dans le New Internationalist, intitulé “Salaam Darfur”, et qui critique le silence et même le déni du monde arabe devant les événements du Darfur. Cet article a été écrit par deux activiste arabes: Moataz El Fegiery et Ridwan Ziyada.

 

Le 20 juin

 

Émission entièrement en anglais.

Commentaires sur les discussions entre le Front Polisario et le Maroc sous les auspices des Nations Unies – en anglais. Les discussions se sont faites sous les regards d’observateurs Algériens et Mauritaniens. Elles se sont tenues à la suite d’une résolution de l’ONU datant d’avril 2007. Jusqu’à maintenant, rien n’a bougé, si ce n’est la décision de continuer les discussions en août 2007. Pendant ce temps, une génération de réfugiés vit toujours en Algérie, et beaucoup d’entre eux n’ont jamais vu le Sahara Occidental.

Découverte du pétrole au Ghana – en anglais. Le Ghana espère exploiter son pétrole sans tomber dans le piège de la mauvaise gestion de la ressource.

SIDA et développement en Afrique – en anglais. SIDA et développement ont mauvaise presse en Afrique. Le SIDA n’est pas qu’un enjeu de santé publique, il bloque le développement économique. Même dans un pays riche comme le Botswana, il peut faire des ravages.

Grèves générales en Afrique du Sud – en anglais. L’Afrique Du Sud entre dans sa 18ème-19ème journée de grève générale alors que les syndicats et le gouvernement n’arrivent pas à s’entendre. Des reportages provenant du terrain sont présentés.

Here are the subjects that were addressed in the June 20th and 27th Amandla radio shows on CKUT 90.3 FM (Montreal). You can download the shows here (link valid for two months only).

June 27th

United States try to find an african base for AFRICOM – in english. Countries from Northern Africa don’t want the opening of the base. The subject was addressed in a previous post.

European Union wants to build a free trade deal with ECOWAS (Economic Community of West African States) – in english. This agreement could link one of the wealthiest zone of the world with the poorest countries of the world. This deal might not be negotiated in equal terms. Europe could have total access to the ECOWAS countries…

Death of Ousmane Sembène (see picture) – in english and french. Born in Casamance Ousmane Sembène(Senegal), he was the first african film director to have an international recognition. Review of his career and his life. He wrote 5 novels, 5 short story book, and 14 films. He died on June 10th 2007.

How the arab world ignores Darfur – in english. Analysis of an article from the New Internationalist (“Salaam darfur”) who criticizes the heavy silence and denial from the Arab world regarding the events occuring in Darfur. It was written by two arabic human rights activists: Moataz El Fegiery and Ridwan Ziyada.

Interview with Béatrice Umutesi author of the book: “Surviving the slaughter. The ordeal of a Rwandan refugee in Zaïre” – in french. Mrs Umutesi is a former Rwandan refugee who fled the genocide and went to Zaïre (today called Democratic Republic of Congo). She worked for an NGO before fleeing to Zaïre. She discovered that the Rwandan Patriotic Front (FPR), the liberation movement in Rwanda who’s now in power, also perpetrated mass murders against the Hutus during the genocide. The situation in Rwanda was therefore more complex than what the international medias depicted. Oddly enough, it’s the FPR Mrs Umutesi had to run from. She fled to Zaïre. But the war caught on her with Rwandan troops crossing the border and attacking refugee camps. She had to run into the jungle and walk 2000 km to find a safe place!

June 20th

Show entirely in english.

Comments on the talks between the Polisario and Morocco under United Nations’ auspices – in english. Talks were held between Morocco and Polisario front with observers from Algeria and Mauritania. They were held following a resolution from April 2007. So far, they lead to nothing concrete and they will continue in August 2007. Meanwhile, a generation of refugees still live in Algeria and most of them were born there and have never seen Western Sahara.

Oil found in Ghana – in english. Ghana hopes to exploit its oil without falling into mismanagement.

AIDS and development in Africa – in english. AIDS and development are treated negatively in Africa. AIDS isn’t just a health issue; it hinders economic development and social capabilities. Even in a rich african country like Botswana, it can be a really serious problem.

General strikes in South Africa – english. South Africa enters its 18-19th day of general strike as the unions and the government can’t find an agreement. Reports from the field are presented.

Voici un court vidéo d’Ousmane Sembène recevant “l’Akira Kurosawa” award au Festvial de film de SanFrancisco en 1993. Here is a short video of Ousmane Sembène receiving the Akira Kurosawa award at the 1993 San Francisco International Film Festival:

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Émission Amandla du 23 mai 2007/ Amandla show from May 23rd 2007

Voici les thèmes qui ont été abordés pendant l’émission Amandla du 23 mai dernier sur les ondes de CKUT 90.3FM (Montréal). Vous pouvez la télécharger ici (lien valide pour deux mois seulement).

 

Entrevue avec le professeur Khalid Medani concernant la situation au Soudan et au Darfour- en anglais. On découvre que les grands médias n’abordent pas les racines du problème que M. Medani nous décrit. Les médias simplifient le problème à l’extrême et tombent dans le sensationnalisme. Ils dépeignent le conflit comme une lutte entre arabes et africains ce qui est faux. La cause de problème est l’autoritarisme du gouvernement de Khartoum et l’absence de démocratie.

