Ceuta et la paranoïa islamiste/ Ceuta and the islamist paranoia

(Lien en français/ link in french)

Here is an article from the french paper, the Figaro, adressing the issu of the irlsmiste prescne in the small spaish enclave of Ceuta in Morocco.

Un article du Figaro qui traite de l’enclave espagnole de Ceuta et du débat autour de la présence d’un groupe islamiste:

Dans cette enclave européenne en territoire marocain, la pauvreté nourrit la tentation islamiste. Reportage (DIANE CAMBON).

 

CE N’EST pas tout à fait l’Espagne ni non plus le Maroc. Comme Melilla, l’autre enclave espagnole sur la côte marocaine, Ceuta est à cheval entre la culture islamique et chrétienne. Territoire lilliputien de 17 kilomètres carrés, la ville espagnole est revendiquée par Rabat de longue date. Aujourd’hui la revendication est montée d’un cran. Le numéro deux d’al-Qaida, Ayman Al-Zawahiri, considère Ceuta comme l’un des « territoires occupés », à récupérer au même titre que Jérusalem ou Al – Andalous (l’Andalousie).

 

À Madrid, on prend très au sérieux cette menace de la nébuleuse d’Oussama Ben Laden. Mais à Ceuta, les autorités locales cherchent plutôt à la minimiser. Elles vantent la cohabitation entre les deux cultures et personne n’ose affirmer haut et fort qu’à Ceuta, on parle de « cristianos » et « moros » (chrétiens et maures) pour différencier la population. Enfin, tout le monde banalise l’opération policière « Duna » du 12 décembre, dans le quartier musulman « Principe ». Un coup de filet orchestré par 300 policiers venus de la péninsule et au cours duquel 11 islamistes présumés ont été arrêtés (quatre ont été remis, depuis, en liberté).

 

Lors des saisies, les forces de l’ordre ont retrouvé du matériel de propagande signé al-Qaida, une grande quantité d’argent et des faux papiers. « Ces arrestations sont une farce, elles sont uniquement de la gesticulation de la part des forces de l’ordre », lance Yamila, une Espagnole musulmane, membre de l’association du quartier El Principe.

 

Comme la plupart des 15 000 habitants de cette modeste zone, Yamila a été choquée par l’opération policière : « Avant, on nous reprochait de ne pas être assez patriotique avec l’État espagnol, aujourd’hui on nous suspecte d’adhérer aux thèses islamistes », s’insurge-t-elle. Et d’ajouter : « À force de nous stigmatiser, certains vont finir par croire qu’ils sont de véritables islamistes. » Ici, dans ce dédale de rues, récemment asphaltées à l’occasion des municipales du 28 mai, remportées haut la main par les conservateurs du Parti populaire, la culture musulmane domine. On compte une trentaine de mosquées, des teterias (salon de thé) et la grande majorité des femmes portent le voile.

 

Seuls deux « chrétiens » y vivent encore : le facteur à la retraite et le frère franciscain Diego Diez, dont la principale mission est de servir 700 repas quotidien aux plus démunis du quartier. Ancien bidonville, peuplé par des Marocains engagés dans les troupes franquistes en 19 36, le quartier est devenu une médina colorée, composée de 4 000 logements construits anarchiquement par les descendants des combattants.

 

L’argent de la drogue

 

« Ici, vous faites tout vous même. Il n’y a aucune aide de l’État. Si vous avez de l’argent, vous avez l’eau courante, sinon, vous restez avec votre toit ondulé », ironise Mohamed, 21 ans. Sur cinq mètres, le contraste est frappant entre les belle maisons, recouvertes d’« azulejos » (faïence) et les cabanes décrépies, à flanc de colline.

 

Longtemps, l’argent de la drogue a permis de mettre sur pied les plus belles demeures. « Il y a encore une petite dizaine d’années, vous pouviez gagner 1 800 euros en une nuit en traversant le détroit de Gibraltar avec une cargaison de haschisch », commente un habitant du quartier. « Aujourd’hui, c’est trop dangereux et les Marocains le font pour à peine 400 euros », dit-il. Le renforcement des contrôles, avec la mise en place de détecteurs électroniques pour repérer les « pateras » (barques) chargées d’immigrés, rend désormais plus difficile la traversée du détroit.

 

Du coup, la pauvreté a gagné du terrain. Ceuta détient le taux de chômage le plus élevé d’Espagne, soit 35 % de la population, dont la grande majorité est de confession musulmane. L’échec scolaire (seulement 4 étudiants musulmans sur 1 000 poursuivent des études) et la marginalité ne font qu’empirer. Autant d’ingrédients qui prédisposent ce quartier a être une poudrière, selon des membres de l’association locale.

 

« Citoyens de seconde zone »

 

« Regardez, comme on vit. Les bennes à ordures ne viennent pas et il n’y a pas d’éclairage public alors que l’on paye aussi nos impôts locaux ! Si la mèche islamiste s’enflamme, il ne faudra pas s’étonner », fait remarquer un habitant, qui souhaite conserver son anonymat. « Nous sommes considérés comme des citoyens de seconde zone alors que nous avons la carte d’identité espagnole », commente Mohamed du parti Union démocratique de Ceuta (UCD). Crée en 2003, ce parti constitué d’Espagnols musulmans et rattaché à la Gauche unie, peut se targuer d’avoir obtenu aux dernières élections quatre députés, soit le double des socialistes du PSOE.

