Hirak : mouvement de contestations contre l’ordre néolibéral et autoritaire au Maroc

Depuis le mois d’octobre dernier à la suite de la mort d’un jeune pêcheur, Mouhcine Fikri, une série de manifestations populaires ont eu lieu dans la région du Rif, pour s’étendre à tout le pays en quelques mois. Ces manifestations  naissent dans un contexte socio-économique difficile pour les marocain(ne)s qui subissent de plein fouet l’agenda néolibéral, la corruption et la répression du pouvoir royal.

Pour en parler avec nous en entrevue, Soraya El Kahlaoui, sociologue et documentariste  engagée, elle nous livre son analyse de la situation en abordant les dynamiques propres au mouvement, la réalité de la répression mais aussi le sillage dans lequel s’inscrivent ces revendications à l’échelle nationale et région.

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Stolen resources from the Western Sahara arriving in Vancouver

In an exclusive interview with Erik Hagen from Western Sahara Resource Watch, and just as a ship containing stolen resources from the Western Sahara arrives in Vancouver, we look at Canada’s involvement in supporting the illegal export of phosphates from the occupied land.

 

See also the recent report P for plunder

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Wave of protests in Morocco

A fishmonger is caught with illegal fish, then he is crushed to death. This tragedy has sparked major protests around the country. Gwen looks at the situation in Morocco following this event.

Le Maroc demande à joindre l’Union Africaine. Une analyse de Faiza Kadri.

Le 23 septembre dernier le royaume du Maroc a demandé de rejoindre l’UA. Faiza Kadri de l’équipe d’Amandla porte un regard sur la signification de cette demande et des relations avec le Sahara Occidental.

WSF receives large delegation from the Western Sahara

IMG_1627The people from the Western Sahara have come numerous to Tunis. Under a packed tent several members of their communities spoke out about the situation in their occupied land. Hassan Aba a refugee who now lives in Egypt talks about the repression and torture he faced.

Lancement de la campagne “Frontexit”: contre les mesures militaristes qui répriment les migrants

Sur le terrain au FSM de Tunis

CImageet après-midi des membres de plusieurs groupes européens et africains ont lancé à Tunis la campagne “Frontexit: l’Europe est en guerre contre un ennemi qu’elle s’invente”. Dans une salle de classe bondée, différents intervenants de la campagne, de France, du Mali, de Tunisie et du Maroc sont venus expliquer ce qu’est Frontex, le système européen qui coordonne une traque militariste des migrants, et donner les grandes lignes de la campagne internationale qu’ils entendent mener pour dénoncer la criminalisation des migrants.

Extrait de la présentation de Ousmane Diarra du Mali.

Regard sur la situation du Maroc

Seconde partie de l’entretien sur le Maroc de Mouloud Idir avec le politologue Aziz Enhaili.

On y aborde les dernières élections législatives de novembre dernier qui ont donné lieu à la victoire des islamistes du Parti de la justice et du développement ainsi que le bras de fer entre différentes structures du pouvoir dans ce pays. L’entretien permet aussi de comprendre la portée limitée de la dernière réforme constitutionnelle marocaine.

Une analyse sur l’état de la situation sociopolitique au Maroc

Mouloud Idir s’entretien avec le politologue, Aziz Enhaili, sur la situation sociopolitique au Maroc. L’entretien aborde la nature du système marocain, les revendications de l’opposition et de la jeunesse, les enjeux de l’impunité, le défi de la construction maghrébine et le dispositif géopolitique dans lequel s’insère le régime marocain.

Où en est le féminisme islamique au Maroc?

Où en est le féminisme islamique au Maroc et quel est le rôle des femmes dans le sillage des mouvements révolutionnaires qui ont touché le reste du Maghreb et du Nord de l’Afrique? Mouloud Idir s’entretient avec Leila Benhadjoudja doctorante en sociologie à l’UQAM sur Les nouvelles formes du féminisme.

Ceuta et la paranoïa islamiste/ Ceuta and the islamist paranoia

(Lien en français/ link in french)

Here is an article from the french paper, the Figaro, adressing the issu of the irlsmiste prescne in the small spaish enclave of Ceuta in Morocco.

Un article du Figaro qui traite de l’enclave espagnole de Ceuta et du débat autour de la présence d’un groupe islamiste:

Dans cette enclave européenne en territoire marocain, la pauvreté nourrit la tentation islamiste. Reportage (DIANE CAMBON).

 

CE N’EST pas tout à fait l’Espagne ni non plus le Maroc. Comme Melilla, l’autre enclave espagnole sur la côte marocaine, Ceuta est à cheval entre la culture islamique et chrétienne. Territoire lilliputien de 17 kilomètres carrés, la ville espagnole est revendiquée par Rabat de longue date. Aujourd’hui la revendication est montée d’un cran. Le numéro deux d’al-Qaida, Ayman Al-Zawahiri, considère Ceuta comme l’un des « territoires occupés », à récupérer au même titre que Jérusalem ou Al – Andalous (l’Andalousie).