 

Note: Le professeur Medani est lui-même originaire du Nord-Darfour.Driss Benzekri

 

Mort Driss Benzekri défenseur des droits de l’homme au Maroc- en français. Un homme a qui il faut rendre hommage (voir photo ci-contre).

 

Article de Colette Breackman sur la République Démocratique du Congo- en français. Commentaires concernant un article de Colette Breackman sur la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC) et la situation en RDC. Selon elle, les tensions et exactions perdurent et les milices demeurent très actives. Un processus d’intégration des rebelles dans l’armée congolaise est perçu comme une façon de perpétuer la présence des rwandais dans l’Armée nationale. En effet, beaucoup de rebelles sont d’origine rwandaise.

 

Rapport 2007 d’Amnesty International-en français. Commentaires sur le dernier rapport d’Amnesty International. Vous pouvez le consulter ici.

Here are the subjects that were addressed in the May 23rd Amandla radio show on CKUT 90.3 FM (Montreal). You can download the show here (link valid for two months only)

 

Interview with professor Khalid Medani covering the Sudan/Darfur conflict- in english. The mainstream media are criticized because they don’t address the root causes of the conflict and falls into the sensationalist picture. To summarize the conflict as an arabs versus africans confrontation is false. The root cause is the lack of democracy and the authoritarian regime relying on a militia to keep control of Darfur. Designating the conflict as a genocide is also based on racists assumptions.

 

Note, professor Medani is himself from Northern Dafur.

 

Death of Driss Benzekri, a Moroccan Human rights activist- in french. An homage is given to Driss Benzekri who shouldn’t be forgotten (see picture above).

 

Article of Colette Breackman on the situation in Democratic Republic of Congo – in french. Comments regarding an article by Colette Breackman. She describes the situation of the United Nations misson in Congo (MONUC) and the violence that still occurs in Kivu. According to her, rebels are supposed to surrender and join the national army. But people don’t trust that move because they feel it will give to much power to Rwandan people within the Congolese army. That’s because a lot of rebels originate from that country.

 

Amnesty Internatinal 2007 Report- in french. Comment on the latest report from Amnesty Intl. You can read the report here.

Le Canada protège Talisman/ Canada protects Talisman

Voici une nouvelle que nous venons de recevoir. Le Canada interfère dans le processus légal en cours aux États-Unis qui accusent la compagnie canadienne, Talisman, de complicité de génocide au Soudan.

Here is a media release we received regarding the Canadian government interference in the Talisman court case in the United States.

— For Immediate Release —

Canadian Groups Shocked at Canada’s Interference in Talisman Genocide Complicity Case

We, the undersigned, are shocked at the Canadian government’s recent decision to intervene yet again on behalf of Talisman Energy in a lawsuit in the state of New York, where the company is facing a civil suit for alleged complicity in genocide under the Alien Torts Claim Act (ATCA). These claims arise from the brutal killings and displacement of civilians living in the oilfield areas of Sudan by the ruling regime which provided “security” for Talisman’s operations there. It is the view of the plaintiffs that Talisman was complicit in these crimes. This same regime is now accused of similar genocidal violence in the Darfur region of Sudan.

Canada’s interference here casts doubt on our government’s professed commitment to corporate social responsibility. Our government appears to be using the cloak of “sovereignty” to furtively appease multinational oil companies.

As with an earlier attempt to intervene politically by the previous Martin cabinet, the Harper government’s “Brief of Amicus Curiae” demonstrates an indifference to those who were victimized during the time that Talisman Energy was active in Sudan (1998 -2003). Canada’s submission is a spurious appeal to the US court to recognize Canada’s sovereignty in matters of international trade and, therefore, not to allow the case to proceed against a Canadian company in a US court. This is a red herring! Talisman has extensive natural gas operations in New York State where the action was begun. Unlike Canada, (which has no comparable specific legislation under which corporations can be tried for extraterritorial crimes) US legislators have recognized their responsibility to hold companies and individuals operating with a substantial presence in their territory to be accountable for their actions abroad.

Canada has been championing the principle of “universal jurisdiction” under international law for exactly the kinds of egregious violations of international law being addressed in the New York lawsuit. For Canada now to bury its head in the sand of national “sovereignty” when its own corporate citizen is challenged on such a serious issue is the height of hypocrisy! David Kilgour, former minister of state for Africa, said, “In the indicated circumstances, neither the Martin nor Harper governments should be intervening on the side of Talisman.”

Canada’s appeal, if successful, would send the clear signal to tyrants anywhere that Canada will support a company’s extraterritorial quest for gain over the rights of victims, even if they involve egregious violations of international law. To do this on the basis of erroneous legal technicalities is unconscionable.

The atrocities in question were documented by scores of independent journalists, researchers and organizations, as well as the Canadian government’s own fact-finding commission led by John Harker. Before entering Sudan, Talisman executives were briefed by knowledgeable people (including at least one Canadian Cabinet Minister) that oil revenues would assist Sudan’s military junta in committing genocide, ethnic cleansing, slavery, mass rape and sponsoring terrorism. The carnage and suffering in Darfur today is terrible confirmation of the accuracy of that prediction. Yet despite being warned, Talisman chose to rush ahead into a business partnership in effect with the regime. Canada’s former Minister of Foreign Affairs, Lloyd Axworthy, called Talisman Energy’s behavior in Sudan “deplorable”.

