Interview with Anjan Sundaram

Anjan Sundaram is an award-winning journalist and author, who has reported from Central Africa for the New York Times and the Associated Press. His first book is called Stringer, a Reporter’s Journey in the Congo. His most recent book, Bad News, Last Journalists in a Dictatorship is an exposé of Kagame’s dictatorship in Rwanda, told through the stories of Rwandan journalists who were part of a training project that Sundaram taught.

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Judi Rever: exposing Kagame crimes

Judi Rever and Geoffrey York co-authored the Globe and Mail groundbreaking article “Rwanda’s Hunted: Assassination in Africa: Inside the plots to kill Rwanda’s dissidents”.

Amandla’s Doug Miller talks to Rever about her research on Kagame’s crimes against Rwandan dissidents.

Analyse RDC-Rwanda

Moussa Keita d’Amandla analyse la situation entre la République démocratique du Congo et le Rwanda.

Entrevue avec Victoire Ingabire, présidente des Forces démocratiques unifiées du Rwanda

De passage au Canada, Victoire Ingabire s’est entretenue avec Amandla pour parler de sa rencontre avec les Comité parlementaire des affaires étrangères, des son parti, des élections qui se préparent au Rwanda et des sa plateforme politique.

télécharger l’entrevue ici ou ici

Pour plus d’infos sur les FDU voir ce lien

Grands Lacs : La lutte contre l’idéologie génocidaire paralyse les enseignants

par (Syfia Grands Lacs/Rwanda)
27-03-2008

Paralysés par la crainte d’être accusés de véhiculer l’idéologie génocidaire, privés de manuels retirés du circuit dans certaines matières, les enseignants rwandais sont inquiets. Certains ont déjà rendu leur tablier.

Lire: La lutte contre l’idéologie génocidaire paralyse les enseignants

Amandla: Analyse de la crise kenyane/ Analysis of the Kenyan crisis

Voici les thèmes qui ont été abordés pendant l’émission Amandla du 9 janvier 2008 sur les ondes de CKUT 90.3FM (Montréal). Vous pouvez la télécharger ici (lien valide pour deux mois seulement).

Partie anglaise

Commentaires, analyses et entrevues sur la crise que vit le Kenya – Commentaires de Diana et de Moussa.

Vous pouvez écouter cette chronique en cliquant ici.

Voici un article du Courrier International (reprenant l’original anglais de la revue brtitannique: New Stateman) qui traite de la situation en prenant un point de vue différent de celui des grands médias.

 

Partie française

Burundi: Annonce du Forum National des femmes ex-combattantes avec pour thème: ” Ensemble pour un Burundi meilleur “ – Le Forum se tient le 8 et 9 janvier à Bujumbura. Cliquer ici pour entendre la chronique de Moussa et qui provient du site Burundais: Burundi Réalités.

Impacts de la situation kenyane sur les pays voisins – Les États comme le Burundi, l’Ouganda, le Rwanda et l’est de la République Démocratique du Congo (Nord-Kivu) subissent les conséquences de la crise au Kenya. La population vit une augmentation des prix des denrées alimentaires et énergétiques. Commentaires de Moussa, tirés des sites Burundi Réalités et Ouestaf.

 

 

Here are the subjects that were addressed in the January 2nd 2008 Amandla radio show on CKUT 90.3 FM (Montreal). You can download the show here (link valid for two months only).

 

 

English part.

Comments, analysis and interviews on the Kenyan crisis – Comments from Diana and Moussa.

You can listen to the discussion here.

Here is an article from the British paper, New Stateman, which deals with the subject, but with a different point of view compared to the mainstream media.

French part.

Burundi: National Forum on Women Ex-fighters which bears the slogan: “Together for a better Burundi” – The Forum is held between January 8 and 9, in Bujumbura. Click here to listen Moussa’s comments which are taken from the website: Burundi Réalités (in french).

Impacts of the Kenyan crisis on the neighboring countries – States like Burundi, Uganda, Rwanda and the East of the Democratic Republic of Congo (Nord-Kivu) suffer the consequences of Kenya’s crisis. The population is subject to a raise in food and oil prices. Comments by Moussa, coming from the websites: Burundi Réalités and Ouestaf (both in french).

 

Un holding de Dubaï investit au Rwanda/ A Dubai holding company invests in Rwanda

Selon La Presse de Montréal, un holding des Émirats Arabes Unis investira 230 millions de dollars en tourisme au Rwanda. Il s’agit de Istithmar Real Estate.