 

Le député Mohamed Mustafa se défend d’appartenir à un parti fait pour les musulmans et s’insurge contre ceux qui essayent de les assimiler aux courants islamistes : « Nous sommes les seuls à nous préoccuper des inégalités sociales à Ceuta et il se trouve que le collectif le plus touché est celui des Espagnols de confession musulmane. » Les Espagnols musulmans représentent désormais près de 38 % de la population locale, un nombre qui ne cesse d’augmenter même si leur représentation dans les institutions locales est encore modeste. Les adhérents de l’UCD militent pour que le quartier El Principe, perché sur sa colline, soit desservi par deux lignes d’autobus, pour que les enfants puissent jouer dans des squares comme ceux du centre ville et pour que le trafic de la frontière ne les affecte plus…

 

En contrebas se situe la porte d’entrée de l’Union européenne en Afrique, le poste frontière d’El Tarajal. Il est ouvert 24 heures sur 24 et des milliers de Marocains y défilent chaque jour. En avril, la Garde civile a sollicité des renforts de Madrid. « Malgré la sécurité, cette frontière est totalement perméable. On ne peut pas fouiller sous chaque djellaba et vider toutes les voitures chargées de marchandises », commente avec lassitude un policier posté à la frontière. Une centaine de personnes tentent de forcer le passage, le dos courbé sous leurs paquets.

 

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Émissions Amandla du 20 et du 27 juin 2007/ Amandla shows from June 20th and 27th 2007

Voici les thèmes qui ont été abordés pendant les émissions Amandla du 20 et 27 juin dernier sur les ondes de CKUT 90.3FM (Montréal). Vous pouvez les télécharger ici (lien valide pour deux mois seulement).

Le 27 juin

Entrevue avec Béatrice Umutesi présentant son livre: “Fuir Umutesiou mourir au Zaïre. Le vécu d’une réfugiée rwandaise” – en français. Mme Umutesi est une ancienne réfugiée originaire du Rwanda qui s’enfuit au Zaïre suite au génocide rwandais. Elle travaillait comme coordonnatrice d’ONG avant de fuir au Zaïre. Elle découvre que le Front Patriotique Rwandais (FPR), mouvement de libération qui est aujourd’hui au pouvoir au Rwanda, aurait aussi perpétré des massacres contre les hutus pendant le génocide. La situation rwandaise a donc été plus confuse que ce qu’a bien voulu présenter la presse internationale. Paradoxalement, c’est le FPR que Mme Umutesi dut fuir. Elle quitte pour le Zaïre. Mais la guerre la rejoint avec des soldats du Rwanda qui traversent la frontière pour attaquer les camps de réfugiés. Mme Umutesi dut encore fuir marchant 2000 km dans la jungle congolaise pour trouver la paix.

Décès de Ousmane Sembène (photo plus bas) – en français et anglais. Icône du cinéma africain, né en Casamance (Sénégal). Revue de sa carrière et de sa vie. Il a écrit 5 romans, 5 recueils nouvelles et 14 films.

Les États-Unis cherchent une base pour l’AFRICOM – en anglais. Tel que présenté dans le blog, les pays d’Afrique du Nord refusent d’héberger l’AFRICOM sur leur territoire.

 

L’Union Européenne négocie une entente de libre-échange avec la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) – en anglais. Une telle entente lierait l’une des plus riches régions du monde avec l’une des plus pauvre. Les négociations ne se font donc surement pas sur une base “d’égal à égal”. L’Europe pourrait avoir un accès total au marché de la CEDEAO.

Comment le monde arabe ignore le Darfour – en anglais. Analyse d’un article paru dans le New Internationalist, intitulé “Salaam Darfur”, et qui critique le silence et même le déni du monde arabe devant les événements du Darfur. Cet article a été écrit par deux activiste arabes: Moataz El Fegiery et Ridwan Ziyada.

 

Le 20 juin

 

Émission entièrement en anglais.

Commentaires sur les discussions entre le Front Polisario et le Maroc sous les auspices des Nations Unies – en anglais. Les discussions se sont faites sous les regards d’observateurs Algériens et Mauritaniens. Elles se sont tenues à la suite d’une résolution de l’ONU datant d’avril 2007. Jusqu’à maintenant, rien n’a bougé, si ce n’est la décision de continuer les discussions en août 2007. Pendant ce temps, une génération de réfugiés vit toujours en Algérie, et beaucoup d’entre eux n’ont jamais vu le Sahara Occidental.

Découverte du pétrole au Ghana – en anglais. Le Ghana espère exploiter son pétrole sans tomber dans le piège de la mauvaise gestion de la ressource.

SIDA et développement en Afrique – en anglais. SIDA et développement ont mauvaise presse en Afrique. Le SIDA n’est pas qu’un enjeu de santé publique, il bloque le développement économique. Même dans un pays riche comme le Botswana, il peut faire des ravages.

Grèves générales en Afrique du Sud – en anglais. L’Afrique Du Sud entre dans sa 18ème-19ème journée de grève générale alors que les syndicats et le gouvernement n’arrivent pas à s’entendre. Des reportages provenant du terrain sont présentés.

Here are the subjects that were addressed in the June 20th and 27th Amandla radio shows on CKUT 90.3 FM (Montreal). You can download the shows here (link valid for two months only).

June 27th

United States try to find an african base for AFRICOM – in english. Countries from Northern Africa don’t want the opening of the base. The subject was addressed in a previous post.