We call upon the Canadian government to promptly “do the right thing”. This means:

· Withdraw the “Brief of Amicus Curaie” and allow the New York Court to do its legitimate work without political interference; and

· Enact specific legislation to ensure that, in future, Canadian courts will also be able to hold corporations with a presence in Canada accountable for their crimes abroad.

For further information, please contact the undersigned agencies:

Dr. Norman Epstein, Co-chair, Canadians Against Slavery and Torture in Sudan (CASTS) 416-347-7652; Natalina Yoll, Federation of Sudanese Canadian Associations, (FESCA), 403-228-3290, Justin Laku, Canadian Friends of Sudan, 613-261-0042, Mel Middleton, Director, Freedom Quest International, 403-443-6023.


Procès de Désiré Munyaneza… la suite/ Désiré Munyaneza’s trial…other elements

( Links in french/ Liens en français)

Désiré Munyaneza’s trial continues in Montreal and is reported in La Presse de Montreal.

Further below, there is an interesting editorial by Yves Boisvert in the same newspaper who tells us the story of how Canada came to do such a trial on his own territory.

Le procès de Munyaneza continue à Montréal est est rapporté dans La Presse de Montréal:

Hier matin, une rescapée du génocide rwandais a livré un témoignage terrifiant au procès de Désiré Munyaneza. […].

«Le monde entier appartient aux Hutus», chantait Désiré Munyaneza, un revolver à la hanche, pendant le génocide des Tutsis au Rwanda, a raconté une femme qui témoigne à son procès à Montréal. Les miliciens hutus tuaient tellement de Tutsis qu’ils ne savaient plus où mettre les cadavres, a-t-elle dit hier. Les têtes coupées des victimes flottaient dans une rivière où elle voulait étancher sa soif.

Cette femme, qui avait 17 ans lors des événements de 1994, était tombée sans connaissance la semaine dernière dans la salle d’audience du palais de justice de Montréal quand elle décrivait des viols collectifs auxquels aurait participé M. Munyaneza, alors âgé de 27 ans, dans la commune de Butare (sud du Rwanda).

Elle a été hospitalisée et a repris son témoignage hier. Ce qu’elle racontait était tellement horrible que des gens, dans la salle, avaient de la difficulté à retenir leurs larmes. Elle est venue spécialement du Rwanda pour témoigner contre M. Munyaneza. Le juge André Denis lui a donné le nom de C-15 pour protéger son identité.

Les massacres ont commencé le 20 avril 1994 à Butare. Après avoir été violée à répétition dans un hôtel de passe, elle s’est réfugiée avec d’autres Tutsis autour de la préfecture. La ministre de la famille, Pauline Nyiramasuhuko, a incité les miliciens et les soldats hutus à envoyer les réfugiés dans un bâtiment voisin, l’École évangéliste du Rwanda (EER).

«Nous étions très nombreux à l’EER, a dit C-15. Les soldats et les Interahamwe (les miliciens hutus) venaient régulièrement pour tuer. Un jour, un soldat m’a amenée dans un buisson et m’a violée. Le lendemain soir, en retournant à l’EER, j’ai vu que beaucoup de personnes avaient été tuées, surtout des jeunes hommes.»

Les assassins hutus tuaient les Tutsis «en les frappant à la tête avec des bâtons, comme s’ils tuaient des serpents». Elle a fini par retourner à la préfecture, où les massacres se poursuivaient. À une date indéterminée, le préfet a encouragé les réfugiés à monter dans deux autobus vers la commune de Nyaruhengeri, supposément dans un lieu sûr, a poursuivi C-15.

«Les autobus étaient pleins. Il n’y avait plus de place pour moi. Le lendemain, un jeune garçon est venu à la préfecture et nous a appris que tous les réfugiés qui étaient partis en autobus avaient été tués. Quand un autobus est venu nous chercher, j’ai refusé de monter. Mais on nous disait que si on résistait, des Interahamwe allaient venir nous tuer sur place (à la préfecture).

«Nous récitions le rosaire dans l’autobus. Un policier s’est emparé d’un chapelet pour le jeter. Quand on a atteint Nyaruhengeri, on a été arrêtés à un barrage routier tenu par des Interahamwe. Leurs machettes et leurs vêtements étaient maculés de sang. Le chauffeur leur a parlé, mais ils ont dit qu’ils avaient déjà beaucoup tué et qu’ils étaient fatigués. Ils ont dit (au chauffeur et aux accompagnateurs hutus) de nous tuer eux-mêmes, mais ailleurs, parce qu’il y avait déjà trop de cadavres à Nyaruhengeri.»

L’autobus est revenu à la préfecture. Plus tard, les réfugiés ont été amenés dans la forêt de Rango, au sud de Butare. Des policiers ont ouvert les clôtures. Les réfugiés avaient soif, ils sont descendus à la rivière pour boire. «Vous pouviez voir les têtes flotter, a dit C-15. L’eau était tellement souillée de sang que nous n’aurions jamais voulu en boire.»