Avant de lire l’article il faut savoir que Istithmar Real Estate est une entreprise qui vaut environ 6 milliards de dollars US et qui privilégie les investissements dans les secteurs industriels, de détails, les banques et l’immobilier. L’entreprise possède plusieurs gratte-ciels de New-York (dont le 230 Park Avenue et le 280 Park Avenue), des bâtiments prestigieux comme le “One Trafalgar Square” de Londres. Elle possède aussi une entreprise aérienne (la compagnie indienne Spice jet), et des commerces de détail comme Barneys de New-York. Ses actifs s’étendent à travers toute la planète, mais une bonne partie se concentre en Asie (Moyen-Orient), en Amérique du Nord et en Europe. On pourrait dire que l’investissement au Rwanda demeure appréciable aux yeux de l’entreprise, même si, compte tenu des actifs dispendieux qu’elle détient ailleurs (dans le cas du 280 Park Avenue, c’est 1.2 milliards de dollars US que lui a coûté son acquisition en juin 2006), cette somme ne représente pas une ponction trop douloureuse.

Nous savons que des holdings du Golfe Persique sont intéressés au marché africain. Non seulement dans les secteur industriels (comme au Soudan) mais aussi dans l’immobilier. Ces holdings ont l’habitude des investissements risqués.

Inutile de dire que, pour le Rwanda, il s’agit d’une manne. Mais espérons, que le pays ne tombera pas dans la spirale de l’économie basée sur le tourisme. Car immobilier rime avec tourisme. Ce type d’économie n’apporte pas beaucoup de richesse à la population en général et peut attirer son lot de problèmes comme la criminalité et la prostitution etc.

 

According to La Presse de Montréal, a holding from the United Arab Emirates will invest 230 millions US in the tourist industry of Rwanda. The company is Istithmar Real Estate.

IstithmarBefore reading the article (in french), you must know that Istithmar Real Estate is worth 6 billions de dollars US. The company invests in four sectors: industrial, retail, banks and real estate. The company has several skyscrapers in New-York (including the 230 Park Avenue and the 280 Park Avenue), prestigious buildings like the “One Trafalgar Square” in London. Istithmar Real Estate also has an air transport company (the indian company Spice jet), and retail stores like Barneys in New-York. Its assets are spread all over the planet, but a good part is pooled in Asia (Middle East), North America and Europe. We could say that the investment in Rwanda is important for the enterprise, even if, taking into account several expensive acquisitions of the company (like 1.2 billions USD to acquire the 280 Park Avenue in June 2006), that amount won’t represent a huge hole in their “wallet”.

We know that holdings from the Persian Gulf are interested in Africa. Not only in the industrial sector (like in Sudan) but also in real estate. These holdings are used to risky investments.

Needless to say that, for Rwanda, it’s the jackpot. But lets hope the economy of the country won’t turn into a “tourism-only-economy”. That kind of economy, focused only on one sector, doesn’t make a difference in the life of the general population in the end, and it has chances to bring problems like criminality and prostitution.

 

La Presse de Montréal:

Dubaï investira 230 millions $ dans le tourisme au Rwanda

Agence France-Presse

Nairobi

Un holding de Dubaï s’apprête à investir 230 millions de dollars dans le tourisme au Rwanda, un secteur-clé pour la relance de l’économie dans ce petit état africain touché par un génocide en 1994.

La société Dubaï World, à travers sa branche investissements Istithmar Real Estate, prévoit de construire huit sites touristiques comprenant hôtels de luxe et autres hébergements dans des parcsnationaux, ainsi que des terrains de golf et des villas.

Le parc national d’Akarega, à l’est de Kigali, accueillera un gîte de 60 chambres et le parc national des volcans un camp de tentes cinq étoiles.

Le groupe émirati construira également un hôtel cinq étoiles de 150 chambres et rénovera un terrain de golf à Kigali.

Le secrétaire d’État rwandais chargé de l’Industrie et de la Promotion des Investissements, Vincent Karega, a déclaré que le pays a choisi de miser sur son important potentiel touristique pour amorcer la croissance.

«Notre choix politique pour le tourisme est de devenir une destination haut de gamme en nous appuyant sur la beauté naturelle unique du pays, la sécurité, le droit de propriété et la tolérance zéro pour la corruption», a-t-il indiqué dans un communiqué.