European Union wants to build a free trade deal with ECOWAS (Economic Community of West African States) – in english. This agreement could link one of the wealthiest zone of the world with the poorest countries of the world. This deal might not be negotiated in equal terms. Europe could have total access to the ECOWAS countries…

Death of Ousmane Sembène (see picture) – in english and french. Born in Casamance Ousmane Sembène(Senegal), he was the first african film director to have an international recognition. Review of his career and his life. He wrote 5 novels, 5 short story book, and 14 films. He died on June 10th 2007.

How the arab world ignores Darfur – in english. Analysis of an article from the New Internationalist (“Salaam darfur”) who criticizes the heavy silence and denial from the Arab world regarding the events occuring in Darfur. It was written by two arabic human rights activists: Moataz El Fegiery and Ridwan Ziyada.

Interview with Béatrice Umutesi author of the book: “Surviving the slaughter. The ordeal of a Rwandan refugee in Zaïre” – in french. Mrs Umutesi is a former Rwandan refugee who fled the genocide and went to Zaïre (today called Democratic Republic of Congo). She worked for an NGO before fleeing to Zaïre. She discovered that the Rwandan Patriotic Front (FPR), the liberation movement in Rwanda who’s now in power, also perpetrated mass murders against the Hutus during the genocide. The situation in Rwanda was therefore more complex than what the international medias depicted. Oddly enough, it’s the FPR Mrs Umutesi had to run from. She fled to Zaïre. But the war caught on her with Rwandan troops crossing the border and attacking refugee camps. She had to run into the jungle and walk 2000 km to find a safe place!

June 20th

Show entirely in english.

Comments on the talks between the Polisario and Morocco under United Nations’ auspices – in english. Talks were held between Morocco and Polisario front with observers from Algeria and Mauritania. They were held following a resolution from April 2007. So far, they lead to nothing concrete and they will continue in August 2007. Meanwhile, a generation of refugees still live in Algeria and most of them were born there and have never seen Western Sahara.

Oil found in Ghana – in english. Ghana hopes to exploit its oil without falling into mismanagement.

AIDS and development in Africa – in english. AIDS and development are treated negatively in Africa. AIDS isn’t just a health issue; it hinders economic development and social capabilities. Even in a rich african country like Botswana, it can be a really serious problem.

General strikes in South Africa – english. South Africa enters its 18-19th day of general strike as the unions and the government can’t find an agreement. Reports from the field are presented.

Voici un court vidéo d’Ousmane Sembène recevant “l’Akira Kurosawa” award au Festvial de film de SanFrancisco en 1993. Here is a short video of Ousmane Sembène receiving the Akira Kurosawa award at the 1993 San Francisco International Film Festival:

Le Maghreb ne veut pas de l’AFRICOM/ The Maghreb doesn’t want AFRICOM

Selon le Washington Post, l’Algérie et la Libye auraient fermé leurs portes aux États-Unis qui voulaient y installer leur poste de commandement militaire pour le continent africain, l’AFRICOM. Le Maroc, considéré comme un proche un allié par Washington, n’a pas non plus été très invitant lorsqu’on lui a proposé d’installer le poste de commandement sur son territoire.

Qu’est-ce que l’AFRICOM? Vous pouvez aller consulter le résumé de l’émission Amandla du 14 février 2007. Des liens y sont indiqués. Vous pouvez aussi voir ce que le gouvernement américain dit lui-même de ce centre de commandement en cliquant ici. Wikipedia donne aussi une excellente description de ce qu’est l’AFRICOM.

According to the Washington Post, countries from the Maghreb don’t want the opening of the AFRICOM in their territories. If you want to know what the AFRICOM is, read de summary of the Amandla show from February 14th 2007. There are links indicated there. You can also look at what the US governement say about the AFRICOM here. Wikipedia also has an excellent description of the AFRICOM.

Washington Post (By Craig Whitlock; Washington Post Foreign Service):

A U.S. delegation seeking a home for a new military command in Africa got a chilly reception during a tour of the northern half of the continent this month, running into opposition even in countries that enjoy friendly relations with the Pentagon.

Algeria and Libya separately ruled out hosting the Defense Department‘s planned Africa Command, known as AFRICOM, and said they were firmly against any of their neighbors doing so either. U.S. diplomats said they were disappointed by the depth of opposition, given that the Bush administration has bolstered ties with both countries on security matters in recent years.

Morocco, which has been mentioned as a possible site for the new command and is one of the strongest U.S. allies in the region, didn’t roll out the welcome mat, either. After the U.S. delegation visited Rabat, the capital, on June 11, the Moroccan foreign ministry strongly denied a claim by an opposition political party that the kingdom had already offered to host AFRICOM. A ministry statement called the claim “baseless information.”

Rachid Tlemcani, a professor of political science at the University of Algiers, said the stern response from North African governments was a reflection of public opposition to U.S. policies in the predominantly Muslim region.

“People on the street assume their governments have already had too many dealings with the U.S. in the war on terror at the expense of the rule of law,” said Tlemcani, who is also a scholar with the Carnegie Endowment for International Peace. “The regimes realize the whole idea is very unpopular.”

The Bush administration announced in February that it intends to create a separate military command for Africa this year. Responsibility for U.S. militaryFlorida, and the European Command, based in Stuttgart, Germany. operations on the continent is now divided primarily between the Central Command, based in

As they search for a place to put a headquarters for the new command, U.S. officials have tried to allay concerns in Africa that the Pentagon has warlike designs in the region.

Ryan Henry, leader of the U.S. delegation and principal deputy undersecretary of defense for policy, said the main mission for the command would be to stabilize weak or poor countries by training local security forces and doling out humanitarian aid.