Au bout d’un certain temps, elle a vu des soldats courir vers eux dans la forêt. Elle avait peur. Elle croyait que c’était encore des Interahawme. Mais c’était des soldats du Front patriotique rwandais, l’armée tutsie. «Ils nous ont dit de ne pas nous inquiéter et de sortir de la forêt. Ils nous ont amenés à la préfecture puis, le lendemain, au stade. Ils nous ont donné de la nourriture et des médicaments.»

C’était la fin du génocide. Environ 800 000 du million de Tutsis habitant le Rwanda avaient été massacrés en 100 jours. Par la suite, des milliers de femmes victimes de viol sont mortes du sida. En tant que rescapée, C-15 est aujourd’hui un témoin, non seulement à Montréal, mais aussi au Tribunal pénal international pour le Rwanda, qui se déroule à Arusha (Tanzanie), et dans les tribunaux populaires du Rwanda.

Elle a été interrogée par un policier de la GRC au Rwanda en 2003 et en 2005. Le policier lui a alors présenté une photo de M. Munyaneza, qui, selon l’accusation, occupait un rôle dirigeant dans les milices hutues de Butare, mais elle ne l’a pas reconnu tout de suite. En fait, il n’est pas clair quand elle l’a reconnu.

Chose certaine, elle a eu un choc en entrant dans la salle d’audience du palais de justice de Montréal, la semaine dernière. «Quand je l’ai vu (dans le box des accusés), j’ai été terrifiée», a-t-elle dit. L’avocat de M. Munyaneza, Me Richard Perras, lui pose des questions très précises pour mettre en doute sa crédibilité.

Des documents hautement confidentiels qui avaient disparu pendant le transport de l’accusé au centre de prévention de Rivière-des-Prairies ont été retrouvés hier, au grand soulagement du juge. Celui-ci a imposé plusieurs mesures pour protéger l’identité des témoins, car ces derniers ont peur des représailles à leur retour au Rwanda.

Plusieurs accusés

Le sergent Guy Poudrier, de la Gendarmerie royale du Canada, s’est rendu une vingtaine de fois au Rwanda depuis l’adoption de la Loi sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, en 2000. C’est lui qui a dirigé les interrogatoires de témoins pour la mise en accusation de Désiré Munyaneza pour participation au génocide.

M. Munyaneza n’est que le premier accusé en vertu de cette loi. D’autres suivront. La section des crimes de guerre de la GRC a envoyé des enquêteurs dans plusieurs pays, notamment au Congo, au Chili et en ex-Yougoslavie. Les policiers ont de bonnes raisons de croire que des criminels de guerre provenant de ces pays résident au Canada.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda et les tribunaux populaires rwandais ne peuvent accuser tous les suspects de participation au génocide qui ont fui à l’étranger. La GRC a pris l’initiative d’enquêter sur ceux qui se trouvent en sol canadien. Elle espère ainsi envoyer un message clair : le Canada n’est pas un lieu sûr pour les criminels de guerre.

Yves Boisvert du même journal nous indique comment le Canada en est venu a juger Munyaneza sur son territoire:

Le gouvernement Mulroney a mis sur pied la commission Deschênes, en 1985, chargée de faire le point sur la présence de criminels de guerre au Canada.

En 1987, le rapport du juge Deschênes concluait qu’il existait de la preuve concernant une vingtaine de criminels de guerre sur le sol canadien, et des doutes concernant d’autres individus. Quoi faire avec ces gens? Il n’existait aucune instance internationale permettant de les juger.

À la recommandation du juge Deschênes, Ottawa modifiait le Code criminel pour permettre de juger ici toute personne soupçonnée de crime de guerre.

C’était un changement de «culture» juridique important : normalement, les procès criminels au Canada ne concernent que les crimes commis en territoire canadien; d’autre part, une loi criminelle n’est pas censée avoir une portée rétroactive : on ne peut créer des crimes que pour le présent et le futur. On s’en doute, la loi a été contestée, mais la Cour suprême l’a déclarée valide.

Le premier accusé, Imre Finta, a été acquitté par un jury en 1990, un jugement confirmé jusqu’en Cour suprême. Il y eut ensuite Michael Pawlowski, accusé d’avoir participé au massacre de 410 juifs polonais et de 80 autres Polonais en Biélorussie en 1942. Encore là, l’affaire s’est conclue sans condamnation, tout comme dans la troisième tentative, celle contre Stephen Reistetter, la Couronne ayant abandonné les procédures, faute de preuve solide contre lui. Un quatrième, Radislaw Grujicic, a été libéré, vu sa santé déclinante.

Le gouvernement fédéral a finalement abandonné la stratégie pénale, vu la difficulté de faire une preuve hors de tout doute 45 ou 40 ans après les faits. On a plutôt tenté de révoquer la citoyenneté canadienne de plusieurs d’entre eux, pour être entrés au Canada frauduleusement.

Malgré ces résultats décevants, au plan international, le Canada était fort impliqué dans la Constitution des tribunaux pénaux internationaux, tant en ex-Yougoslavie qu’au Rwanda. Mais comme les tribunaux semblaient se multiplier, on a fini par conclure qu’un tribunal pénal permanent pour juger les criminels de guerre et les auteurs de crimes contre l’humanité devait être créé.