«Le secteur privé est la base de la renaissance actuelle du Rwanda», a-t-il ajouté.

Sultan Ahmed Ben Soulayem, président de Dubaï World, une holding qui gère les sociétés appartenant au gouvernement de l’État émirati, a assuré que les travaux de construction commenceront à la fin de l’année.

Le Rwanda a été le théâtre d’un génocide qui a fait selon l’ONU environ 800 000 morts entre avril et juillet 1994.

Le pays espère tripler son revenu touristique d’ici à 2010.

Émissions Amandla du 20 et du 27 juin 2007/ Amandla shows from June 20th and 27th 2007

Voici les thèmes qui ont été abordés pendant les émissions Amandla du 20 et 27 juin dernier sur les ondes de CKUT 90.3FM (Montréal). Vous pouvez les télécharger ici (lien valide pour deux mois seulement).

Le 27 juin

Entrevue avec Béatrice Umutesi présentant son livre: “Fuir Umutesiou mourir au Zaïre. Le vécu d’une réfugiée rwandaise” – en français. Mme Umutesi est une ancienne réfugiée originaire du Rwanda qui s’enfuit au Zaïre suite au génocide rwandais. Elle travaillait comme coordonnatrice d’ONG avant de fuir au Zaïre. Elle découvre que le Front Patriotique Rwandais (FPR), mouvement de libération qui est aujourd’hui au pouvoir au Rwanda, aurait aussi perpétré des massacres contre les hutus pendant le génocide. La situation rwandaise a donc été plus confuse que ce qu’a bien voulu présenter la presse internationale. Paradoxalement, c’est le FPR que Mme Umutesi dut fuir. Elle quitte pour le Zaïre. Mais la guerre la rejoint avec des soldats du Rwanda qui traversent la frontière pour attaquer les camps de réfugiés. Mme Umutesi dut encore fuir marchant 2000 km dans la jungle congolaise pour trouver la paix.

Décès de Ousmane Sembène (photo plus bas) – en français et anglais. Icône du cinéma africain, né en Casamance (Sénégal). Revue de sa carrière et de sa vie. Il a écrit 5 romans, 5 recueils nouvelles et 14 films.

Les États-Unis cherchent une base pour l’AFRICOM – en anglais. Tel que présenté dans le blog, les pays d’Afrique du Nord refusent d’héberger l’AFRICOM sur leur territoire.

 

L’Union Européenne négocie une entente de libre-échange avec la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) – en anglais. Une telle entente lierait l’une des plus riches régions du monde avec l’une des plus pauvre. Les négociations ne se font donc surement pas sur une base “d’égal à égal”. L’Europe pourrait avoir un accès total au marché de la CEDEAO.

Comment le monde arabe ignore le Darfour – en anglais. Analyse d’un article paru dans le New Internationalist, intitulé “Salaam Darfur”, et qui critique le silence et même le déni du monde arabe devant les événements du Darfur. Cet article a été écrit par deux activiste arabes: Moataz El Fegiery et Ridwan Ziyada.

 

Le 20 juin

 

Émission entièrement en anglais.

Commentaires sur les discussions entre le Front Polisario et le Maroc sous les auspices des Nations Unies – en anglais. Les discussions se sont faites sous les regards d’observateurs Algériens et Mauritaniens. Elles se sont tenues à la suite d’une résolution de l’ONU datant d’avril 2007. Jusqu’à maintenant, rien n’a bougé, si ce n’est la décision de continuer les discussions en août 2007. Pendant ce temps, une génération de réfugiés vit toujours en Algérie, et beaucoup d’entre eux n’ont jamais vu le Sahara Occidental.

Découverte du pétrole au Ghana – en anglais. Le Ghana espère exploiter son pétrole sans tomber dans le piège de la mauvaise gestion de la ressource.

SIDA et développement en Afrique – en anglais. SIDA et développement ont mauvaise presse en Afrique. Le SIDA n’est pas qu’un enjeu de santé publique, il bloque le développement économique. Même dans un pays riche comme le Botswana, il peut faire des ravages.

Grèves générales en Afrique du Sud – en anglais. L’Afrique Du Sud entre dans sa 18ème-19ème journée de grève générale alors que les syndicats et le gouvernement n’arrivent pas à s’entendre. Des reportages provenant du terrain sont présentés.

Here are the subjects that were addressed in the June 20th and 27th Amandla radio shows on CKUT 90.3 FM (Montreal). You can download the shows here (link valid for two months only).