“It’s mostly a headquarters and planning focus,” he said after meeting with Moroccan officials. “AFRICOM doesn’t mean that there would be additional U.S. forces put on the continent.”

Henry said no decision had been made about where to locate the command headquarters, which is expected to have 400 to 1,000 people.

During a stop in Algeria, Henry suggested that the Pentagon might “network” the command from several sites in Africa, rather than have a single headquarters. “If at all possible, that’s the way we’d like to proceed,” he told journalists during a briefing at the U.S. Embassy in Algiers.

Defense officials acknowledge that one reason they are paying more attention to Africa is because the continent provides an increasingly large share of the U.S. supply of imported oil and natural gas.

Bush administration officials have also touted the new command as a key part of their strategy for countering terrorism threats on the continent. Al-Qaeda-affiliated groups have experienced a resurgence in North and East Africa in recent years.

A group calling itself al-Qaeda in the Islamic Maghreb asserted responsibility for simultaneous suicide attacks in Algiers in April that killed 33 people. Suicide bombers have also struck Casablanca, Morocco, on three occasions since March, including an attack on the U.S. Consulate.

Since 2003, the Pentagon has developed a regional counterterrorism partnership with several impoverished countries in North Africa, including Mali, Niger, Senegal and Chad. Defense officials say parts of the vast Sahara and neighboring regions serve as training and recruiting grounds for extremist groups, in part because local forces are unable to patrol their own territory.

Rear Adm. William H. McRaven, commander of U.S. Special Forces in Europe and most of Africa, said the counterterrorism training programs are designed to avoid a large U.S. military presence and usually involve units of only 10 to 15 people, who spend a few months in Africa at a time.

“Some nations remain somewhat concerned about too overt of a U.S. presence in the area,” McRaven said in an interview in April. “But the nature of the special operations forces is that we can come in with a very small footprint. We can do that without a lot of visibility.”

The North African counterterrorism partnership is headed by the State Department and also includes economic and humanitarian aid programs delivered by civil affairs units. But Tlemcani, the Algerian political scientist, said the U.S. government needed to do much more on those fronts before taking a more prominent military role in Africa.

“The best way to build a strategic relationship is with socioeconomic programs, which haven’t been funded very well,” he said by telephone from Beirut.

Émission Amandla du 23 mai 2007/ Amandla show from May 23rd 2007

Voici les thèmes qui ont été abordés pendant l’émission Amandla du 23 mai dernier sur les ondes de CKUT 90.3FM (Montréal). Vous pouvez la télécharger ici (lien valide pour deux mois seulement).

 

Entrevue avec le professeur Khalid Medani concernant la situation au Soudan et au Darfour- en anglais. On découvre que les grands médias n’abordent pas les racines du problème que M. Medani nous décrit. Les médias simplifient le problème à l’extrême et tombent dans le sensationnalisme. Ils dépeignent le conflit comme une lutte entre arabes et africains ce qui est faux. La cause de problème est l’autoritarisme du gouvernement de Khartoum et l’absence de démocratie.

 

Note: Le professeur Medani est lui-même originaire du Nord-Darfour.Driss Benzekri

 

Mort Driss Benzekri défenseur des droits de l’homme au Maroc- en français. Un homme a qui il faut rendre hommage (voir photo ci-contre).

 

Article de Colette Breackman sur la République Démocratique du Congo- en français. Commentaires concernant un article de Colette Breackman sur la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC) et la situation en RDC. Selon elle, les tensions et exactions perdurent et les milices demeurent très actives. Un processus d’intégration des rebelles dans l’armée congolaise est perçu comme une façon de perpétuer la présence des rwandais dans l’Armée nationale. En effet, beaucoup de rebelles sont d’origine rwandaise.

 

Rapport 2007 d’Amnesty International-en français. Commentaires sur le dernier rapport d’Amnesty International. Vous pouvez le consulter ici.

Here are the subjects that were addressed in the May 23rd Amandla radio show on CKUT 90.3 FM (Montreal). You can download the show here (link valid for two months only)

 

Interview with professor Khalid Medani covering the Sudan/Darfur conflict- in english. The mainstream media are criticized because they don’t address the root causes of the conflict and falls into the sensationalist picture. To summarize the conflict as an arabs versus africans confrontation is false. The root cause is the lack of democracy and the authoritarian regime relying on a militia to keep control of Darfur. Designating the conflict as a genocide is also based on racists assumptions.

 

Note, professor Medani is himself from Northern Dafur.

 

Death of Driss Benzekri, a Moroccan Human rights activist- in french. An homage is given to Driss Benzekri who shouldn’t be forgotten (see picture above).

 

Article of Colette Breackman on the situation in Democratic Republic of Congo – in french. Comments regarding an article by Colette Breackman. She describes the situation of the United Nations misson in Congo (MONUC) and the violence that still occurs in Kivu. According to her, rebels are supposed to surrender and join the national army. But people don’t trust that move because they feel it will give to much power to Rwandan people within the Congolese army. That’s because a lot of rebels originate from that country.

 

Amnesty Internatinal 2007 Report- in french. Comment on the latest report from Amnesty Intl. You can read the report here.