Ce qui paraissait une utopie pure il n’y a pas si longtemps est devenu réalité avec le traité de Rome en 2000, mis en vigueur en 2002. Cette cour, la Cour pénale internationale, siège à La Haye, et commence à entendre des affaires.

En même temps, on a demandé aux États de faire leur part localement. Quand la chose est possible, de juger leurs propres citoyens pour ces crimes, mais aussi les ressortissants étrangers qui se trouvent sur le territoire. Le Canada a donc adopté une loi en 2000, la Loi sur les crimes contre l’humanité, qui crée de nouvelles infractions, et qui permet plus facilement de juger ici des criminels d’ailleurs.

C’est le cas de Munyaneza. Il a fallu enquêter longuement, notamment, puis tenir une commission rogatoire avec 17 personnes pendant un mois au Rwanda, et maintenant entreprendre un procès de plusieurs mois. Les coûts sont importants. Mais si cette loi veut dire quelque chose, il faut bien y mettre de l’argent, et montrer que l’engagement canadien n’est pas que sur papier.

Pendant ce temps, le Tribunal pénal pour le Rwanda est censé terminer ses travaux dans les années qui viennent. Il aura entendu moins de 75 causes, censées être les plus importantes – il n’a pas ouvert de dossier sur Munyaneza, objet d’une enquête entièrement canadienne.

Et à côté de cela, il reste plus de 50 000 détenus dans les prisons surpeuplées du Rwanda accusés de génocide (80 % des 70 000 détenus du pays, estime-t-on). Quelque 8500 ont commencé à être libérés cet hiver.

Ceux qui ne sont pas libérés sont passibles de la peine de mort dans leur pays, ou seront emprisonnés dans des conditions épouvantables. Ceux jugés sous l’égide de l’ONU ne peuvent être condamnés à mort, et seront détenus selon des normes acceptables. Tandis que Munyaneza, s’il est condamné, pourra être détenu au Canada.

Cela fait bien des disparités de traitement, sans doute des injustices, parfois dues au hasard.

Mais on n’est pas pour rabaisser nos normes pour «égaliser» vers le bas.

Au contraire, il faut applaudir à l’instauration de ce procès, à ce qu’il symbolise, et à ce qu’il accomplit.

Procès de Désiré Munyaneza à Montréal/ Désiré Munyaneza’s trial in Montreal

Un important procès relié au génocide rwandais est présentement en cours contre Désiré Munyaneza (voir photo) à Montréal (Québec). Il s’agit du premier procès pour crime de guerre à avoir lieu en territoire canadien, ce qui attire des dizaines de journalistes, dont certains proviennent de France, des États-Unis et d’Allemagne. Selon AfriqueCentrale.info:

L’accusation a l’intention de démontrer que Désiré Munyaneza a “soit participé, soit aidé ou encouragé des meurtres, de la violence sexuelle ou du pillage avec l’intention et la conscience de détruire la population tutsie dans le cadre d’un conflit armé”, a déclaré la procureur, Pascale Ledoux.

La Presse de Montréal nous parle du dernier témoignage:

[…] une jeune femme tutsie a raconté, mardi, dans quelles circonstances son chemin avait croisé celui de Munyaneza qui s’était constitué milicien volontaire en avril 1994.

Cette jeune femme dont l’identité est scrupuleusement protégée, pour sa propre sécurité, vit toujours au Rwanda. Ses malheurs ont commencé le 6 avril 1994, à la suite de l’écrasement de l’avion du président, Juvénal Habyarimana.

Sa maison a été brûlée. Avec d’autres, elle s’est cachée pour échapper aux tirs de soldats. Dans les fossés, elle a vu le corps de nombreux Tutsis. Après une quête vaine d’un lieu sûr, son petit groupe trouve refuge à la préfecture. Elle y est restée environ un mois.

C’est durant cette période qu’elle a connu Désiré Munyaneza, le fils d’un commerçant aisé de Butare, dans le sud du Rwanda. Il y est venu un jour et a intimé l’ordre à quatre hommes, une femme et deux filles, dont elle, de monter dans la partie arrière d’un camion. Il surveillait pour que personne ne s’échappe. À l’arrivée dans le bois près de l’Institut de recherche scientifique, les gens placés en cercle ont été abattus à tour de rôle à coups de machettes. Voyant son voisin s’écrouler, elle s’est écrasée au sol inconsciente. Elle a constaté que les morts étaient poussés dans un fossé. Elle a fait la morte jusqu’au moment où elle a plus entendu de bruit.

La procureure de la Couronne, Pascale Ledoux, a alors cherché à savoir ce qu’avait fait l’accusé au cours de cet épisode. Il avait une arme, portait des vêtements militaires et ordonnait aux gens qui l’entouraient de tuer et de faire en sorte que personne ne s’échappe.

Le témoin a indiqué avoir aperçu, à son retour à la préfecture, une fille qui avait également été épargnée.

Désiré Munyaneza est revenu. Cette fois, il a choisi quatre hommes âgés et les a amenés à proximité. Avec ses amis Shalom et Ntakujehjeka, ils ont saisi les hommes par les jambes et leur ont frappé la tête au sol, jusqu’à éclatement. Des civils qui assistaient à la scène ont participé à l’opération.