June 27th

United States try to find an african base for AFRICOM – in english. Countries from Northern Africa don’t want the opening of the base. The subject was addressed in a previous post.

European Union wants to build a free trade deal with ECOWAS (Economic Community of West African States) – in english. This agreement could link one of the wealthiest zone of the world with the poorest countries of the world. This deal might not be negotiated in equal terms. Europe could have total access to the ECOWAS countries…

Death of Ousmane Sembène (see picture) – in english and french. Born in Casamance Ousmane Sembène(Senegal), he was the first african film director to have an international recognition. Review of his career and his life. He wrote 5 novels, 5 short story book, and 14 films. He died on June 10th 2007.

How the arab world ignores Darfur – in english. Analysis of an article from the New Internationalist (“Salaam darfur”) who criticizes the heavy silence and denial from the Arab world regarding the events occuring in Darfur. It was written by two arabic human rights activists: Moataz El Fegiery and Ridwan Ziyada.

Interview with Béatrice Umutesi author of the book: “Surviving the slaughter. The ordeal of a Rwandan refugee in Zaïre” – in french. Mrs Umutesi is a former Rwandan refugee who fled the genocide and went to Zaïre (today called Democratic Republic of Congo). She worked for an NGO before fleeing to Zaïre. She discovered that the Rwandan Patriotic Front (FPR), the liberation movement in Rwanda who’s now in power, also perpetrated mass murders against the Hutus during the genocide. The situation in Rwanda was therefore more complex than what the international medias depicted. Oddly enough, it’s the FPR Mrs Umutesi had to run from. She fled to Zaïre. But the war caught on her with Rwandan troops crossing the border and attacking refugee camps. She had to run into the jungle and walk 2000 km to find a safe place!

June 20th

Show entirely in english.

Comments on the talks between the Polisario and Morocco under United Nations’ auspices – in english. Talks were held between Morocco and Polisario front with observers from Algeria and Mauritania. They were held following a resolution from April 2007. So far, they lead to nothing concrete and they will continue in August 2007. Meanwhile, a generation of refugees still live in Algeria and most of them were born there and have never seen Western Sahara.

Oil found in Ghana – in english. Ghana hopes to exploit its oil without falling into mismanagement.

AIDS and development in Africa – in english. AIDS and development are treated negatively in Africa. AIDS isn’t just a health issue; it hinders economic development and social capabilities. Even in a rich african country like Botswana, it can be a really serious problem.

General strikes in South Africa – english. South Africa enters its 18-19th day of general strike as the unions and the government can’t find an agreement. Reports from the field are presented.

Voici un court vidéo d’Ousmane Sembène recevant “l’Akira Kurosawa” award au Festvial de film de SanFrancisco en 1993. Here is a short video of Ousmane Sembène receiving the Akira Kurosawa award at the 1993 San Francisco International Film Festival:

Procès de Désiré Munyaneza… la suite/ Désiré Munyaneza’s trial…other elements

( Links in french/ Liens en français)

Désiré Munyaneza’s trial continues in Montreal and is reported in La Presse de Montreal.

Further below, there is an interesting editorial by Yves Boisvert in the same newspaper who tells us the story of how Canada came to do such a trial on his own territory.

Le procès de Munyaneza continue à Montréal est est rapporté dans La Presse de Montréal:

Hier matin, une rescapée du génocide rwandais a livré un témoignage terrifiant au procès de Désiré Munyaneza. […].

«Le monde entier appartient aux Hutus», chantait Désiré Munyaneza, un revolver à la hanche, pendant le génocide des Tutsis au Rwanda, a raconté une femme qui témoigne à son procès à Montréal. Les miliciens hutus tuaient tellement de Tutsis qu’ils ne savaient plus où mettre les cadavres, a-t-elle dit hier. Les têtes coupées des victimes flottaient dans une rivière où elle voulait étancher sa soif.

Cette femme, qui avait 17 ans lors des événements de 1994, était tombée sans connaissance la semaine dernière dans la salle d’audience du palais de justice de Montréal quand elle décrivait des viols collectifs auxquels aurait participé M. Munyaneza, alors âgé de 27 ans, dans la commune de Butare (sud du Rwanda).

Elle a été hospitalisée et a repris son témoignage hier. Ce qu’elle racontait était tellement horrible que des gens, dans la salle, avaient de la difficulté à retenir leurs larmes. Elle est venue spécialement du Rwanda pour témoigner contre M. Munyaneza. Le juge André Denis lui a donné le nom de C-15 pour protéger son identité.