Le cas du Sahara Occidental devant l’ONU…encore/ Western Sahara’s case handled by the United Nations…again

(Lien en français/ link in french)

Voici un article d’Afrik.com qui traite des négociations qui ont présentement lieu à l’ONU au sujet du Sahara Occidental:

Here is an article from Afrik.com addressing the issue of Western Sahara and the ongoing negociations at the United Nations:

Afrik.com (Joan Tilouine):

L’avenir du Sahara occidental entre les mains de l’ONU
L’organisation encadrera des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario

Autonomie ou indépendance, le statut de l’ex-colonie espagnole du Sahara occidental est actuellement en cours de négociation sous la houlette des Nations Unies. Le mois d’avril a été particulièrement prolifique sur le plan diplomatique et marque la volonté apparente de l’ONU de trouver une solution consensuelle entre les deux belligérants. Le rapport de force entre le Maroc et le mouvement pour l’indépendance de ce territoire, le Front Polisario, est désormais arbitré par l’organisation internationale qui ouvre la voie à des négociations directes.

Lundi dernier, à l’unanimité de ses quinze membres, le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé le Maroc et le Front Polisario à « engager des négociations sans conditions préalables et de bonne foi, en prenant en compte les événements des derniers mois, afin de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette d’assurer l’autodétermination du Sahara occidental ».

Un satisfecit pour les Sahraouis du Front Polisario, tant cette résolution 1754 élude le projet d’autonomie marocain au profit du principe du droit inaliénable à l’autodétermination. Même son de cloche pour l’Algérie, soutien inaltérable des indépendantistes, qui salue la médiation onusienne et adhère à sa démarche préconisant les négociations directes. Après plus de trente années de lutte éreintante du peuple sahraoui pour l’accès à l’indépendance, l’ONU apparaît comme le cadre le plus adéquat pour négocier une solution politique. Dans sa résolution, l’ONU se félicite « des efforts sérieux et crédibles faits par le Maroc pour aller de l’avant vers un règlement prenant note également de la proposition du Front Polisario présentée au secrétaire général le 10 avril 2007 ».

Deux visions opposées de l’avenir du Sahara Occidental

Des émissaires du secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon sont attendus au Maroc et en Algérie vers le 15 mai pour définir les cadres des négociations. « Nous allons décider des cas pratiques et établir le cadre, la date et le lieu pour entamer les négociations », a annoncé le représentant du Polisario aux Etats-Unis, Mohammed Boukhari. Médiation américaine, c’est ce que propose l’ambassadeur des Etats-Unis à Rabat, Thomas Riley, qui s’est dit « prêt à faciliter les négociations » entre les deux camps.

Toutefois, deux conceptions s’opposent, deux visions pour le statut futur du Sahara occidental mais surtout deux intérêts incompatibles. Pour le Royaume chérifien, la souveraineté sur ses « provinces du sud » ne peut être remise en cause. Le plan d’autonomie présenté à l’ONU, et défendu mordicus, vise à confier aux sahraouis la gestion interne du territoire maintenu sous tutelle marocaine. Pour Rabat, ce projet constitue « la seule et unique solution » pour mettre un terme à ce conflit sans fin. Un plan naturellement approuvé par les membres du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes, un organe marocain composé de sahraouis favorable à la mainmise, négociée, du Royaume sur le Sud. Un projet fermement rejeté par le Front Polisario, attaché à l’organisation d’un référendum. Annexion ou indépendance, telles sont les deux options.

Le Maghreb par le chaos?/ The Maghreb, built through chaos?

(links in french/ liens en français)

Suite aux attentats de Casablanca, auMaroc et d’Algers en Algérie, le quotidien d’Oran s’interroge sur l’unité du Maghreb qui, si elle a lieu, risque de se forger dans la peur du terrorisme véhiculée par les ÉtatsUnis poussant à une coopération “défensive” plutôt que par un réel désir de vivre ensemble.

Following the bombings in Casablanca, in Morocco, and Algiers, in Algeria, “Le Quotidien d’Oran” asks himself if the unity of the Maghreb, if it ever occurs, could happen pushed by the fear of terrorism stimulated by the United States. It would create a cooperation brought by a desire for self-defense instead of a true will of living together.

Le Quotidien d’Oran.

Le Maghreb par le chaos

par Abed Charef
Le Maghreb solidaire est oublié. Il laisse la place à un autre Maghreb, construit sous la menace.

Casablanca, Alger, Casablanca. Bientôt, peut-être, d’autres villes du Maghreb. Il y a peu, c’était la Tunisie et la Mauritanie qui subissaient d’autres drames.

Des coups portant un label qu’on attribue à El-Qaïda. Et c’est ainsi que le Maghreb est en train de se faire: une construction par le bas, dans le chaos, la violence, la crainte et la contrainte.

C’est donc un autre Maghreb qui est en train de s’imposer. Loin, très loin des idéaux proclamés depuis bientôt un siècle, et rappelés dans tous les discours de circonstance. Dans les années 1920, déjà, le premier mouvement nationaliste algérien moderne s’installait dans une perspective résolument maghrébine, en se choisissant pour nom «l’Etoile nord-africaine». Abdelhamid Mehri rappelle quant à lui, régulièrement, que le 1er Novembre visait à restaurer l’Etat algérien souverain, démocratique, dans un cadre nord-africain, et que si le premier objectif a été atteint, les deux autres restent à conquérir.

Cet objectif maghrébin qui fait consensus, du moins dans le discours, semble donc s’éloigner avec le temps, car les années creusent davantage le fossé entre Maghrébins qu’elles ne comblent leurs différends. La solidarité de la première moitié du 20e siècle a laissé place aux choix divergents des décennies suivantes. Et peu importe qui est coupable et qui est responsable, car le résultat est là: un des espaces les plus prometteurs dans le monde arabe est devenu un espace de division inutile que seul le chaos menace de réaliser.