 

À Madrid, on prend très au sérieux cette menace de la nébuleuse d’Oussama Ben Laden. Mais à Ceuta, les autorités locales cherchent plutôt à la minimiser. Elles vantent la cohabitation entre les deux cultures et personne n’ose affirmer haut et fort qu’à Ceuta, on parle de « cristianos » et « moros » (chrétiens et maures) pour différencier la population. Enfin, tout le monde banalise l’opération policière « Duna » du 12 décembre, dans le quartier musulman « Principe ». Un coup de filet orchestré par 300 policiers venus de la péninsule et au cours duquel 11 islamistes présumés ont été arrêtés (quatre ont été remis, depuis, en liberté).

 

Lors des saisies, les forces de l’ordre ont retrouvé du matériel de propagande signé al-Qaida, une grande quantité d’argent et des faux papiers. « Ces arrestations sont une farce, elles sont uniquement de la gesticulation de la part des forces de l’ordre », lance Yamila, une Espagnole musulmane, membre de l’association du quartier El Principe.

 

Comme la plupart des 15 000 habitants de cette modeste zone, Yamila a été choquée par l’opération policière : « Avant, on nous reprochait de ne pas être assez patriotique avec l’État espagnol, aujourd’hui on nous suspecte d’adhérer aux thèses islamistes », s’insurge-t-elle. Et d’ajouter : « À force de nous stigmatiser, certains vont finir par croire qu’ils sont de véritables islamistes. » Ici, dans ce dédale de rues, récemment asphaltées à l’occasion des municipales du 28 mai, remportées haut la main par les conservateurs du Parti populaire, la culture musulmane domine. On compte une trentaine de mosquées, des teterias (salon de thé) et la grande majorité des femmes portent le voile.

 

Seuls deux « chrétiens » y vivent encore : le facteur à la retraite et le frère franciscain Diego Diez, dont la principale mission est de servir 700 repas quotidien aux plus démunis du quartier. Ancien bidonville, peuplé par des Marocains engagés dans les troupes franquistes en 19 36, le quartier est devenu une médina colorée, composée de 4 000 logements construits anarchiquement par les descendants des combattants.

 

L’argent de la drogue

 

« Ici, vous faites tout vous même. Il n’y a aucune aide de l’État. Si vous avez de l’argent, vous avez l’eau courante, sinon, vous restez avec votre toit ondulé », ironise Mohamed, 21 ans. Sur cinq mètres, le contraste est frappant entre les belle maisons, recouvertes d’« azulejos » (faïence) et les cabanes décrépies, à flanc de colline.

 

Longtemps, l’argent de la drogue a permis de mettre sur pied les plus belles demeures. « Il y a encore une petite dizaine d’années, vous pouviez gagner 1 800 euros en une nuit en traversant le détroit de Gibraltar avec une cargaison de haschisch », commente un habitant du quartier. « Aujourd’hui, c’est trop dangereux et les Marocains le font pour à peine 400 euros », dit-il. Le renforcement des contrôles, avec la mise en place de détecteurs électroniques pour repérer les « pateras » (barques) chargées d’immigrés, rend désormais plus difficile la traversée du détroit.

 

Du coup, la pauvreté a gagné du terrain. Ceuta détient le taux de chômage le plus élevé d’Espagne, soit 35 % de la population, dont la grande majorité est de confession musulmane. L’échec scolaire (seulement 4 étudiants musulmans sur 1 000 poursuivent des études) et la marginalité ne font qu’empirer. Autant d’ingrédients qui prédisposent ce quartier a être une poudrière, selon des membres de l’association locale.

 

« Citoyens de seconde zone »

 

« Regardez, comme on vit. Les bennes à ordures ne viennent pas et il n’y a pas d’éclairage public alors que l’on paye aussi nos impôts locaux ! Si la mèche islamiste s’enflamme, il ne faudra pas s’étonner », fait remarquer un habitant, qui souhaite conserver son anonymat. « Nous sommes considérés comme des citoyens de seconde zone alors que nous avons la carte d’identité espagnole », commente Mohamed du parti Union démocratique de Ceuta (UCD). Crée en 2003, ce parti constitué d’Espagnols musulmans et rattaché à la Gauche unie, peut se targuer d’avoir obtenu aux dernières élections quatre députés, soit le double des socialistes du PSOE.

 

Le député Mohamed Mustafa se défend d’appartenir à un parti fait pour les musulmans et s’insurge contre ceux qui essayent de les assimiler aux courants islamistes : « Nous sommes les seuls à nous préoccuper des inégalités sociales à Ceuta et il se trouve que le collectif le plus touché est celui des Espagnols de confession musulmane. » Les Espagnols musulmans représentent désormais près de 38 % de la population locale, un nombre qui ne cesse d’augmenter même si leur représentation dans les institutions locales est encore modeste. Les adhérents de l’UCD militent pour que le quartier El Principe, perché sur sa colline, soit desservi par deux lignes d’autobus, pour que les enfants puissent jouer dans des squares comme ceux du centre ville et pour que le trafic de la frontière ne les affecte plus…

 

En contrebas se situe la porte d’entrée de l’Union européenne en Afrique, le poste frontière d’El Tarajal. Il est ouvert 24 heures sur 24 et des milliers de Marocains y défilent chaque jour. En avril, la Garde civile a sollicité des renforts de Madrid. « Malgré la sécurité, cette frontière est totalement perméable. On ne peut pas fouiller sous chaque djellaba et vider toutes les voitures chargées de marchandises », commente avec lassitude un policier posté à la frontière. Une centaine de personnes tentent de forcer le passage, le dos courbé sous leurs paquets.