Les massacres ont commencé le 20 avril 1994 à Butare. Après avoir été violée à répétition dans un hôtel de passe, elle s’est réfugiée avec d’autres Tutsis autour de la préfecture. La ministre de la famille, Pauline Nyiramasuhuko, a incité les miliciens et les soldats hutus à envoyer les réfugiés dans un bâtiment voisin, l’École évangéliste du Rwanda (EER).

«Nous étions très nombreux à l’EER, a dit C-15. Les soldats et les Interahamwe (les miliciens hutus) venaient régulièrement pour tuer. Un jour, un soldat m’a amenée dans un buisson et m’a violée. Le lendemain soir, en retournant à l’EER, j’ai vu que beaucoup de personnes avaient été tuées, surtout des jeunes hommes.»

Les assassins hutus tuaient les Tutsis «en les frappant à la tête avec des bâtons, comme s’ils tuaient des serpents». Elle a fini par retourner à la préfecture, où les massacres se poursuivaient. À une date indéterminée, le préfet a encouragé les réfugiés à monter dans deux autobus vers la commune de Nyaruhengeri, supposément dans un lieu sûr, a poursuivi C-15.

«Les autobus étaient pleins. Il n’y avait plus de place pour moi. Le lendemain, un jeune garçon est venu à la préfecture et nous a appris que tous les réfugiés qui étaient partis en autobus avaient été tués. Quand un autobus est venu nous chercher, j’ai refusé de monter. Mais on nous disait que si on résistait, des Interahamwe allaient venir nous tuer sur place (à la préfecture).

«Nous récitions le rosaire dans l’autobus. Un policier s’est emparé d’un chapelet pour le jeter. Quand on a atteint Nyaruhengeri, on a été arrêtés à un barrage routier tenu par des Interahamwe. Leurs machettes et leurs vêtements étaient maculés de sang. Le chauffeur leur a parlé, mais ils ont dit qu’ils avaient déjà beaucoup tué et qu’ils étaient fatigués. Ils ont dit (au chauffeur et aux accompagnateurs hutus) de nous tuer eux-mêmes, mais ailleurs, parce qu’il y avait déjà trop de cadavres à Nyaruhengeri.»

L’autobus est revenu à la préfecture. Plus tard, les réfugiés ont été amenés dans la forêt de Rango, au sud de Butare. Des policiers ont ouvert les clôtures. Les réfugiés avaient soif, ils sont descendus à la rivière pour boire. «Vous pouviez voir les têtes flotter, a dit C-15. L’eau était tellement souillée de sang que nous n’aurions jamais voulu en boire.»

Au bout d’un certain temps, elle a vu des soldats courir vers eux dans la forêt. Elle avait peur. Elle croyait que c’était encore des Interahawme. Mais c’était des soldats du Front patriotique rwandais, l’armée tutsie. «Ils nous ont dit de ne pas nous inquiéter et de sortir de la forêt. Ils nous ont amenés à la préfecture puis, le lendemain, au stade. Ils nous ont donné de la nourriture et des médicaments.»

C’était la fin du génocide. Environ 800 000 du million de Tutsis habitant le Rwanda avaient été massacrés en 100 jours. Par la suite, des milliers de femmes victimes de viol sont mortes du sida. En tant que rescapée, C-15 est aujourd’hui un témoin, non seulement à Montréal, mais aussi au Tribunal pénal international pour le Rwanda, qui se déroule à Arusha (Tanzanie), et dans les tribunaux populaires du Rwanda.

Elle a été interrogée par un policier de la GRC au Rwanda en 2003 et en 2005. Le policier lui a alors présenté une photo de M. Munyaneza, qui, selon l’accusation, occupait un rôle dirigeant dans les milices hutues de Butare, mais elle ne l’a pas reconnu tout de suite. En fait, il n’est pas clair quand elle l’a reconnu.

Chose certaine, elle a eu un choc en entrant dans la salle d’audience du palais de justice de Montréal, la semaine dernière. «Quand je l’ai vu (dans le box des accusés), j’ai été terrifiée», a-t-elle dit. L’avocat de M. Munyaneza, Me Richard Perras, lui pose des questions très précises pour mettre en doute sa crédibilité.