Face à cette réalité, le reste apparaît si dérisoire qu’il est presque gênant d’en parler. Dire que le roi Mohamed VI a fait preuve d’habileté en envoyant un message de condoléances au président Abdelaziz Bouteflika à la suite du double attentat du 11 avril manque d’élégance. Noter que le Maroc a été rattrapé par un phénomène que sa presse considérait naguère comme une exclusivité algérienne ne signifie pas grand-chose non plus. De même apparaît-il superflu d’insister sur le fait que le terrorisme au Maghreb a changé de label, en passant sous la coupe d’El-Qaïda, et que la région fait face aujourd’hui à un autre type de violence. Comme si la violence antérieure était moins destructrice.

En fait, le fond du dossier maghrébin reste le même. Le Maghreb avait plusieurs possibilités de se construire. Il les a ratées, en éliminant les meilleurs choix, pour glisser progressivement vers les options les plus dangereuses, et aboutir finalement au choix du chaos.

Initialement, les pays maghrébins avaient la possibilité d’aller à un ensemble régional de leur propre volonté, pour allier leurs forces et mettre ensemble leurs capacités. C’était le choix du cœur et de la raison, celui de l’ambition et de l’espoir. Il a été éliminé par des systèmes bureaucratiques incapables de dépasser leurs propres limites. Préférant fermer les frontières, insister sur les divisions, et se réjouissant des problèmes du voisin, ils ont développé des stratégies dévastatrices pour chacun d’eux. Incapables de négocier ensemble face à l’Europe, ils sont tous en train de rater le virage de la mondialisation, même si certains pays estiment mieux s’en tirer que d’autres, pour des raisons strictement conjoncturelles.

Quand ce constat est devenu évident, l’Europe s’en est mêlée. Elle voulait à la fois contenir le terrorisme dans la rive sud de la Méditerranée, et contrôler l’émigration, maghrébine et africaine, qui se déversait au nord. Elle a voulu pousser les pays maghrébins à coordonner leurs efforts, pour construire un Maghreb qui servirait un jour d’amortisseur à l’émigration et au terrorisme, en prenant en charge le volet sécuritaire de l’émigration illégale. L’Europe était prête à offrir une contrepartie, humiliante, pour y arriver. Mais elle a échoué à son tour. Mais si elle n’a pas réussi à imposer cette option qui privilégie ses intérêts en premier lieu, ce n’est pas en raison d’une opposition des pays maghrébins soudain devenus lucides, mais à cause d’une incapacité de systèmes politiques, inaptes à tirer profit d’une conjoncture favorable. C’est alors que les Américains sont arrivés, avec leurs généraux et leurs plans stratégiques globalisants. Le Sahara, le Sahel, le terrorisme international, les immenses espaces de non-droit: tout ceci est devenu à la mode du moment. Les Etats-Unis, disait-on, voulaient s’occuper de l’Afrique, y créer un commandement militaire de type nouveau, et confier aux pays maghrébins un rôle dans cette stratégie.

L’option américaine n’a pas été évacuée, qu’une autre, encore plus dévastatrice, risque de la supplanter. Celle du chaos, de la violence et de la dévastation. Et là, enfin, les pays maghrébins se sont réveillés, affirmant qu’ils étaient prêts à travailler ensemble. Ils sont prêts à faire coopérer leurs services de sécurité pour faire face au terrorisme. En réalité pour survivre.

Faut-il trouver un lien entre l’option américaine et celle du chaos ? S’il est trop tôt pour le dire, on peut cependant noter qu’elles se renforcent mutuellement. L’option américaine devient «légitime» si le terrorisme d’El-Qaïda se répand. Mais là où la présence américaine s’est affirmée, en Afrique et dans le monde arabe, le terrorisme s’est également installé de manière structurelle. Comme si la violence et la présence américaine constituaient deux éléments inséparables.

En tous les cas, pour le Maghreb, la perspective est bien réelle. L’édification maghrébine «positive», celle de l’ambition, de la raison, de la réflexion et de la défense des intérêts communs, ne s’est pas faite. Elle semble même abandonnée. La construction maghrébine risque donc de se faire sous la pression du duo présence américaine – menace terroriste. Et à défaut du Maghreb souhaité, celui de la solidarité, on risque d’avoir un Maghreb réalisé par le bas, sous la pression conjuguée de la violence et d’une décision politique extérieure.

Le Sahara Occidental et le front POLISARIO/ Western Sahara and the POLISARIO Front

(Liens en anglais/ links in english)

Dans une nouvelle précédente, nous avons parlé de la carte “terroriste” que joue le Maroc auprès de l’Occident afin de garder le Sahara Occidental. Cette attitude est en phase avec un projet marocain d’autonomie du Sahara Occidental qui sera proposé à l’ONU en avril prochain. En effet, mieux vaut pour Rabat de voir un Sahara Occidental autonome mais faisant partie du Royaume plutôt qu’un État Sahraoui dirigé par le front POLISARIO (Frente Popular para la Liberación de Saguia el-Hamra y Río de Oro).

Une analyse et un historique sur la question du Sahara Occidental vient de paraître sur le site de “Middle East Report” par Jacob Mundy, un spécialiste de la question.