Désiré et ses deux amis sont revenus à la préfecture, cette fois pour prendre des filles avec eux. Shalom a pris Epiphania, Désiré a pris Alphonsina tandis que Ntakujehjeka l’a choisie. Amenée comme les deux autres filles dans un building pas très loin, le témoin a dit que son ravisseur lui avait ordonné de s’étendre et l’avait violée. Elle a dit qu’elle n’avait pas eu le choix. Ses deux compagnes d’infortune sont décédées après la guerre.

Le même stratagème s’est répété peu après avec la même Alphonsina et deux autres filles, Qualita et Fifi, qui sont également mortes après la guerre.

En fin de journée, mardi, Me Ledoux a demandé au juge André Denis de la Cour supérieure de poursuivre mercredi l’interrogatoire du témoin à huis clos, sans même la présence des médias, parce que les questions qu’elle entend poser sur le lieu d’origine du témoin, par exemple, pourraient aider à l’identifier. On sait que des témoins au Tribunal pénal international sur le Rwanda ont été victimes de représailles.

Plusieurs précautions sont prises. Le témoin entre dans la salle avant que le public soit admis et ne sort qu’une fois la salle vide. Il témoigne derrière un paravent. Seuls l’accusé, les avocats, le juge et les interprètes voient son visage.

Ce témoin ne devait commencer son témoignage que dans quelques jours, mais a pris la relève du témoin précédent, une autre femme, en raison des malaises ressentis au cours de son témoignage de lundi qui l’ont forcée à se rendre à l’hôpital. Cette dernière avait tout de même eu le temps de dire qu’elle avait vu l’accusé Désiré Munyaneza tuer un garçon à coups de bâton et entrer dans un hôtel de passe où des femmes étaient violées pendant le génocide des Tutsis au Rwanda. Elle reviendra compléter son récit.

Au départ, le procès qui n’avait pas été précédé d’une enquête préliminaire devait se tenir en français et en présence d’un jury. Il se tient finalement en anglais et en kinyarwanda devant un juge seul.

Pour ce qui est de l’accusé, il est arrivé au Canada en 1997. La Commission de l’immigration et du statut de réfugié a refusé sa demande d’asile en raison de son rôle présumé dans le génocide, notamment des viols et pillages.

Il a été arrêté par des agents de la GRC en octobre 2005 dans la banlieue de Toronto où il vivait avec sa femme et ses deux enfants. Il est détenu dans une prison à Montréal depuis ce temps.

An important trial, linked the Rwandan genocide, is currently taking place in Montreal (Quebec) and Désiré MunyanezaDésiré Munyaneza (see picture) is the accused. According to the CBC:

Munyaneza is the first person to be charged under Canada’s new Crimes Against Humanity and War Crimes Act, which became law in 2000. He will be sentenced to life in prison if convicted.

Munyaneza, 40, faces seven charges:

* Two counts of genocide.
* Two counts of crimes against humanity.
* Three counts of war crimes.

Therefore, this trial attracts journalists (link in french) from around the world.

The CBC gives the details of the last witness gave at this trial:

A Rwandan woman testifying at the first war crimes trial in Canadian history told a Montreal court Monday she smeared the blood of her sister on her forehead and pretended to be dead for three days to stay safe.

She said she and her sister left their home for the local school by order of the Hutus. The attacks began at the school, she said.

The woman said she was slashed on the forehead with a machete while trying to escape. She fell and lost consciousness, she said.

She woke up lying on top of her dead sister, she said. She smeared her sister’s blood on herself and spent the next three days pretending to be dead, the woman said.

When she finally left the school, she had to step on bodies to get out because there was no open space on the floor, the woman testified.

She told the court she was one of two survivors among 3,000 people.

The Crown’s witness list includes Senator Romeo Dallaire, who led United Nations peacekeepers in Rwanda during the genocide.

An appeal is likely whatever the trial’s outcome and the case is expected to end up at the Supreme Court of Canada.

Munyaneza came to Canada in 1996 and claimed refugee status, but was turned down. He moved to Toronto, where he was living with his wife and two children at the time of his arrest in October 2005.

Gerald Caplan, a leading authority on the Rwandan genocide, told CBC News that holding the trial sends an important message to the international community: There is no impunity for those accused of committing crimes in other countries.

“You want to flee to Canada and make a claim here or think you can disappear here, [but] you can never again be sure that the Canadian courts won’t clamp down on you,” Caplan said.

Émission Amandla du 21 mars 2007/ Amandla show from March 21st 2007

Voici les thèmes qui ont été abordés pendant l’émission Amandla du 21 mars dernier sur les ondes de CKUT 90.3FM (Montréal). Vous pouvez la télécharger ici.

La complexité du problème du Darfour et du Soudan – en anglais. AnalyseSénateur Roméo Dallaire d’une conférence qui s’est tenue à l’Institut d’études internationales de Montréal intitulée: “Darfour: l’urgence d’intervenir” et qui présente les points de vue du sénateur Roméo Dallaire (photo ci-contre) et de Peter Leuprecht, professeur à l’institut. On remarque que Dallaire, en tant qu’ancien militaire, réclame une intervention rapide au Darfour.

La complexité du problème du Darfour et du Soudan est brillamment expliquée à l’émission avec l’aide d’articles qui ont paru sur le sujet: celui de Mahmood Mmadani et Conn Hallinan. Vous pouvez aussi télécharger un rapport de la Commission des droits de l’homme de l’ONU qui traite du Darfour ici (format pdf).