Des documents hautement confidentiels qui avaient disparu pendant le transport de l’accusé au centre de prévention de Rivière-des-Prairies ont été retrouvés hier, au grand soulagement du juge. Celui-ci a imposé plusieurs mesures pour protéger l’identité des témoins, car ces derniers ont peur des représailles à leur retour au Rwanda.

Plusieurs accusés

Le sergent Guy Poudrier, de la Gendarmerie royale du Canada, s’est rendu une vingtaine de fois au Rwanda depuis l’adoption de la Loi sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, en 2000. C’est lui qui a dirigé les interrogatoires de témoins pour la mise en accusation de Désiré Munyaneza pour participation au génocide.

M. Munyaneza n’est que le premier accusé en vertu de cette loi. D’autres suivront. La section des crimes de guerre de la GRC a envoyé des enquêteurs dans plusieurs pays, notamment au Congo, au Chili et en ex-Yougoslavie. Les policiers ont de bonnes raisons de croire que des criminels de guerre provenant de ces pays résident au Canada.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda et les tribunaux populaires rwandais ne peuvent accuser tous les suspects de participation au génocide qui ont fui à l’étranger. La GRC a pris l’initiative d’enquêter sur ceux qui se trouvent en sol canadien. Elle espère ainsi envoyer un message clair : le Canada n’est pas un lieu sûr pour les criminels de guerre.

Yves Boisvert du même journal nous indique comment le Canada en est venu a juger Munyaneza sur son territoire:

Le gouvernement Mulroney a mis sur pied la commission Deschênes, en 1985, chargée de faire le point sur la présence de criminels de guerre au Canada.

En 1987, le rapport du juge Deschênes concluait qu’il existait de la preuve concernant une vingtaine de criminels de guerre sur le sol canadien, et des doutes concernant d’autres individus. Quoi faire avec ces gens? Il n’existait aucune instance internationale permettant de les juger.

À la recommandation du juge Deschênes, Ottawa modifiait le Code criminel pour permettre de juger ici toute personne soupçonnée de crime de guerre.

C’était un changement de «culture» juridique important : normalement, les procès criminels au Canada ne concernent que les crimes commis en territoire canadien; d’autre part, une loi criminelle n’est pas censée avoir une portée rétroactive : on ne peut créer des crimes que pour le présent et le futur. On s’en doute, la loi a été contestée, mais la Cour suprême l’a déclarée valide.

Le premier accusé, Imre Finta, a été acquitté par un jury en 1990, un jugement confirmé jusqu’en Cour suprême. Il y eut ensuite Michael Pawlowski, accusé d’avoir participé au massacre de 410 juifs polonais et de 80 autres Polonais en Biélorussie en 1942. Encore là, l’affaire s’est conclue sans condamnation, tout comme dans la troisième tentative, celle contre Stephen Reistetter, la Couronne ayant abandonné les procédures, faute de preuve solide contre lui. Un quatrième, Radislaw Grujicic, a été libéré, vu sa santé déclinante.

Le gouvernement fédéral a finalement abandonné la stratégie pénale, vu la difficulté de faire une preuve hors de tout doute 45 ou 40 ans après les faits. On a plutôt tenté de révoquer la citoyenneté canadienne de plusieurs d’entre eux, pour être entrés au Canada frauduleusement.

Malgré ces résultats décevants, au plan international, le Canada était fort impliqué dans la Constitution des tribunaux pénaux internationaux, tant en ex-Yougoslavie qu’au Rwanda. Mais comme les tribunaux semblaient se multiplier, on a fini par conclure qu’un tribunal pénal permanent pour juger les criminels de guerre et les auteurs de crimes contre l’humanité devait être créé.

Ce qui paraissait une utopie pure il n’y a pas si longtemps est devenu réalité avec le traité de Rome en 2000, mis en vigueur en 2002. Cette cour, la Cour pénale internationale, siège à La Haye, et commence à entendre des affaires.

En même temps, on a demandé aux États de faire leur part localement. Quand la chose est possible, de juger leurs propres citoyens pour ces crimes, mais aussi les ressortissants étrangers qui se trouvent sur le territoire. Le Canada a donc adopté une loi en 2000, la Loi sur les crimes contre l’humanité, qui crée de nouvelles infractions, et qui permet plus facilement de juger ici des criminels d’ailleurs.

C’est le cas de Munyaneza. Il a fallu enquêter longuement, notamment, puis tenir une commission rogatoire avec 17 personnes pendant un mois au Rwanda, et maintenant entreprendre un procès de plusieurs mois. Les coûts sont importants. Mais si cette loi veut dire quelque chose, il faut bien y mettre de l’argent, et montrer que l’engagement canadien n’est pas que sur papier.