Il décrit le dilemme du POLISARIO qui a toujours prôné l’indépendance totale et qui se retrouve presque seul devant les pressions marocaine, américaine et française d’accepter un compromis. Or, ce que les médias ne montrent pas, c’est qu’après plus de trente ans d’existence (il a été créé en 1973), le POLISARIO bénéficie d’un appui considérable au sein de la population, qu’elle soit au Sahara Occidental ou en exil (100 000 personnes dans les camps de réfugiés en Algérie). La preuve est le retour des accrochages violents et armés entre les sahraouis et la police marocaine depuis mai 2005 (date où eu lieu plusieurs manifestations contre la présence marocaine).

In a previous post, we talked about how Morocco is playing the “terrorist” card with the West in order to keep his control over Western Sahara. This attitude is in tune with a moroccan project proposing the autonomy of Western Sahara at the United Nation in April, next month. In fact, it’s better for Rabat to see an autonomous Western Sahara than a fully independent Sahrawi State under POLIRARIO’s rule (Frente Popular para la Liberación de Saguia el-Hamra y Río de Oro).

An analysis and a historical review over the Western Sahara question is published in the“Middle East Report” website by Jacob Mundy, a specialist on that issue.

He describes the dilemma of POLISARIO which always proclaimed a total independence of Western Sahara and is now almost alone to confront american, french and moroccan pressures asking for compromise. But what the mainstrean medias don’t show is that, after more than 30 years of existence (it was created in 1973), POLISARIO still has a lot of support in the sahrawi population, whether it’s within Western Sahara or abroad (100000 persons in refugees camp in Algeria). The proof lies in the return of violent and armed skirmiches between the population and the moroccan police since May 2005 (the date when several demonstrations against the moroccan presence occured).

Here’s an excerpt of Mundy’s article:

The great success of POLISARIO’s founding fathers is that they fostered a political movement that is now self-sustaining and, more importantly, self-motivating. But that is part of the problem. Having reared younger Sahrawis on the slogan “All the homeland or martyrdom,” the POLISARIO elite is now hostage to its own rhetoric. It has become a practical and logical impossibility for POLISARIO’s leadership to compromise the fundamental goal of independence. To do so would mean that they are no longer POLISARIO; and if they were no longer POLISARIO, then their constituents — Western Saharan nationalists — would have no further use for them.

COLD LOGIC OF GEOPOLITICS

Yet compromising that fundamental goal is precisely the demand the UN Security Council will press upon POLISARIO, sooner or later. Officially, the UN supports the right to self-determination for Western Sahara, a prerogative the international body first backed in 1965, when the desert land was a Spanish colonial possession. Since 1991, the UN has maintained a mission in Western Sahara for the nominal purpose of organizing a referendum on independence. As a territory recognized by the UN as non-self-governing (and the last colony in Africa), Western Sahara has a right to independence grounded in international legality. Yet Morocco has made clear that it will not put its claim of “sovereignty” to the ultimate test of a vote on self-determination. Morocco is willing only to consider a negotiated final status agreement involving some measure of autonomy for Western Sahara. Self-determination is off the table.

On October 31, 2006, the Security Council passed Resolution 1720, “reaffirming its commitment to assist the parties to achieve a just, lasting and mutually acceptable political solution, which provides for the self-determination of the people of Western Sahara.” In other words, and despite the nod to “self-determination,” nothing will be forced upon Morocco. The Security Council, here guided by Morocco’s key allies France and the United States, wants a “mutually acceptable” agreement between POLISARIO and Morocco that is negotiated and implemented voluntarily. Out of one side of its mouth, the Security Council calls for a vote on independence; out of the other side, it tells POLISARIO it will not compel such a poll. By clear implication, the Security Council’s conditions for peace in Western Sahara demand that self-determination be sacrificed.

It was faith in this logic — and subtle encouragement from Washington and Paris — that drove Morocco to promote autonomy for its “Saharan provinces” as an alternative to the referendum. From late 2005 to late 2006, Morocco’s King Mohammed VI mediated a domestic dialogue on the autonomy concept. The defunct Royal Advisory Council on Saharan Affairs was brought back to life so that the palace could point to some semblance of consultation with Sahrawis. In February, Morocco verbally briefed officials from France, the US, Spain and Great Britain on its autonomy plan. A written proposal, almost two years in the making, will be presented to the Security Council in April. If there is any haste in Morocco’s actions, it is not because Western Sahara’s political future remains undecided. It is because Mohammed VI is hoping that the Security Council will bless autonomy before his greatest benefactors, Presidents George W. Bush and Jacques Chirac, abdicate. Indeed, his patrons’ encouragement is no longer so subtle. Chirac has recently called the Moroccan plan “constructive,” while Undersecretary of State Nicholas Burns has dubbed it “promising.”

Though POLISARIO is feeling international pressure to compromise, it is feeling more internal pressure to fight back — literally. The same cold logic that gives Morocco comfort generates frustration among Western Saharan nationalists. The refugees, in particular, are keenly aware that their cause is boxed into a corner.

Un “arc islamiste” menacerait la France/ An “axis of the islamists” is threatening France

Après le Maroc, voici la France qui craint une attaque provenant de groupes islamistes organisés provenant du Maghreb et du Sahara. La Presse de Montréal vient de nous présenter cet article (de l’AFP [Agence France Presse]):

Un «arc islamiste radical» s’est mis en place dans les pays du Maghreb, sous l’égide de l’ex-GSPC (Groupe salafiste de prédication et de combat) algérien, et menace directement la France, a déclaré mercredi le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière.

Dans une interview à l’AFP, il a ajouté: «l’appellation “Al Qaeda au Maghreb”» (choisie par le GSPC depuis le 11 septembre 2006) «cela veut dire quoi ? Cela souligne l’allégeance à Al Qaeda et cela traduit la volonté affichée d’une régionalisation de l’organisation. C’est quelque chose de sans précédent».