Émission à entendre. On a rarement traité d’un sujet aussi complexe en posant le problème différemment. C’est-à-dire que les simplifications des médias et groupes de pressions font que les nouvelles sur le Darfour ne présentent qu’un aspect tronqué et réduit à celui de massacre, ou génocide selon les points de vue, de pauvres populations locales par des milices arabes au Darfour. Ce qui n’est pas faux, mais les autres aspects omis et primordiaux pour bien appréhender les enjeux sont aussi présentés dans cette émission.

La politique québécoise en Afrique et la place de ce continent dans les plateformes électorales des différents partis pour les élections provinciales du 26 mars prochains – en français. On traite de l’histoire des relations internationales du Québec avec le monde et l’Afrique depuis la Révolution tranquille. Bien que de juridiction fédérale, les relations internationales ont pu devenir un terrain d’action que le Québec à pu conquérir au fil des différents gouvernements qui ont dirigé la province. Les gouvernements dirigés par le Parti Québécois étant les plus revendicateurs d’une indépendance québécoise au niveau des relations internationales. Évidemment, le programme de ce parti étant de mener le Québec vers la souveraineté.

Des élections auront lieu le 26 mars 2007 au Québec, et Amandla en profite pour voir si les plateformes électorales des principaux partis en lice (il sont 5) tiennent compte de la réalité africaine au Québec. Sans surprise, on se rend compte que cet enjeu est à peine effleuré. Pourtant, l’équipe d’Amandla est allé chercher des statistique sur l’immigration au Québec pour voir le poids des populations africaines (Vous pouvez télécharger le document ici – choisir le 4ème trimestre de 2006). On se rend compte que la principale région d’origine des nouveaux immigrants est le Maghreb (Algérie et Maroc). On voit aussi que l’immigration africaine est celle qui est la plus en hausse au Québec avec 16.6% d’augmentation en 2006 (venant d’Afrique du Nord et de l’Ouest). Ces immigrants sont en général très scolarisé (61.3% des immigrants de plus de 15 ans arrivant en 2006 possédaient 14 ans de scolarité). Comme bien d’autres régions de l’Occident, le Québec favorise l’immigration “utile”.

Les plateformes des partis demeurent vagues concernant l’immigration et la traite “par la bande” en développant le thème de l’identité québécoise. Les partis analysés sont l’Action Démocratique du Québec (ADQ), le Parti Libéral du Québec (PLQ), Le Parti Québécois PQ), Québec Solidaire et le Parti Vert. À écouter.

Here are the subjects that were addressed in the last Amandla radio show on CKUT 90.3 FM (Montreal). You can download the show here.

The intricacy of the Darfur and Sudan issues – in english. Analysis of a conference that was held at the “Institut d’études internationales de Montréal (IEIM)” and entitled: “Darfour: l’urgence d’intervenir (Darfur: the urgency for an intervention)“. It presented the views of the senator Roméo Dallaire (picture above) and Peter Leuprecht, professor at the Institute. Amandla noticed that Mr. Dallaire, as an ex-military, calls for a quick intervention in Darfur. The complexities of the issue of Darfur and Sudan are brilliantly exposed in the show with the help of articles available on the web and written by Mahmood Mmadani and Conn Hallinan. Also, you can download a report on Darfur done by the United Nations’ Human Rights Commission (pdf format).

This show is a must. Rarely has the complex issue of Darfur been addressed by showing it under a different light. Usually, the problem is addressed in a truncated an reduced manner by the medias and the pressure groups, only depicting the massacres, or genocide depending of the point of view, of a poor population by arab milicias. It is not false, but other primordial and omitted aspects are presented in the show and help to better comprehend the issue.

Quebec’s politic toward Africa and the place of the continent in the political parties’ electoral platforms for the March 26th provincial elections – in french. The history of the province of Quebec’s international relations with Africa and the world after the Quiet Revolution is addressed. Even though foreign affairs are a federal jurisdiction, the province of Quebec managed to have a certain control over some issues related to her relation with the rest of the world. This control has been acquired through deals or sometimes, and especially in the case of governments under the rule of the Parti Québécois, confrontation. Since, elections are taking place on March 26th, we analyse the space each party (there are five of them) gives for African issues. It’s with no surprise that the Amandla staff noticed the absence of such issues. However, statistics regarding the immigration in Quebec are presented in order to assess the weight of the African population which is significant (You can download the pdf, in french, here). The results show that the main regions of origin of the new immigrants, in 2006, is the Maghreb (Morocco and Algeria). Also, the African immigration is the one with the highest rate of increase in 2006 with 16.6% (coming from North and West Africa). 61.3% of the immigrants over 15 years old have more than 14 years of schooling. It means that Quebec, like any other host country/region, favours the “useful” immigration.

The political platforms of the main parties running for the elections are vague when the issues of immigration are addressed. When they do, it is bye addressing the question of national identity instead. The parties analyzed are:Action Démocratique du Québec (ADQ), the Parti Libéral du Québec (PLQ), the Parti Québécois (PQ), Québec Solidaire and the Green Party.