Pendant ce temps, le Tribunal pénal pour le Rwanda est censé terminer ses travaux dans les années qui viennent. Il aura entendu moins de 75 causes, censées être les plus importantes – il n’a pas ouvert de dossier sur Munyaneza, objet d’une enquête entièrement canadienne.

Et à côté de cela, il reste plus de 50 000 détenus dans les prisons surpeuplées du Rwanda accusés de génocide (80 % des 70 000 détenus du pays, estime-t-on). Quelque 8500 ont commencé à être libérés cet hiver.

Ceux qui ne sont pas libérés sont passibles de la peine de mort dans leur pays, ou seront emprisonnés dans des conditions épouvantables. Ceux jugés sous l’égide de l’ONU ne peuvent être condamnés à mort, et seront détenus selon des normes acceptables. Tandis que Munyaneza, s’il est condamné, pourra être détenu au Canada.

Cela fait bien des disparités de traitement, sans doute des injustices, parfois dues au hasard.

Mais on n’est pas pour rabaisser nos normes pour «égaliser» vers le bas.

Au contraire, il faut applaudir à l’instauration de ce procès, à ce qu’il symbolise, et à ce qu’il accomplit.

Procès de Désiré Munyaneza à Montréal/ Désiré Munyaneza’s trial in Montreal

Un important procès relié au génocide rwandais est présentement en cours contre Désiré Munyaneza (voir photo) à Montréal (Québec). Il s’agit du premier procès pour crime de guerre à avoir lieu en territoire canadien, ce qui attire des dizaines de journalistes, dont certains proviennent de France, des États-Unis et d’Allemagne. Selon AfriqueCentrale.info:

L’accusation a l’intention de démontrer que Désiré Munyaneza a “soit participé, soit aidé ou encouragé des meurtres, de la violence sexuelle ou du pillage avec l’intention et la conscience de détruire la population tutsie dans le cadre d’un conflit armé”, a déclaré la procureur, Pascale Ledoux.

La Presse de Montréal nous parle du dernier témoignage:

[…] une jeune femme tutsie a raconté, mardi, dans quelles circonstances son chemin avait croisé celui de Munyaneza qui s’était constitué milicien volontaire en avril 1994.

Cette jeune femme dont l’identité est scrupuleusement protégée, pour sa propre sécurité, vit toujours au Rwanda. Ses malheurs ont commencé le 6 avril 1994, à la suite de l’écrasement de l’avion du président, Juvénal Habyarimana.

Sa maison a été brûlée. Avec d’autres, elle s’est cachée pour échapper aux tirs de soldats. Dans les fossés, elle a vu le corps de nombreux Tutsis. Après une quête vaine d’un lieu sûr, son petit groupe trouve refuge à la préfecture. Elle y est restée environ un mois.

C’est durant cette période qu’elle a connu Désiré Munyaneza, le fils d’un commerçant aisé de Butare, dans le sud du Rwanda. Il y est venu un jour et a intimé l’ordre à quatre hommes, une femme et deux filles, dont elle, de monter dans la partie arrière d’un camion. Il surveillait pour que personne ne s’échappe. À l’arrivée dans le bois près de l’Institut de recherche scientifique, les gens placés en cercle ont été abattus à tour de rôle à coups de machettes. Voyant son voisin s’écrouler, elle s’est écrasée au sol inconsciente. Elle a constaté que les morts étaient poussés dans un fossé. Elle a fait la morte jusqu’au moment où elle a plus entendu de bruit.

La procureure de la Couronne, Pascale Ledoux, a alors cherché à savoir ce qu’avait fait l’accusé au cours de cet épisode. Il avait une arme, portait des vêtements militaires et ordonnait aux gens qui l’entouraient de tuer et de faire en sorte que personne ne s’échappe.

Le témoin a indiqué avoir aperçu, à son retour à la préfecture, une fille qui avait également été épargnée.

Désiré Munyaneza est revenu. Cette fois, il a choisi quatre hommes âgés et les a amenés à proximité. Avec ses amis Shalom et Ntakujehjeka, ils ont saisi les hommes par les jambes et leur ont frappé la tête au sol, jusqu’à éclatement. Des civils qui assistaient à la scène ont participé à l’opération.