«C’est notre sujet de préoccupation majeur et il est clair que cela constitue une menace directe pour la France» a-t-il ajouté. «La France est l’objectif prioritaire. Il faut s’adapter, comme nous l’avons toujours fait, à ce nouveau type de menace».

«Tous les ingrédients sont réunis: l’ex-GSPC a vocation de prendre en compte l’ensemble des mouvements radicaux du Maghreb: le GICL lybien (Groupe islamiste de combat lybien), le GICM marocain, le GICT tunisien. On a un arc islamiste, avec des projets également dans le sud, le Sahel».

«L’incident de Casablanca» (au cours duquel un jeune islamiste s’est fait sauter dimanche dans un cyber-café) «est le signe d’une opération qui aurait dû avoir lieu ailleurs. C’est l’élément émergé d’une situation beaucoup plus sérieuse, qui ne concerne pas uniquement le Maroc», a ajouté le juge.

«Sur le plan opérationnel, nous savons depuis début 2004 qu’il y a des connections opérationnelles entre ces mouvements, des hommes qui passent d’un pays à l’autre. Tout cela est piloté par l’ex-GSPC».

Bien que nous ne réfutions pas l’existence d’une menace terroriste, on peut dire que les propos du juge Brugière ne font rien pour appréhender le problème du terrorisme en gardant la tête froide. Aussi, le terme “arc islamiste” utilisé par l’AFP permet de dépeindre tout le Mahgreb en tant que repère de “Barberousse des temps moderne”. À quand les alertes de couleurs en France (et pourquoi pas des codes bleu, blanc et rouge)?

Le juge Brugière est celui-là même qui a fait les manchette en proposant au Tribunal Pénal International d’inculper Paul Kagame, président du Rwanda de l’assassinat de Juvénal Habyarimana (ancien président du Rwanda):

À l’issue de son enquête, le juge Bruguière [a rendu] une ordonnance de soit-communiqué qui met en examen plusieurs membre du FPR et recommande au TPIR d’inculper Paul Kagame, couvert par son immunité de chef d’État.

After Morocco, it’s France’s turn to fear attacks from organized islamist groups from the Maghreb and the Sahara. La Presse de Montreal just put an article online (link in french – full article above) which presents Jean-Louis Brugière, a french judge, who says France is threatened by an “axis of islamists”. Brugière is the same judge who:

indicted Paul Kagame, current President of Rwanda and leader of the FPR, claiming that he deliberately assassinated Habyarimana [former president of Rwanda] in order to provoke the genocide against his own ethnic group, in order to cynically take power.

Now, we don’t deny the existence of terrorism, but the way Brugière describes the situation doesn’t help at all. And the AFP (Agence France Presse) using the term “axis of islamists” oversimplifies reality and turns the Mahgreb into “a hideout for modern day Barbarossas”. When will we see color coded alerts in France (and what about blue, white and red alerts?) ?

Morocco plays the “terror card” to keep Western Sahara/ La Maroc joue “la carte de la terreur” pour garder le Sahara Occidental

Le Maroc joue la carte de la menace terroriste pour maintenir son influence au Sahara Occidental (lien en anglais). Les autorités marocaines font la tournées des chancelleries occidentales en vue d’avoir leur soutien dans la proposition d’un plan qui sera soumis à l’ONU. Ce plan donnerait une autonomie à un gouvernement sahraoui mais la souveraineté et le contrôle de la sécurité du Sahara Occidental relèveraient du Maroc. En décrivant le Sahara Occidental comme une région vide, désertique propice à tout genre de trafics et hébergeant des groupe islamiste qui peuvent provenir de n’importe où dans le désert du Sahara, le Maroc espère convaincre l’Occident qu’il demeure un acteur incontournable dans la sécurité de la région. Il donne pour preuve les attentats récents qui ont eu lieu à Casablanca (autre lien ici) et qui seraient liés à des groupes affiliés à Al-Qaida.

According to the London Guardian, Morocco plays on terror fears in Sahara peace bid:

Playing on European and US fears of expanding terrorist networks in North Africa, Morocco is seeking international backing for a new peace plan for the Western Sahara. But ownership of the vast mineral-rich territory bordering the Atlantic, controlled in theory by Rabat since the 1970s, is disputed by Algerian-backed Polisario Front separatists. They want full-blown independence, not limited autonomy.

Senior Moroccan officials have visited Washington and other western capitals in recent weeks to promote the plan, to be presented to the UN next month. In return for creating a Western Sahara regional government and parliament, Moroccan sovereignty and control of security, borders and finances would be formally acknowledged.

“We are extremely concerned about increased terrorist operations in the Sahel region,” said interior minister Chakib Benmoussa after meeting home secretary, John Reid, and foreign secretary, Margaret Beckett, in London last month.

“It’s an enormous area, scarcely populated, with a low level of controls. A whole range of illicit operations – drug trafficking, human trafficking, terrorist groups – is taking place there.” Morocco was a “rampart” defending Europe, he said.

Taib Fassi-Fihri, minister-delegate for foreign affairs, said British officials and other European governments were becoming “more sensitive” to the link between the Western Sahara and terrorist and other security threats emanating from the Maghreb. “Given the challenges of radicalisation and al-Qaida that we all face, it would be extremely useful for everybody to have this problem resolved,” he said.

Recent events in Morocco, a bomb blast in Casablanca, helps the government to push with the terrorism argument (more in the french and algerian newspapers).