Génocide, droite religieuse et Darfour/ Genocide, Religious Right and Darfur

Selon un article de Mahmood Mamdani dans la London Review of Books, les conflits au Darfour et en Iraq ont des similarités: même nombre estimé de victimes au cours des trois dernières années, même agresseurs (groupes paramilitaires), victimes identifiables en tant que membres de groupes ethnico-religieux plutôt que comme individus.

Mais, la différence entre les deux conflits vient dans les désignations qu’on leurs attribue. L’Iraq est un conflit avec des cycles d’insurretion et de contre-insurrection alors que le Darfour vit un génocide. Pourquoi?

Mamdani indique que la raison vient de l’effet qu’a la présence américaine en Iraq. Elle montre au public américain la complexité politique de cet État et le dilemme du retrait des troupes auquel est confronté l’administration Bush. Pas de cela au Soudan. Le conflit du Darfour est purgé de tout élément politique: il est un “conflit apolitique”. Il ne marque donc pas les psychés des américains (ou canadiens). Le conflit du Darfour consiste donc en un acte simplifié impliquant des “Arabes” éliminant des “Africains”. Cette simplification excessive masque la réalité soudanaise et facilite sa désignation en tant que génocide. Ce terme facilite à son tour la formation de regroupements divers qui militeront pour une intervention américaine au Soudan. Mais pourquoi le terme génocide et pourquoi forcer une intervention au Soudan?

La réponse vient de Conn Hallinan de l’IRC. Ce sont les néo-conservateurs et la droite religieuse qui demandent une telle intervention américaine au Darfour. En voulant rendre la politique étrangère américaine plus morale, ce groupe ce sent concerné par le “génocide” du Darfour. Les agresseurs doivent payer de leurs actes. Hallinan dresse une liste des personnes influentes de ces milieux de droite qui demandent une telle intervention (voir la section anglaise pour les noms). En réduisant la complexité du problème du Darfour à sa plus simple expression, la tâche de faire entendre sa cause est rendue plus facile. De plus, cette réthorique aidera les États-Unis a assoir une présence plus accrue dans le continent africain. Un phénomène en branle depuis un moment déjà, notamment avec la création de l’AFRICOM.

According to Mahmood Mamdani, writing an interesting paper in the London Review of Books, the conflicts in Iraq and Sudan have similarities:

The estimate of the number of civilians killed over the past three years is roughly similar. The killers are mostly paramilitaries, closely linked to the official military, which is said to be their main source of arms. The victims too are by and large identified as members of groups, rather than targeted as individuals.

But the big difference is in the naming. The conflict in Iraq is called a “cycle of insurgency and counter-insurgency” and in Darfur, a genocide. Why?

The most powerful mobilisation in New York City is in relation to Darfur, not Iraq. One would expect the reverse, for no other reason than that most New Yorkers are American citizens and so should feel directly responsible for the violence in occupied Iraq. But Iraq is a messy place in the American imagination, a place with messy politics. Americans worry about what their government should do in Iraq. Should it withdraw? What would happen if it did? In contrast, there is nothing messy about Darfur. It is a place without history and without politics; simply a site where perpetrators clearly identifiable as ‘Arabs’ confront victims clearly identifiable as ‘Africans’.

Since Sudan and Darfur don’t have a direct impact in the american (or canadian) psyche, it is an “apolitical conflict”. That kind of conflict helps oversimplifying what’s really happening there. That’s why the reports we have from Darfur are always twisted and imply an “Arab” side exterminating an “African” side. For Mamdani, hiding the political complexity of Sudan makes it easier to tag the conflict as a genocide. In turn, the term genocide will make the gathering of a support for an american intervention in Darfur easier. But why calling it a genocide and why pushing for an intervention in Sudan?

The answer is found by Conn Hallinan from IRC:

[…] a seasoned cadre of neoconservatives and right-wingers have latched on to the issue, pushing an agenda that favors military over political solutions.

They include Elliott Abrams and Nina Shea (both of whom played key roles in the Reagan administration’s wars in El Salvador and Nicaragua), leading conservative evangelical Christians, and two of the country’s most right-wing legislators, Sen. Sam Brownback (R-KS) and Rep. Tom Tancredo (R-CO).

Typical of the rhetoric of this group was a commentary from Brownback published in the Orlando Sentinel last month. Brownback wrote that while he supports a diplomatic solution to Darfur, “We must be prepared to take strong action against the Khartoum government if diplomacy continues not to yield positive results.” He added: “The parties responsible for the genocide in Darfur must pay a price for their role in the continuing attacks on civilians and their refusal to accept international peace keeping forces” (Orlando Sentinel, February 27, 2007).

Behind the rhetoric of the “war on terrorism,” the Bush administration has a long-term strategy for Africa that turns butter into guns. The White House recently established a separate U.S. military command for Africa—AFRICOM—and this past December directly intervened in Somalia’s civil war. Washington is also spreading a network of military clients throughout North Africa and the Sahara and is even considering military action against anti-government insurgents in Nigeria. (See, for example, transcript of Associated Press interview with U.S. Gen. James L. Jones, supreme commander of the NATO, August 31, 2006.).

So, there we have it… Oversimplification at work to permit the push for an intervention in Sudan advocated by the Right (religious and neocons) . It will enable the USA to establish their presence in Africa.