Désiré et ses deux amis sont revenus à la préfecture, cette fois pour prendre des filles avec eux. Shalom a pris Epiphania, Désiré a pris Alphonsina tandis que Ntakujehjeka l’a choisie. Amenée comme les deux autres filles dans un building pas très loin, le témoin a dit que son ravisseur lui avait ordonné de s’étendre et l’avait violée. Elle a dit qu’elle n’avait pas eu le choix. Ses deux compagnes d’infortune sont décédées après la guerre.

Le même stratagème s’est répété peu après avec la même Alphonsina et deux autres filles, Qualita et Fifi, qui sont également mortes après la guerre.

En fin de journée, mardi, Me Ledoux a demandé au juge André Denis de la Cour supérieure de poursuivre mercredi l’interrogatoire du témoin à huis clos, sans même la présence des médias, parce que les questions qu’elle entend poser sur le lieu d’origine du témoin, par exemple, pourraient aider à l’identifier. On sait que des témoins au Tribunal pénal international sur le Rwanda ont été victimes de représailles.

Plusieurs précautions sont prises. Le témoin entre dans la salle avant que le public soit admis et ne sort qu’une fois la salle vide. Il témoigne derrière un paravent. Seuls l’accusé, les avocats, le juge et les interprètes voient son visage.

Ce témoin ne devait commencer son témoignage que dans quelques jours, mais a pris la relève du témoin précédent, une autre femme, en raison des malaises ressentis au cours de son témoignage de lundi qui l’ont forcée à se rendre à l’hôpital. Cette dernière avait tout de même eu le temps de dire qu’elle avait vu l’accusé Désiré Munyaneza tuer un garçon à coups de bâton et entrer dans un hôtel de passe où des femmes étaient violées pendant le génocide des Tutsis au Rwanda. Elle reviendra compléter son récit.

Au départ, le procès qui n’avait pas été précédé d’une enquête préliminaire devait se tenir en français et en présence d’un jury. Il se tient finalement en anglais et en kinyarwanda devant un juge seul.

Pour ce qui est de l’accusé, il est arrivé au Canada en 1997. La Commission de l’immigration et du statut de réfugié a refusé sa demande d’asile en raison de son rôle présumé dans le génocide, notamment des viols et pillages.

Il a été arrêté par des agents de la GRC en octobre 2005 dans la banlieue de Toronto où il vivait avec sa femme et ses deux enfants. Il est détenu dans une prison à Montréal depuis ce temps.

An important trial, linked the Rwandan genocide, is currently taking place in Montreal (Quebec) and Désiré MunyanezaDésiré Munyaneza (see picture) is the accused. According to the CBC:

Munyaneza is the first person to be charged under Canada’s new Crimes Against Humanity and War Crimes Act, which became law in 2000. He will be sentenced to life in prison if convicted.

Munyaneza, 40, faces seven charges:

* Two counts of genocide.
* Two counts of crimes against humanity.
* Three counts of war crimes.

Therefore, this trial attracts journalists (link in french) from around the world.

The CBC gives the details of the last witness gave at this trial:

A Rwandan woman testifying at the first war crimes trial in Canadian history told a Montreal court Monday she smeared the blood of her sister on her forehead and pretended to be dead for three days to stay safe.

She said she and her sister left their home for the local school by order of the Hutus. The attacks began at the school, she said.

The woman said she was slashed on the forehead with a machete while trying to escape. She fell and lost consciousness, she said.

She woke up lying on top of her dead sister, she said. She smeared her sister’s blood on herself and spent the next three days pretending to be dead, the woman said.

When she finally left the school, she had to step on bodies to get out because there was no open space on the floor, the woman testified.

She told the court she was one of two survivors among 3,000 people.

The Crown’s witness list includes Senator Romeo Dallaire, who led United Nations peacekeepers in Rwanda during the genocide.

An appeal is likely whatever the trial’s outcome and the case is expected to end up at the Supreme Court of Canada.

Munyaneza came to Canada in 1996 and claimed refugee status, but was turned down. He moved to Toronto, where he was living with his wife and two children at the time of his arrest in October 2005.

Gerald Caplan, a leading authority on the Rwandan genocide, told CBC News that holding the trial sends an important message to the international community: There is no impunity for those accused of committing crimes in other countries.

“You want to flee to Canada and make a claim here or think you can disappear here, [but] you can never again be sure that the Canadian courts won’t clamp down on you,” Caplan said.